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samedi 25 février 2017

La décision d'Isabelle Pandazopoulos

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PANDAZOPOULOS I., La Décision, Gallimard Jeunesse, « Scripto », 2013,(31 janvier)

Un tout petit roman tout simplement magnifique empreint d'émotions et de délicatesse, La Décision d'Isabelle Pandazopoulos est notre tout premier coup de coeur de ce début d'année 2013.

samedi 21 janvier 2017

Orgueil et préjugés et zombies de Seth Grahame-Smith

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GRAHAME-SMITH Seth, Orgueil et préjugés et zombies, Flammarion, 2009, traduction de Laurent Bury.

vendredi 12 août 2016

Le trône de fer, tome 1 de George R.R. Martin

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MARTIN George R.R., Le trône de fer - Tome 1, Pygmalion, 1999, traduction de Jean Sola

vendredi 5 août 2016

Les Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley

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Tome 1

BRADLEY Marion Zimmer, Les Dames du Lac - Tome I, Pygmalion, 1986 - Traduction de Brigitte Chabrol

mardi 5 juillet 2016

Kafka sur le rivage de Haruki Murakami

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MURAKAMI H., Kafka sur le rivage, 10-18, "Domaine étranger", 2007


Chronique initialement publiée le samedi 2 janvier 2016 (Article original)

Drabble : courte œuvre composée de cent mots.

La lecture de Kafka sur le rivage est une immersion dans un étrange univers onirique, où réalisme se mêle au fantastique. A première vue tout semble parfaitement normal, s'il n'y avait ces évènements irrationnels. Evoluant dans ce décor, deux héros atypiques, suivant deux histoires parallèles : Kafka, un adolescent en fugue cherchant à fuir son destin et Nakata, un vieil homme qui parle aux chats. Et sur leur chemin, ils rencontreront bien des personnages singuliers. Le récit est à couper le souffle, les péripéties se succèdent perpétuellement. Le tout est écrit dans une langue soignée faite de métaphores. Dépaysement assuré.

mardi 21 juin 2016

Le cirque des rêves d'Erin Morgenstern

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MORGENSTERN E., Le cirque des rêves, Flammarion, 2015

Chronique initialement publiée le samedi 2 janvier 2016 (Article original)

Drabble : courte œuvre composée de cent mots.

Entrez dans le cirque des rêves et embarquez pour un voyage où le réel disparaît pour laisser place à l'illusion et à la magie. Pourtant, dans ce décor merveilleux se livre un duel sans merci à la grande ignorance de tous. Les deux plus grands magiciens de ce monde se sont lancé un défi et ont opposé leurs pupilles. Les règles sont floues mais une chose est sûre, un seul en sortira vivant, et pas forcément indemne. Tout se déroulait pour le mieux, jusqu'à ce que les sentiments s'en mêlent et qu'ils décident de mettre fin à la partie …

samedi 21 mai 2016

Le retour

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samedi 2 janvier 2016

3 chroniques-drabbles pour bien commencer l'année

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Image : Freepik

vendredi 2 octobre 2015

Rencontre avec Philip Pullman de Nicolas Tucker

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Rencontre avec Philip Pullman de Nicolas Tucker

TUCKER N., Rencontre avec Philip Pullman, Gallimard Jeunesse, 2004


Philip Pullman a écrit la splendide trilogie A la croisée des Mondes. Il est aussi l'auteur de la palpitante série des Aventures de Sally Lockhart. Le temps d'un petit livre, apprenez-en plus sur Philip Pullman, sur l'écrivain et sur son œuvre.

Le titre de ce petit livre est Rencontre avec Philip Pullman. Je m'attendais plutôt à un entretient avec l'écrivain, un compte-rendu d'une interview. Cela aurait pu prendre la forme de questions-réponses, ou alors un rapport dans un style plus littéraire avec des discours rapportés. Hélas, non. Le livre se présente comme une biographie suivie de résumés et d'analyses des romans de P. Pullman. Le style est neutre, dénué de sentiments, avec une rigueur presque scientifique. On ne ressent pas la présence de P. Pullman alors qu'on aurait aimé faire sa connaissance grâce à cette rencontre. Néanmoins, bien que le titre représente mal ce livre, il n'en reste pas moins dénué d'intérêt.

On pourrait diviser ce livre en trois parties : une biographie de P. Pullman, suivie d'un commentaire sur les Aventures de Sally Lockhart et les œuvres mineures de l'auteur ; enfin, la dernière partie est consacrée à une analyse de la trilogie A la croisée des Mondes et à la mise en évidence des influences de P. Pullman. Autant l'annoncer tout de suite : les deux premières parties sont assez banales et seule la dernière est réellement originale.

La première partie de ce livre est donc une biographie de P. Pullman. Personnellement, j'ai survolé cette partie. J'aime beaucoup lire. Pourtant, je m'intéresse peu à la vie personnelle des personnes qui écrivent les livres ; excepté lorsque ces dernières viennent d'une autre époque. Je suis d'avis que le métier d'un écrivain est de raconter une histoire ; et son rôle s'arrête là. Il n'est pas nécessaire de les « peopleliser » et de tout connaître de leur vie si cela n'apporte rien à la compréhension de leurs œuvre. (C'est pour cela que j'avais précédemment exclus les auteurs non-contemporains, étant donné que leur contexte socio-historique est moins bien connu.)

Vient ensuite la partie consacrée à Sally Lockhart, la jeune et courageuse détective évoluant dans un Londres populaire et à l'époque victorienne. Cette partie comporte des résumés des quatre tomes de la série. Ces résumés sont très complets ; un peu trop scolaires peut-être. Ils déplairont à beaucoup de lecteurs surement. En effet, ceux qui ont lu les livres ne comprendront pas pourquoi N. Tucker réalise ces résumés exhaustifs, et ceux qui n'ont pas encore lu les livres se plaindront qu'on leur a gâché tout le suspens. (Alerte spoiler en des termes plus actuels!) Mais pourquoi acheter un livre qui fait le résumé d'un autre, je me demande. Serait-il destiné à des écoliers paresseux, désireux de trouver des travaux tout faits? Si vous êtes dans cette situation, alors ce livre est pour vous. Néanmoins, je ne peux que vous conseiller de lire les livres originaux par vous-même et puis éventuellement confronter votre compréhension des livres à l'interprétation de N. Tucker.

Etant donné que je n'ai lu que les livres de la série Sally Lockhart et A la croisée des Mondes, j'ai préféré passer outre les sections relatives aux œuvres mineures de P. Pullman.

Nous arrivons enfin à la dernière partie de ce livre, consacré à A la croisée des Mondes et aux influences de P. Pullman. Comme pour la partie sur Sally Lockhart, les résumés sont peu intéressants si vous avez lu les livres. Néanmoins, ils m'ont tout de même rafraichi la mémoire sur les évènements de l'histoire car je n'ai pas relu ces livres depuis longtemps. L'analyse de la trilogie est intéressante. Elle comporte des éléments assez évidents, d'autres plus réfléchis. Quoi qu'il en soit, elle est le résultat d'un sérieux travail de réflexion sur l'œuvre de P. Pullman. Des thèmes divers sont exploités : de la symbolique des personnages, aux leçons de philosophie humanistes, en passant par la fois en la science … Des parallèles sont établis avec d'autres œuvres semblables également. N. Tucker compare, rapproche, oppose et contraste les messages de P. Pullman avec ceux de Milton, Blake, von Kleist ou encore C.S.Lewis.

Ce qui nous emmène à la section étudiant les influences de P. Pullman. C'est la partie du livre qui m'a le plus intéressée. Celle-ci comportait majoritairement des informations que je ne connaissais pas et a vivement suscité ma curiosité. Elle permet de remplacer l'œuvre dans son contexte. On apprend qu'A la croisée des mondes est une antithèse des Mondes de Narnia de C.S.Lewis ; car bien que d'apparence très similaire (univers merveilleux, presque fantastique), les idées que chacun des auteurs véhicule sont en opposition. A de nombreuses reprises N. Tucker relève les allusions à l'église catholique apparaissant dans A la croisée des Mondes et les positions de P. Pullman qu'elles révèlent. On n'est alors pas étonné lorsque Milton et son Paradis Perdu sont explicitement mentionnés comme influences de P. Pullman. Enfin, von Kleist qui interroge sur la manipulation et le libre-arbitre, tout comme P. Pullman le fait dans ces livres. L'influence du philosophe allemand von Kleist est d'autant plus importante qu'un extrait de son essai Les Marionnettes est reproduit en annexe. Voilà une occasion de (re)lire la pensée de von Kleist.

Voilà donc un livre mi-figue mi-raisin ; une chronique en demi-teinte. La fin de ce livre est intéressante. Par ailleurs et heureusement, une lecture linéaire n'est absolument pas requise. Alors, picorez dedans et utilisez-le comme prétexte pour vous (re)plonger dans les livres de P. Pullman, qui eux sont, indéniablement formidables.

jeudi 24 septembre 2015

Behind Jane Austen's Door de Jennifer Forest

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FOREST J., Behind Jane Austen's Door, Kindle Edition, 2013
ASIN: B006YITPAS
lien vers la boutique Kindle

mardi 30 juin 2015

Antigone de Sophocle : contextualisé aux examens de fin d'année

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Antigone de Sophocle

Editions utilisées :

SOPHOCLE, Antigone in Tragédies, traduction de Paul Mazon, Gallimard, 1979

SOPHOCLE, Antigone in Tragédies, traduction de Leconte de Lisle, ELG, Juillet 2004
(édition numérique : http://www.ebooksgratuits.com/details.php?book=578)

En cette période d'examens de fin d'année, il est si vite arrivé d'expériencer la déprime. Sans parler des sentiments de révolte contre le système scolaire et de colère contre le corps enseignant qui guettent tous les étudiants. Qui ne s'est jamais senti dévalorisé à la sortie d'une épreuve lors de laquelle il ne savait répondre aux questions posées? S'il est normal d'avoir un coup de blues durant cette période critique, il est par contre important de réagir rapidement pour se remettre sur pied et être d'attaque pour les examens suivants. En effet, ces derniers n'attendront pas que vous retrouviez le moral ! Plus efficace qu'une comédie romantique ou qu'un récit humoristique, je vous propose une solution radicale pour sortir de ce tunnel noir : la tragédie.

Tragédie, bien sûr, mais pas n'importe quelle tragédie : Antigone de Sophocle. Tragédie grecque, écrite par le plus populaire des dramaturges de son époque, Antigone sans conteste une des armes les plus efficaces pour combattre les idées noires.


William Henry Rinehart, Antigone versant une libation sur la tombe de Polynice, Marbre, Met, New York


Cette pièce de théâtre raconte un épisode bien célèbre de la mythologie grecque. Avant le début de la pièce, les deux frères Plynice et Etéocle se sont battus à mort. Le roi Créon interdit à quiconque d'offrir une sépulture à Polynice, le considérant comme un traître. Cependant, Antigone, sœur de Polynice refuse de se soumettre à cet édit et enterre ce dernier. Elle est alors condamnée à mort par Créon, son oncle. Ni les plaintes du peuple, ni les supplications d'Hémon, fils de Créon et fiancé d'Antigone ne parviennent à le faire changer d'avis. Finalement, Tyrésias, le devin, parvient à raisonner le roi. Mais celui-ci arrive trop tard et découvre les corps de son fils et celui d'Antigone qui se sont suicidés. Sa femme, Eurydice suit le même destin que les deux jeunes amants..


Benjamin Constant, Antigone et Polynice, huile sur toile, Musée des Augustins(Toulouse) title=

Antigone et Polynice, Huile sur panneau - 33 x 41 cm, Musée des Augustins, Toulouse


L'argument brièvement rappelé ci-dessous suffit pour comprendre le caractère tragique de la pièce. Pour caricaturer, « l'histoire se finit mal » et « tout le monde meurt à la fin » (excepté Créon).

En outre, cette pièce aborde aussi des thématiques typiques de la tragédie qui peuvent être mises en lien avec la situation dans laquelle se trouvent nombre d'étudiants actuellement. Citons d'abord la rébellion contre le pouvoir : Antigone refuse de se soumettre à la loi de Créon. Tout étudiant pourrait se sentir tel une Antigone, avec l'envie de nier l'autorité académique et ses règles injustes. Considérons ensuite la colère face à l'incompréhension des ainés : Antigone se heurte aux idées de la génération qui la précède (Créon). Les étudiants pourraient toujours se reconnaitre dans le personnages d'Antigone et cette fois-ci, Créon symbolise le corps enseignant. L'étudiant face à sa copie d'examen ne comprend pas nécessairement ce que le professeur attend de lui et il arrive qu'il remette en cause la pertinence des questions qui lui sont posées. Cette colère s'exprime au final dans les cas les moins mesurés par des insultes ou des menaces à l'encontre dudit professeur. Pour finir, attirons l'attention sur l'attitude crédule de Créon qui se laisse fléchir, mais trop tard, par les paroles de Thyrésias le devin. Celui-ci aurait mieux valu donner du sens à la raison quand il était encore temps. Mise en garde à vous étudiants : étudiez de façon intelligente suffisamment tôt dans l'année et ne vous reposez pas sur les éventuels tuyaux que vous découvrez la veille de l'examen. Votre issue risquerait d'être aussi tragique que celle d'Antigone !

Nous avons choisi trois thématiques que nous trouvons importantes dans l'œuvre de Sophocle et nous les avons mis en lien avec des situations issues du contexte estudiantin. Si nous sommes pessimistes, nous pourrions affirmer que chaque année scolaire se clôture sur un simulacre d'Antigone. Les auditoires, aussi appelés amphithéâtres (doit-on voir un présage dans cette homonymie?) se transforment en scène et une tragédie grecque est prête à être jouée. Des plaintes et gémissements se font entendre dans le public. La fin, et délivrance, est proche. Les étudiants se suicident tous, soit de désespoir alors qu'ils ne parviennent pas à surmonter leurs difficultés, soit en découvrant leurs échecs. Le rideau tombe. Une nouvelle année peut alors commencer. La même trame est prête à être rejouée, avec de nouveaux acteurs.


Image : Ed.TED
Melanie Sirof, Andrew Foerster, The battle of the Greek tragedies


Pourtant, très vite, nous sortons de cette transe. Il n'est pas nécessaire d'aller dans de tels extrêmes. La mesure est à privilégier dans tout mode de vie sain. Nous prenons conscience que notre existence est bien plus tranquille que celle de nos héros tragiques. Nos tracasseries deviennent insignifiantes en comparaison aux malheurs qui s'abattent sur eux. C'est une belle leçon de relativisme que nous apporte la lecture d'une tragédie. Cela constitue donc une illustration du phénomène de catharsis, un des objectifs poursuivis par la tragédie.

Alors, n'hésitez plus, prenez une tragédie pour chasser les idées noires. Votre motivation reviendra au galop et vos examens vous sembleront plus faciles.

Bonne fin de bloque !

vendredi 10 octobre 2014

Le Journal de Mr Darcy d'Amanda Grange

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 GRANGE A., Le journal de Mr Darcy, Milady Romance, 2013

En inconditionnelle Janéite, mon regard a été attiré par le titre de ce roman lors d'un passage à la libraire. Néanmoins, si j'apprécie énormément les oeuvres de Jane Austen, je suis d'autant plus critique et sévère face aux livres dérivés d'auteurs contemporains.

L'idée de base de ce roman n'est pas d'une extrème originalité. Il repose sur l'exploitation du célèbre roman "Orgueil et Préjugés" du point de vue de Darcy et consiste en un journal "intime" fictif du personnage.
Procédé qui est classique, donc, et qui réussit généralement à inciter les fans à lire cette nouvelle version d'une histoire qu'ils ont aimée. Pensons notamment à "Midnightsun" de S. Meyer qui devait être une réécriture de "Twilight" du point de vue d'Edward, cette fois-ci. L'annonce de sa réaction avait fait beaucoup de bruit à l'époque et force est de constater qu'il n'est finalement jamais sorti de presses.
Mais aussi, procédé de style qui peut être vu comme un défi littéraire de la part de l'auteur. Raconter quelque chose de connu depuis une focalisation différente, avec des détails et des nuances supplémentaires, des épisodes inédits, des surprises au détours de lignes qu'on pensait connaitre... Pour illustrer cela, prenons "La Rivière à l'envers" de Jean-Claude Mourlevat. Deux tomes, relatant la même histoire, d'abord avec Tomek comme narrateur, et puis Hannah, mais deux romans riches qui ne laissent pas place à la redite inutile et à l'ennui.
Ainsi, "Le Journal de Mr darcy" me laissait présager le meilleur comme le pire.

Première étape dans ma prise de connaissance avec le livre : les première et quatrième de couverture. Rien à dire si ce n'est qu'elles appellent surtout les fans d'"Orgueil et Préjugés", et plus particulièrement les jeunes filles réveuses et "amoureuses" du ténébreux Fitzwilliam Darcy. Mais ce n'est pas un reproche puisque j'ai été moi-même interpelée par ces couvertures.

Deuxième étape : recherche d'une préface ou d'une postface, d'un mot de l'auteur, des remerciements, une citation de Jane Austen ... quelques mots qui pourraient replacer le récit dans son contexte, témoigner de la position de l'auteur par rapport à ce dernier, ses liens avec l'oeuvre originale de Jane Austen... Mais malheureusement rien d'intéressant de ce niveau-là. Je suis évidemment déçue par l'attitude de l'auteur et/ou de l'éditeur. En effet, quand on s'appuie sur une oeuvre pré-existante pour écire un quelque chose de nouveau, même si ces romans sont libérés de droits depuis longtemps, il faudrait faire preuve d'un minimum de courtoisie et de "rendre à césar ce qui appartient à César". En effet, la plupart des auteurs de "para-littérature austennienne" commencent ou terminent leur roman avec un "merci Jane Austen", avec beaucoup d'humilité, on trouve souvent "Toutes mes excuses à Jane Austen" (La mort s'invite à Pemberley", PDJames) ou de façon plus humouristique par "Je t'aime Colin Firth" (Coup de foudre à Austenland", S.Hale). Par contre, rien malheureusement venant de A.Grange.

Troisième et ultime étape : feuilletage du livre. Est-ce un coup de malchance, je suis tombée sur l'épisode où Darcy écrit une lettre à Geogiana lors de son séjour à Netherfield et Caroline Bingley est en train de l'observer. On pouvait lire dans le roman de A. Grange :
    "-Lui écrivez-vous toujours d'aussi longues et charmantes lettres, Mr Darcy?
     - Elles sont en effet longues mais ce n'est pas à moi de juger si elles sont charmantes"
(Transcription non textuelle mais d'après ma mémoire).
Connaissant dans le détail le roman de Jane Austen, j'ai immédiatement reconnu le chapitre 10 (je ne connais pas les numéros des chapitres par coeur mais je l'ai retrouvé pour rédiger cette chronique, documentation à l'appui)
    "Caroline Bingley):But do you always write such charming long letters to her (Geogiana), Mr. Darcy?" 
    "They are generally long; but whether always charming it is not for me to determine."
    "It is a rule with me, that a person who can write a long letter with ease, cannot write ill."
Alors, pourquoi acheter un nouveau roman si c'est pour y retrouver du copier-coller de Jane Austen? Je ne supporte pas les redites car je considère que c'est prendre le lecteur pour un idiot. Et ici, tout ce que je vois, c'est un auteur en mal d'imagination qui doit plagier Jane Austen pour écrire son roman.

Non, décidément, ce roman ne mérite pas le détours.

A cela s'ajoute qu'un petit détours sur la toile et les fora spécialisés suffisent pour trouver des opposants à ce livre. Les arguments sont plutôt variés parmi ceux que j'ai pu vérifier par moi-même: style moderne, incohérent avec le personnage de Darcy (un gentleman sous l'époque de la régence), incomparable à celui de Jane Austen, pas d'originalité réelle, très gimauve et fleur-bleu ...

Bref, lecture abandonnée et aucune reprise n'est à l'ordre du jour.
Janéites qui connaissent l'oeuvre sur le bout des doigts, roman à éviter absolment.
Fans qui veulent juste passez un moment avec Mr Darcy sans plus d'exigences, pouquoi pas, à essayer...


lundi 4 août 2014

Mon père est parti à la guerre de John Boyne

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BOYNE J., Mon père est parti à la guerre, Gallimard Jeunesse, 2014

Le 4 août 1914, les troupes allemandes franchirent la frontière belge et envahirent la province de Liège, mettant fin à la neutralité de la Belgique. Ce fut le début d'un conflit qui devint mondial et qui durerait 4 ans. Aujourd'hui, 2014, cent ans plus tard, le monde entier se souvient. La Belgique, entre autre, commémore le souvenir de la Grande Guerre qui a fait de trop nombreuses victimes civiles. A côté des activités de mémoire proposées par les médias et les villes clés du conflit, nous vous proposons une lecture pour vous replonger dans le contexte de la guerre 14-18.

Mon père est parti à la guerre est un roman poignant qui décrit la Première Guerre Mondiale depuis le point de vue d'un enfant. On ressent à la fois l'innocence d'un enfant de 5 ans qui ne comprends pas encore bien les enjeux de la guerre et la sagesse d'un enfant qui a du grandir plus vite que la normale, confronté aux duretés de la guerre trop tôt.

John Boyne est l'auteur du roman best-seller Le Garçon en Pyjamas rayé. Ce livre abordait la thématique de la Seconde Guerre Mondiale, vue à travers les yeux d'un enfant. Ce roman, plébiscité par la critique internationale, a été traduit en quarante-six langues, adapté au cinéma par Mark Herman avec une distribution prestigieuse, intégré au programme scolaire dans plusieurs pays et récompensé de nombreux prix. John Boyne était donc tout bien placé pour relever le défi d'écrire un livre pour enfants sur le premier conflit mondial. C'est un roman sans sang inutile et sans souffrance atroce. Le ton est juste, pertinent et ne laisse pas indifférent ; parfois un peu plus léger, il prouve qu'on peut parler simplement de choses graves sans chercher à minimiser leur importance.

Un livre à mettre entre toutes les mains. La mémoire est un devoir. Nous nous devons de ne pas oublier les atrocités de la guerre des tranchées et transmettre notre Histoire aux générations futures.

samedi 12 juillet 2014

Nos étoiles contraires de John Green : A l'intention d'Hazel Grace à propos des infinis

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Il y a peu je suis allée au cinéma voir le film Nos étoiles contraires adaptation du roman éponyme de John Green. Cette fois-ci, je n'ai pas envie d'écrire une chronique sur ce film ou bien sur ce roman (bien que cela pourrait se faire plus tard). En fait, pendant la vision du film, une phrase prononcée par Hazel Grace m'a interpellée. Il était question d'infinis, d'infinis plus grands que d'autres. Paraphrasé cela donne : il y a une infinité de nombres entre 0 et 1, il y a aussi une infinité de nombres entre 0 et 1 000 000 mais cet infini-là est plus grand. 


Là, j'ai eu envie de crier : « Mais non, c'est faux, il y a autant de nombres entre 0 et 1 qu'entre 0 et 1 000 000 ; plus fort encore, il y a plus de nombres entre 0 et 1 que de nombres naturels ! ». J'avais toujours en tête mon cours d'algèbre linéaire. Je me souviens qu'on avait montré par l'absurde en cours que l'ensemble des réels compris dans l'intervalle [0, 1] n'est pas dénombrable ; c'est-à-dire qu'on ne peut mettre en bijection chacun des éléments réels de l'intervalle [0, 1] avec l'ensemble des naturels , soit qu'il y a plus de nombres réels compris dans l'intervalle [0, 1] que dans l'ensemble {0, 1, 2, 3, … }. Pour appuyer mes dires, voici une capture de mon syllabus de cours : 

Eric J.M.Delhez, Algèbre - Tome 2 : Mathématiques discrètes, p192, Faculté des Sciences Appliquées, Université de Liège, Version 2013-2014
 
Comme j'aime la rigueur, j'aurais préféré avoir connaissance du texte exact. Ni une ni deux, je me plonge dans le roman à la recherche de ce passage qui m'intrigue. Voici l'extrait retrouvé :

There are infinite numbers between 0 and 1. There's .1 and .12 and .112 and an infinite collection of others. Of course, there is a bigger infinite set of numbers between 0 and 2, or between 0 and a million. Some infinities are bigger than other infinities... I cannot tell you how grateful I am for our little infinity. You gave me forever within the numbered days, and I'm grateful.”
John Green, The fault in our stars, p147, Penguin, 2012

Maintenant nous sommes enfin face à la formulation exacte issue du roman. Que répondre à Hazel Grace? Oui, certains infinis sont plus grands que d'autres mais il n'y a pas plus de nombres entre 0 et 2 qu'entre 0 et 1 !

Pour ceux qui n'auraient vraiment rien compris voici une vidéo rigolote intitulée How to count infinity (extraite de la chaine Minute Physics sur YouTube) qui couvre la thématique des tailles des infinis. (Attention, ça va vite et c'est en anglais!) On commence par y expliquer ce que signifie « compter ». Ensuite, on y montre pourquoi il y a autant de nombre entre 0 et 1 qu'entre 0 et 2. La deuxième moitié de la vidéo démontre d'une façon légèrement différente que mon professeur d'algèbre qu'il y a plus de nombre entre 0 et 1 que de nombres naturel. Enfin, les courageux qui auront été attentifs jusqu'au bout pourront saisir le clin d'oeil à Hazel Grace tout à la fin. 

 

samedi 25 janvier 2014

La mort arrive à Pemberley de PD James

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P.D. JAMES, La mort arrive à Pemberley, Fayard 2012

Pauvre Elizabeth Darcy, née Elizabeth Bennet ! En refermant le livre Orgueil et Préjugés de Jane Austen, nous pensions tous que nous l'avions laissée entre les bonnes mains de Mr Darcy et qu'ils mènerait tous les deux une vie paisible à Pemberley. Mais il n'en n'est rien suite à l'intervention de la talentueuse PD James qui fait de l'idyllique domaine de Pemberley le cadre d'un terrible meurtre, celui du capitaine Denny. Et ce n'est pas tout, le meurtrier présumé n'est personne d'autre que George Wickham lui-même. Commence alors une longue enquête sur les terres de Pemberley, suivie du procès de Wickham. Tout cela ne manquera pas non plus de faire resurgir des fantômes du passé …

Un roman passionnant, plein de suspens et qui ne manquera pas de plaire à tous les fans de Jane Austen. Si cette intrigue policière n'est pas destinée exclusivement aux inconditionnels d'Orgueil et Préjugés, une connaissance minimum de l'oeuvre initiale, Orgueil et Préjugés est néanmoins nécessaire pour bien comprendre toutes les subtilités de ce roman et apprécier pleinement les malheureuses aventures imposées aux personnages de Jane Austen.

Le talent de PD James en tant qu'auteure de romans policier n'est plus à démontrer. On ne compte plus ses succès et le nombre de traductions qui ont été faites. Mais ce qui la distingue cette fois-ci, c'est son habilité à ses réapproprier les personnages de Jane Austen. C'est avec joie que l'on peut dire que tous les personnages rencontrés dans ce romans sont fidèles aux originaux, tant par leur psychologie, leur comportement et leur passé.

Petite surprise à la fin du roman : une mention de Harriet Smith, désormais Harriet Martin et du couple Knightley. Insérer des personnages de Emma dans un séquel de Orgueil et Préjugés est une excellente idée et ne manquera pas d'être aperçue par les lecteurs les plus attentifs.

Pour prolonger la lecture …

Pour terminer en beauté 2013, l'année fêtant le 200e anniversaire de la parution d'Orgueil et Préjugés, la BBC diffusera pour les fêtes de fin d'année une adaptation en trois épisodes de ce roman. La bande-annonce a déjà été dévoilée. Pour tout avouer, bien que l'actrice jouant Elizabeth Darcy ne ressemble pas du tout à ce que je m'imaginais en lisant le livre, je suis bien curieuse de découvrir cette mini-série.

A suivre …

Edit :

La mini-série a enfin été diffusée et peu même être visionnée sur internet. (Les épisodes se trouvent notamment sur YouTube.)

Mon verdict : Globalement une bonne adaptation qui est tournée dans le cadre prestigieux du château de Chatsworth. (Domaine qui aurait inspiré Jane Austen dans sa description de Pemberley et qui a servi aussi de décor pour la demeure des Darcy dans le film de 2005 de J. Wright). On ne se lasse pas de regarder les jardins pittoresques, les salons charmants et les longs couloirs finement décorés. Les personnages du roman le plus populaire de Jane Austen prennent vie sous nos yeux dans cette aventure mêlée d'intrigue et de suspens.

Le scénario est assez proche du roman même si certaines choses ont été malheureusement omises, mais c'est souvent une chose inévitable lors de la transposition à l'écran. D'un autre côté, d'autres aspects du romans ont été exploités plus en profondeur, ce qui nous donne un nouvel angle de lecture.
J'aimerais passer un peu plus de temps sur les personnages, et les acteurs qui les jouent, de cette mini-série car je les trouve à divers degrés intéressants, soit par leur similitude avec les originaux, soit par leur divergence par rapport à ceux-ci.

Je trouve Lydia tout simplement parfaite. Toujours aussi frivole, impulsive, égoïste et têtue. Elle ressemble en tout point à la Lydia inventée par Jane Austen.
Pour Darcy, j'avais du mal à m'y faire au début car je trouvais qu'il ne dégageait pas assez de charisme et de prestance mais finalement, M. R a réussi à me convaincre. De plus, il est si aimant et joueur lorsqu'il est avec son fils que cela confirme toutes les bons présages de ses qualités de père.
Elizabeth par contre, est un non-sens absolu. JM est décidément trop âgée pour jouer ce rôle, elle manque de répartie, pas assez taquine à mon goût et beaucoup trop pliée à l'étiquette et aux convenances, il me semble.
Geogiana est meilleure que tout ce que je pouvais espérer. Pleine de fraîcheur et d'innocence, elle n'est plus tout à fait l'enfant qu'on connaissait du roman original. C'est une jeune femme séduisante qui ne manquera pas de faire des choix importants pour elle, et avec une maturité qu'on aurait pas deviné.
Le colonel Fitzwilliam, Lord Hartlep désormais est bien différent de l'homme jovial et taquin qu'on avait rencontré à Rosings. Est-ce ses nouvelles responsabilités en temps que vicomte qui lui pèsent? Beaucoup trop taciturne à mon goût, il aurait même pu surpasser l'attitude de Darcy à Meryton pour son insociabilité et son silence trop bien gardé.
Wickham, malgré les accusations de meurtre apparaît sous un nouveau jour plutôt positif. En effet, il fait preuve de sens moral, de devoir et fait face à ses responsabilités ; valeurs qu'on aurait pas cru qu'il puisse avoir. Si les rencoeurs passées ne sont pas enterrées, Darcy et lui font néanmoins preuve d'un minimum de civisme pour que leurs réputations respectives en demeurent le plus intactes possibles.

Pour conclure, cette adaptation est beaucoup moins réussie que la célèbre série Orgueil et préjugés de 1995 réalisée elle-aussi par la BBC. La mort à Pemberley a tout de même le mérite de nous prolonger près deux siècles en arrière, en plein dans la Régence et nous narrer les aventures, aussi réalistes que ce peut, d'Elizabeth Darcy.

lundi 19 août 2013

La passe-miroir – Livre 1 : Les fiancés de l'hiver de Christelle Dabos

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DABOS C., La passe-miroir – Livre 1 : Les fiancés de l'hiver, Gallimard Jeunesse, 2013

Lauréat du concours premier roman jeunesse organisé par Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama, Les fiancés de l'hiver nous offre là une agréable surprise et nous dévoile l'imaginaire et la plume d'une auteure pour la jeunesse à l'avenir très prometteur. Dans le monde de l'édition où seulement un à quatre livres premiers romans sont publiés par an, il est très difficile de se faire connaître et de commencer une carrière d'écriture. Alors, rien de tel que participer à un concours pour se faire une nom dans la sphère des livres. Et son prix est largement mérité. Ainsi, les qualités pour lesquelles Christelle Dabos se démarque sont un incroyable talent de conteuse, une imagination saisissante, un univers merveilleux et des personnages attachants.

Avant de commencer la lecture de ce roman, la manipulation de l'objet livre et la lecture de la quatrième de couverture m'inspirent un long voyage dans un monde rêvé. Les couleurs avec le bleu qui domine et les trainées de blanc, de même que le titre m'évoque Les Royaumes du Nord de Philip Pullman ou encore Le combat d'hiver de Jean-Claude Mourlevat. Une atmosphère froide, voire même glaciale, évoquant le grand nord et la contrée du Père Noël. (Surtout pas une atmosphère froide comme pourrait être décrite dans un roman policier, comme par exemple dans La princesse des Glaces de Camilla Lackberg). Beaucoup de comparaisons donc dans ce début de chronique mais j'estime que Christelle Dabos mérite amplement sa place aux côtés des « grands » de la littérature jeunesse. Elle a d'autant plus besoin de votre soutien de lecteur qu'elle est une auteure française et malheureusement les auteurs français ne sont pas suffisamment valorisés dans les librairies et même dans les maisons d'édition.

samedi 6 juillet 2013

100 romans cultes des ados de Jessica Jeffries-Britten

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100 romans cultes des ados, Guide proposé par Jessica Jeffries-Britten
Flammarion, « Librio » n°908, Paris, 2008


Un guide des 100 livres cultes pour ados, voilà un titre qui m'a accroché lorsque mes yeux se sont posés dessus dans la librairie. Même s'il ne risquait pas de m'être très utile, j'ai tout de même décidé de l'acheter, et cela pour plusieurs raisons. Par curiosité d'abord, quels pouvaient bien être les cent livres cultes? Ensuite, pour comparer les romans que je considère personnellement comme cultes avec ceux d'une personne spécialiste reconnue de la littérature jeunesse. Enfin, pour compléter ma culture littéraire car il est évident que je n'ai pas lu tous les livres référencés dans ce guide et il est toujours utile de dire qu'on connait tel ou tel autre roman reconnu comme culte par une majorité de personnes.

La préface commence avec une citation extraite de Matilda de Roald Dahl :
« -Crois-tu qu'il devrait y avoir des moments drôles dans tous les livres pour enfants?
-Oui, répondit Matilda,. Les enfants ne sont pas aussi sérieux que les grandes personnes et ils aiment rire. »
Avant de poursuivre plus loin, arrêtons-nous un instant sur cette citation. Son choix est sans conteste excellent. Roald Dahl est un grand monument incontournable de la littérature jeunesse. Qui peut se défendre de ne pas avoir lu et apprécié Matilda , Charlie et la chocolaterie , Sacrées sorcières , James et la grosse pêche ou bien La potion magique de Georges Bouillon ? Par ailleurs, Matilda est une icône de l'enfant lecteur et amateur de livres. Ce classique de la littérature pour enfants et moins jeunes est donc particulièrement représentatif du public concerné par cet ouvrage rassemblent cent livres à avoir lu dans sa vie.

Cette préface est là aussi pour rappeler qu'aujourd'hui la littérature jeunesse constitue une véritable industrie où les enjeux économiques sont bien présents. Ce secteur est en pleine expansion et occupe de nos jour la deuxième place au niveau des genres littéraires les plus importants, juste après la littérature générale. Si donc ce guide ne reprend que des livres parus aux XX ème et XXI eme siècles, ce n'est pas à cause de la mauvaise qualité des romans parus antérieurement, au contraire, tous les livres actuels sont, d'après J. Jeffries-Britten, sont les successeurs de Dickens, Stevenson et Vernes … mais parce qu'il a fallu faire un choix au milieu de cette masse de publications.

En effet, avec plus de deux mille romans jeunesse paraissant par an, on se retrouve vite submergé et perdu ! En outre, il ne faut certainement pas croire que les jeunes actuels délaissent la lecture ; au contraire, ils lisent, du moment qu'ils tiennent entre leurs mains un bon livre parce que les ados sont un public difficile à satisfaire. Ils ne recherchent ni des livres qui ne sont plus de belles histoires adressées aux gentils enfant ni les classiques qui émerveillent leurs parents et ainés.

C'est donc là le but de ce guide, « orienter les jeunes lecteurs, piquer leur curiosité et leur donner des envie de lecture... ». Un beau programme, n'est-ce pas?

Le point remarquable de ce petit conseiller de lecture, c'est qu'il ne se limite pas à répertorier les bons livres destinés expressément aux jeunes. Il comprend aussi des romans écrits pour les adultes que les adolescents peuvent tout de même apprécier à leur niveau. Et enfin, ce guide survole divers genres et pays pour offrir une sélection variée pour notre seul plaisir.

Présentés par ordre chronologique de parution, les romans sont aussi repris dans un index par titre et par nom d'auteur un fin d'ouvrage pour retrouver en un clin d'oeil ce que l'on recherche. La petite attention très délicate de la réalisatrice de ce guide : une petite indication du niveau de lecture pour que personne ne s'y trompe et puisse trouver à lire ce qui lui convient le mieux. Bien entendu, quel serait la pertinence d'un tel livre s'il ne présentait pas pour chaque roman une courte critique? Enfin, pour compléter chaque fiche, quelques mots de présentation sur l'auteur et un extrait pour mettre en bouche...

Du point de vue du contenu, on y retrouve des classiques qui plairont à tous les âges tels que Le chien des Baskervilles de Sir Arthur Conan Doyle ou bien Mort sur le Nil d'Agatha Christie. Les incontournables de la littératures jeunesse ne sont évidemment pas oubliés comme par exemple Harry Potter à l'école des sorciers de J.K.Rowling ou 35 kilos d'espoir d'Anna Gavalda. Quelques agréables surprises nous attendent au détour de ces pages aussi comme L'écume des jours de Boris Vian ou encore Le petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, des petits livres initialement écrits pour des adultes mais tout à fait accessibles aux ados. Pourtant, je n'approuve pas plusieurs choix que l'auteur a retenu ( Oh, boy de Marie-Aude Murail et L'ordinatueur de Christian Grenier entre-autres). Cependant, j'ai pu y trouver des véritables coups de coeur que j'ai eu l'occasion de lire : Le clan des Otori de Lian Hearn, La rivière à l'envers de Jean-Claude Mourlevat, Le Royaume de Kensuké de Michaël Morpurgo, A la croisée des mondes de Philip Pullman … Enfin, des romans que je n'ai pas encore lus mais que je me dis que je devrais lire : Tobie Lolness de Timothée de Fombelle, Les raisins de la colère de John Steinbeck, Le château de Cassandra de Dodie Smith, Que cent fleurs s'épanouissent de Feng Jicaï …

Alors peut-être que ce livre n'est pas complètement utile et il n'est certainement à recommander dans toutes les bibliothèques mais il offre un beau panorama de la littérature jeunesse et permet de voir ce qui est jugé de qualité, ce qui a été apprécié et ce qui pourrait plaire aux lecteurs, tout en étant une source d'idées de lecture à piocher à l'intérieur quand on ne sait plus quoi lire.

samedi 19 mai 2012

Candy Pop, En route pour la gloire de Lauren Laverne

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LAVERNE L., Candy Pop, En route pour la gloire, Gallimard Jeunesse, 2012, (23/05)

« Candy est catastrophée : comme si sa vie n'était pas assez déprimante, sa mère va épouser un type ringard. Aidée de sa meilleure amie, l'adolescente concocte un plan génial :
1 . Empêcher le mariage de sa mère avec le président des loosers
2 . Connaître la gloire avec son groupe de rock
3 . Savoir enfin qui est son père
4 . Enrôler un ange gardien … vraiment spécial.
Le début d'une trilogie hilarante, le récit haut en couleur d'une adolescente en quête de gloire et d'identité.
Et le premier roman d'une vedette de la pop anglaise, Lauren Laverne!  »

Le petit mot de l'éditeur ainsi que la couverture colorée de ce roman suffisent pour savoir à qui ce roman est adressé. Public cible : les jeunes adolescentes âgées en moyenne de treize ans. Le vocabulaire et le langage est tout à fait typique de cette tranche d'âge, l'exagération des situations, la manie de se mêler de la vie sentimentale de ses ainés, tout comme le listage des choses s'y rattachent.

Je n'ai pas encore osé lire ce livre parce que je m'en sentait trop vieille. Il existe un âge pour chaque chose ; si s'attaquer à un roman trop jeune est parfois dommage car on risque de ne pas en percevoir toutes ses subtilités, lire un roman trop tard est en revanche déprimant car on se rend vite compte qu'on a grandi. On prend conscience que les centre d'intérêts ne sont plus les mêmes, et parfois, malheureusement, on découvre qu'on a perdu l'innocence qui caractérise la jeunesse. Ai-je l'air d'une vieille femme aigrie lorsque je m'exprime ainsi? Ce n'est pourtant pas mon but.
Ainsi, ce roman qui a l'air débordant d'énergie, de bonne humeur et de malice m'intimide. J'ai peur de ce que je pourrais y trouver, ou plutôt de ce que je ne pourrais plus comprendre.

Alors ce livre constitue mon prochain défi à relever : lire et ainsi prouver à tous, dont moi-même, que je peux tout lire et que malgré les apparences j'ai gardé un esprit de pré-ado.

samedi 5 novembre 2011

Angel de L.A.Weatherly

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Gallimard Jeunesse
Chronique en cours
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vendredi 4 novembre 2011

Bel Ami de Guy de Maupassanr

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Voici qu'a débuté depuis quelques semaines déjà une nouvelle année scolaire. Cette année est placée sous le signe de la nouveauté. Nouvelle classe, nouveau cours de français avec une toute nouvelle prof qui a de nouvelles méthodes d'enseignement. Si par moments, je regrette quelque peu mon génialissime professeur de français de l'année précédente, j'essaie de positiver et de trouver tous les points intéressants du cours de cette année.
La première lecture imposée de cette année qui débute est Bel Ami de Maupassant. Ce livre a été envisagé dans le cadre de la première partie du cours consacré au mouvement réaliste. La question qui a été introduite en même temps que cette lecture est si l'écrivain réaliste se contentait bien de reproduire fidèlement la réalité et s'il parvenait à rester toujours objectif. Dans un second temps, cette autre question a été traitée : Les réalistes sont-ils des illusionnistes? Lors du travail d'application final sur le parcours réaliste, nous étions amenés à répondre à ses diverses questions à l'aide des outils et exemples mis en évidence pendant le cours. Au final, nous nous sommes rendus compte que les réponses à ces questions se rejoignaient.
Ce n'était pas la tâche-problème proposée dans le cadre du cours, cependant nous allons essayer de proposer ici une brève analyse de l'œuvre de Maupassant citée ci-dessus ainsi qu'une partie de réponse possible aux problématiques posées à l'aide d'éléments du roman uniquement.
La littérature nous passionne et nous nous y adonnons comme loisir durant nos temps-libres. Cette analyse peut être vue comme un défi que nous allons tenter de relever. Nous ne pourront confirmer l'exactitude de tous nos propos étant donné qu'aucun professeur ne corrigera ce texte. Néanmoins, ayant déjà traité du sujet d'une autre manière, nous pouvons vous rassurer que toutes les pites de réflexion possèdent un minimum de fondement.

OoO

Nous pouvons aisément affirmer que les réalistes ne reproduisent pas fidèlement la réalité mais qu'ils en donnent plutôt une illusion du réel. En effet la vie est terriblement complexe, un enchevêtrement d'évènements se suivant l'un après l'autre selon des relations de causes à conséquences, et même des fois sans justification rationnelle. Ainsi il est extrêmement difficile de tout rapporter, chaque détail, chaque fait et chaque personnage. Nous pouvons aller jusqu'à dire qu'il en est impossible. Quel écrivain aurait tout le temps nécessaire pour coucher tout sur le papier? Quelle quantité d'encre et de papier aurait-il besoin? Ce n'est en fait qu'un rêve démesuré, une folie irréalisable.
Et puis, s'il parvenait à peindre la réalité telle quelle dans ses romans, l'auteur ne serait sûrement pas compris. Le lecteur devrait faire la démarche de trier toutes les informations qui lui sont données, de les classer et de sélectionner et de conserver les plus pertinentes. Seulement, ce n'est pas le travail qu'on attend généralement d'un lecteur, ni ce que l'auteur d'un roman veut lui offrir. La réalité est trop confuse ; elle n'est qu'un méli-mélo d'évènements.
Voilà pourquoi Maupassant n'est qu'un illusionniste. Il crée un univers qui ressemble à la réalité, mais cet univers n'est pas vrai. Il met en scène un monde fictif d'une manière telle que le lecteur croit qu'il est réel. Il doit bien tromper celui-ci pour dire que son roman est réussi. De même Maupassant lui-même ne dément pas jouer avec le lecteur, il analyse même l'attitude des réalistes dans ses romans et notamment dans la préface. C'est lui qui les qualifie d'illusionnistes. Mais est-ce parce qu'il se réclame tel qu'il en est un? Nous avons essayé ci-dessus de comprendre cette démarcher de créer une illusion : simplifier le roman, sélectionner les informations et créer une atmosphère encore plus vraie que la réalité ; trouvons maintenant des exemples tirés de Bel Ami qui nous permettraient d'illustrer tous ces concepts qui restent pour l'instant quelque peu flous.
(...)

OoO

L'image que je donne du roman Bel Ami de Maupassant peu être perçue comme quelque peu poussiéreuse et scolaire. Mais est-ce effectivement le cas? Que puis-je dire à un jeune adulte qui hésiterait à le lire?
Si beaucoup d'étudiants le déconseilleraient parce que cette lecture les a torturés, ennuyés et volé énormément de leur temps, d'autres par contre en ont retenu une très bonne impression. Bien entendu, les lectures scolaires laissent des traces indélébiles dans nos esprits. Et pourtant il faut savoir passer outre ses premières émotions, peu rationnelles et démesurées.
Bel Ami est un roman qui peut parfaitement être apprécié pour sa qualité de livre loisir. Après l'avoir analysé minutieusement en classe, avons-nous tenté de mettre des mots sur ce que nous avons ressenti en le lisant? Et cela est bien dommage. La façon dont certains professeurs imposent leurs romans en gâche leur goût et leur saveur authentique.
Ce que nous avons aimé avoir trouvé dans Bel Ami, c'est un Paris du XIX ième siècle, là où pour être quelqu'un il faut avoir des recommandations et des fréquentations dans le monde. L'étude du comportement humain est toujours fascinante. Bien que Maupassant n'en réalise pas une étude scientifique vigoureuses, les pistes qu'il apporte nous interpellent et dénoncent directement les vices de l'homme.
Ensuite, les personnages sont attachants. Ils semblent avoir été mis en scène uniquement pour notre plaisir. Tous sont des marionnettes manipulées par l'auteur qu'il est amusant de voir mouvoir.
Enfin, lire Bel Ami, c'est comme plonger sa tête dans une époque lointaine et toujours d'actualité. Bien que le temps a passé depuis le jour où Maupassant a écrit ce roman, la société qu'il critique existe bel et bien toujours aujourd'hui. Feuilleter les pages en fermant les yeux pour essayer de sentir l'odeur de l'humanité, n'est-ce pas merveilleux?
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