Menu horizontal

Affichage des articles dont le libellé est analyse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est analyse. Afficher tous les articles

mercredi 27 mai 2015

Georgiana Darcy et Bingley

Lire l'article >>
Darcy did intend for his sister to marry Bingley. [1]

Voilà une assertion bien audacieuse qu'on peut lire sur The Republic of Pemberley. La plupart des lecteurs idéalise Darcy et ne peut imaginer qu'il puisse arranger une telle union pour sa sœur. De plus, tout comme Lizzy, les lecteurs semblent persuadés que Mr Bingley est réellement amoureux de Jane et qu'aucune jeune femme ne lui conviendrait mieux que cette dernière. Pourtant, Jane Austen fait à plusieurs reprise allusion au couple Georgiana/Bingley au cours du roman. Il est dès lors intéressant de se demander si cet événement était sérieusement envisagé par les différents protagonistes du roman, et quel était le point de vue de chacun, en particulier celui de Darcy sur ce potentiel mariage.

La première fois que le lecteur apprend une possible alliance entre Georgiana et Bingley est dans la lettre que Caroline Bingley envoie à Jane lorsque toute la petite compagnie quitte Netherfield peu de temps après le bal. Elle écrit :

Mr Darcy is impatient to see his sister, and to confess the truth, we are scarcely less eager to meet her again. I really do not think Georgiana Darcy has her equal for beauty, elegance, and accomplishments; and the affection she inspires in Louisa and myself, is heightened into something still more interesting, from the hope we dare to entertain of her being hereafter our sister. (...) My brother admires her greatly already, he will have frequent opportunity now of seeing her on the most intimate footing, her relations all wish the connection as much as his own, and a sister's partiality is not misleading me, I think, when I call Charles most capable of engaging any woman's heart. With all these circumstances to favour an attachment and nothing to prevent it, am I wrong, my dearest Jane, in indulging the hope of an event which will secure the happiness of so many?
[PP] , chapter 21

D'après Caroline Bingley, Georgiana Darcy portera le nom des Bingley dans un futur, du moins, l'espère-t-elle (from the hope we dare to entertain of her being hereafter our sister). Cette conviction est de plus soutenue par sa soeur Louisa Hurst (Louisa and myself (…) we ...) et peut-être même par des personnes dans l'entourage de Georgiana, incluant son frère (her relations all wish …). Plus loin dans sa lettre, elle sous-entend que son frère nourrit des sentiments à l'égard de Georgiana (My brother admires her greatly) et approfondit leur relation (on the most intimate footing) ; il la courtiserait donc. Même si Caroline Bingley n'admet pas que sa position de soeur la rend partiale face à ces évènements (a sister's partiality is not misleading me), elle arrive tout au plus à faire douter Jane de la constance de Mr Bingley, mais elle ne convainc personne. En tout cas, Lizzy est bien décidée à croire qu'un mariage entre Miss Darcy et Bingley n'est qu'une chimère dans l'esprit de Caroline Bingley.

A ce stade du roman nous avons donc deux opinions sur la question qui nous préoccupe. D'une part, Caroline Bingley prétend que son frère épousera Georgiana Darcy. D'autre part, Lizzy n'y croit pas un mot et considère cela comme un pure invention (ou machination) de Caroline Bingley. Nous ignorons tout des sentiments des principaux intéressés, Georgiana Darcy et Charles Bingley. L'opinion de Darcy, bien que Caroline y fait très subtilement allusion, est elle aussi inconnue

Un peu plus loin, Jane Austen refait allusion au couple Georgiana/Bingley. L'extrait suivant se situe après la révélation du Colonel Fitzwilliam de l'implication de Darcy dans la séparation de Bingley et de Jane.

(…) and she [Lizzy] was quite decided at last, that he [Darcy] had been governed by this worst kind of pride, and partly by the wish of retaining Mr Bingley for his sister.
[PP], chapter 33

Lizzy vient d'apprendre que Darcy est intervenu pour éloigner son ami Bingley de Jane, sous le motif qu'il y avait de fortes objections à l'égard de la famille de la jeune femme ( [PP], chapitre 33). En réfléchissant aux possibles objections que Darcy pouvait bien avoir contre les Bennet, elle les trouve toutes légères. Finalement elle conclut que Darcy était gouverné par son orgueil et en partie par le désir de garder Bingley pour sa soeur. L'avis de Lizzy a donc évolué depuis la lettre de Miss Bingley. Incapable de trouver une explication plausible au comportement de Darcy, elle en vient à croire que Miss Bingley avait probablement raison, que Darcy souhaite réellement que sa soeur épouse Bingley. Pourtant, Lizzy émet ces pensées sous le coup de la colère. Ce n'est pas un raisonnement rationnel qui l'a conduite à cette conclusion. Néanmoins, elle ne rejette désormais plus cette éventualité.

A l'occasion de sa visite à Pemberley, qui accueillait aussi les Bingley, Lizzy aura l'occasion d'observer Bingley en compagnie de Geogiana. Voici ce qu'elle voit :

(…) she [Lizzy] could not be deceived as to his [Mr Bingley's] behaviour to Miss Darcy, who has been set up as a rival to Jane. No look appeared on either side that spoke of a particular regard. Nothing occurred between them[Mr Bingley and Miss Darcy] that could justify the hopes of his [Mr Bingley's] sister.
[PP], chapter 44

Ainsi, Lizzy et par le même occasion le lecteur, est rassurée. Bingley ne semble pas avoir de sentiments pour Miss Darcy, il penserait même toujours à Jane (he (…) took occasion to ask her (…) whether all her sisters were at Longbourn (…), [PP], chapter 44). Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes : Bingley n'est pas amoureux de Georgiana Darcy, Georgiana n'espère rien de la part de Bingley ; tout cela n'était qu'une chimère sortie de l'imagination de Caroline Bingley.

Pourtant, il y a cet extrait situé au chapitre suivant dans lequel Jane Austen écrit que Darcy souhaitait appeler Bingley son frère.

Not a syllable had ever reached her [Miss Bingley] of Miss Darcy's meditated elopement. To no creature had it been revealed, where secrecy was possible, except to Elizabeth; and from all Bingley's connections, her brother [Darcy] was particularly anxious to conceal it, from that very wish which Elizabeth had long ago attributed to him [Darcy], of their [the Bingleys] becoming hereafter her [Miss Darcy's] own [connections]. He [Darcy] had certainly formed such a plan, and without meaning that it should affect his [Darcy's] endeavour to separate him [Bingley] from Miss [Jane] Bennet, it is probable that it might add something to his [Darcy's] lively concern for the welfare of his friend [Bingley].
[2] ; [PP], chapter 45

Jane Austen écrit : Darcy avait certainement établi un tel plan. Si Jane Austen elle-même l'écrit, c'est que c'est sûrement vrai. Et voilà que le mythe d'un Darcy aimant sa soeur, ne voulant que son bonheur et souhaitant qu'elle aussi fasse un mariage d'amour s'effondre. Pourtant, le lecteur a tort de projeter une telle image modernisée de Darcy. Souvenez-vous de sa désastreuse demande en mariage à Hunsford et de l'importance qu'il accorde au rang. L'amour était pour lui une chose futile et éphémère que l'on doit étouffer et oublier.

Georgiana se doit de faire un mariage avantageux. En ce sens, Bingley peut être considérer comme un bon parti. Soit, la fortune des Bingley provient du commerce (les fameuses origines in trade que Miss Bingley veut à tout prix oublier). Considérons qu'à l'heure du récit, Bingley a tout de l'allure d'un gentleman (même si ce n'est que depuis une génération) ; il ne lui manque qu'un domaine et c'est pour cela qu'il loue Nertherfield. De plus, c'est un proche ami de Darcy, il a confiance en lui et sait qu'il prendra soin de sa soeur. Puis avec le désastre de Ramsgate, il est compréhensible que Darcy veille marier sa soeur pour éviter de tâcher sa réputation (la réputation de Georgiana et du nom des Darcy par la même occasion). [3]

Donc, nous vous avons montré que Jane Austen a effectivement écrit que Darcy souhaitait une union entre Bingley et sa soeur. Nous avons même apporté des éléments pour justifier la démarche de Darcy. Pourtant, la problématique n'est pas close. S'arrêter ici dans l'analyse serait oublier le génie de la plume de Jane Austen. L'ironie est omniprésente dans le livre et il ne faut pas l'oublier. S'arrêter à la première lecture d'Orgueil et Préjugés nous fait perdre des subtilités du texte.

Darcy avait certainement établi un tel plan.

D'après nous, la présence de l'adverbe certainement n'est pas anodine et sa signification est déterminante. Le premier sens de l'adverbe certainement est sans aucun doute ; mais son deuxième sens est, d'après le Larousse, probablement [LAR06]. Ainsi, il n'est pas faux d'affirmer que le premier sens de cette phrase est que Darcy avait, avec certitude, établi un tel plan. Cependant, une deuxième lecture suggère un certain degré d'incertitude. Certainement, soit probablement, soit peut-être alors. Un doute persiste. A notre sens, s'il avait été clair que Darcy souhaitât cela, il n'y aurait pas de raison que ce certainement soit présent. En effet, Jane Austen n'est pas un écrivain au style « littéraire » comme l'est un Victor Hugo, au contraire, sa narration est efficace : elle n'écrit que ce qu'il est nécessaire d'écrire, pas plus. Au contraire, la présence de ce certainement suggère subtilement que finalement, personne à part Darcy lui-même; ne savait ce qu'il projetait pour sa soeur.

Ainsi, nous sommes d'avis qu'aucun des personnages, excepté Caroline Bingley, n'avait sérieusement envisagé un mariage entre Miss Darcy et Bingley. Cette simple allusion que Miss Bingley a un jour fait a torturé inutilement les esprits de Lizzy et Jane. Elle a en outre réussi à alimenter les débats entre lecteurs d'Orgueil et Préjugés quelques deux cents ans après sa publication. Pourtant, ne lui cédons pas cette victoire. Sur cette question, Jane Austen était aussi romantique que nous, lecteurs modernes, une seule femme était destinée à Bingley : Jane

Références

Bibliographie

[PP] Jane Austen, Pride and Prejudice
Edition utilisée : Harper Collins, 2009 (en anglais)
[LAR06] Dictionnaire Le Larousse de poche - Edition 2006, Larousse, 2006
[BUR06] BURY L. SIPIERE D., … , Pride and Prejudice, le roman de Jane Austen, Editions Ellipses, 2006 (bilingue français-anglais)

Webographie

[1] Index of characters sous “Georgiana Darcy” sur The Republic of Pemberley (en anglais)
URL : http://www.pemberley.com/janeinfo/ppdrmtis.html#index3
[2] Not a syllable … , rubrique Jane Austen : Pride and Prejudice – Note on Random Topics sur The Republic of Pemberley (en anglais)
URL : http://www.pemberley.com/janeinfo/pptopics.html#notasyll
[3] Sylwia, Caroline and Darcy's Joint Wishes sur Austenette : Mending My Own Pen, 15/11/2008 (en anglais)
URL : https://austenette.wordpress.com/2008/11/15/
[4] Sylwia, Bingley and Georgiana sur Austenette : Mending My Own Pen, 14/02/2009 (en anglais)
URL : https://austenette.wordpress.com/2009/02/14/

samedi 31 janvier 2015

Orgueil et Préjugés expliqué en graphiques

Lire l'article >>
https://cdn0.vox-cdn.com/thumbor/W5FHPIM6KyryQHnUo-pobdlImbc=/cdn0.vox-cdn.com/uploads/chorus_asset/file/3349240/USE_THIS_PPPPPP.0.jpg
Elizabeth's and Darcy's character journeys
Création graphique : LitsVisual

Le site internet VOX a publié un article avec deux graphiques expliquant le roman Orgueil et Préjugés de Jane Austen. Le premier s'intitule Elizabeth's and Darcy's character journeys et montre l'évolution de l'orgueil d'Elizabeth et des préjugés de Mr Darcy le long du roman. Le deuxième, quant à lui, porte le titre The popularity of Mr Darcy and Elizabeth Bennet et reporte le nombre d'occurrences des noms de Mr Darcy et d'Elizabeth Bennet dans des livres britanniques au cours du siècle dernier. 

Ici, je ne vais m'intéresser qu'au premier graphique, bien que le second soit lui aussi intéressant. La raison de ce choix est telle que seul le premier graphique traite réellement de littérature. L'objet d'étude du second se rapproche plus de la sociologie couplée à des statistiques. 

Le sujet de ce premier graphique est très pertinent étant donné le roman original. En simplifiant très fortement l'intrigue, on pourrait réduire le tout au schéma suivant : les deux personnages principaux, tous les deux orgueilleux, ont initialement des préjugés infondés qu'ils doivent apprendre à surmonter pour pouvoir voir l'autre tel qu'il est réellement et être heureux ensemble. L'évolution des personnages est donc primordiale pour pouvoir arriver au dénouement final et au « happily ever after » tant attendu. D'autant plus que Jane Austen est une brillante auteure et que tous les changements au sein de nos deux personnages sont progressifs et plus ou moins subtil. Le but de ce graphique est donc de retracer l'évolution de leurs niveaux d'orgueil et de préjugés respectifs.

Interprétons ce graphique. 

Au début du roman, le niveau d'orgueil d'Elizabeth (représenté avec des points roses) est assez assez élevé mais encore acceptable (sept sur une échelle de 10, 10 étant la note la plus élevée). Alors que les premiers évènements se déroulent, son niveau d'orgueil augmente. L'élément déclencheur est sans doute la remarque qu'elle a surprise Mr Darcy dire à son ami Mr Bingley qu'elle est tolérable mais pas assez jolie pour le tenter. (She is tolerable but not handsome enough to tempt me) . Bien qu'elle prétende le contraire, cette remarque l'a énormément affectée et son orgueil en est terriblement blessé. Elle se forme immédiatement une image déplaisante de Mr Darcy. Plus les semaines passent, et plus elle se méprend sur le comportement de Mr Darcy, emmurée derrière ses préjugés. Son orgueil croit donc jusqu'à atteindre un sommet au moment de la demande en mariage de Mr Darcy à Hunsford. Insultée, elle ne peut supporter les mots blessants qu'elle entend. Son orgueil à son apogée se manifeste par les mots durs qu'elle prononce à l'égard de Mr Darcy pour lui notifier son rejet. A la lecture de la lettre explicative de Mr Darcy, son niveau d'orgueil diminue, au-delà même de son niveau initial, pour atteindre une valeur proche de zéro lorsqu'elle apprend le rôle de Mr Darcy dans le mariage de Lydia. A partir de la demande de Mr Bingley, son niveau d'orgueil réaugmente progressivement. Il atteint finalement une valeur moyenne (cinq sur dix), synonyme de mesure et inférieure à la valeur initiale.

Passons maintenant au niveau de préjugés de Mr Darcy. Contrairement à l'orgueil d'Elizabeth, cette courbe possède une allure régulière. Celle-ci ne fait que décroitre au cours du temps. Au début du roman, son niveau de préjugés est au plus haut : dix sur une échelle de dix. Mr Darcy vient des hautes sphères de la société et possède une idée très précise sur les différences de classes. Son dédain de la société du Hertfordshire se voit affirmée lorsqu'il entend les gens discuter de sa fortune à l'assemblée de Meryton. Pourtant, alors qu'il tombe progressivement amoureux d'Elizabeth, son niveau de préjugés diminue et ne cessera de diminuer jusqu'à la fin du roman où il atteint une valeur quasi nulle.

Jusqu'à présent nous nous somme contentés de décrire le graphique et d'apporter des éléments de l'histoire pour le justifier. Il est temps à présent d'être critiques car bien que ce graphique comporte des éléments en cohérence avec le roman, il contient malheureusement des erreurs et manque quelque peu de pertinence.

Ainsi, dans la chronologie (plot timeline), placée en abscisse du graphique, la demande de Mr Collins arrive avant le bal de Nertherfield. Or, quiconque a lu le livre sait pertinemment que Mr Collins demande la main d'Elizabeth le lendemain du bal de Netherfield ! Voilà une faute impardonnable de la part de l'auteur du graphique ! Lorsqu'on réalise un outil de didactique comme celui-ci et qu'on le destine à le publier sur quel que support que se soit, on se doit de vérifier l'exactitude de ses informations. Comment une erreur aussi triviale a-t-elle pu être commise? Il n'y a pas à dire, la crédibilité de ce document en prend un sacré coup !

De plus, il est dommage que le récit de Wickham ne figure pas dans la chronologie. Il me semble que cet élément du récit joue un rôle important dans l'image que se fait Elizabeth de Mr Darcy. Il est vrai qu'Elizabeth n'appréciait déjà pas Mr Darcy, avant même d'entendre les mésaventures de Mr Whickham. Néanmoins, cette fable va remforcer son mépris pour le jeune homme : elle s'en sert comme excuse (argument) pour soutenir son portrait négatif du personnage. En outre, ce n'est certainement pas anodin qu'un des deux reproches adressés à Mr Darcy lors de sa demande à Hunsford soit des accusations de son comprtement à l'égard de Wickham. 

Par ailleurs, je ne comprends pas pourquoi seuls l'orgueil d'Elizabeth et les préjugés de Mr Darcy sont représentés en ordonnée. On a l'impression que dans le titre du roman, le terme Orgueil se rapporte à Elizabeth tandis que le mot Préjugés se rapporte à Mr Darcy. Or, cela n'est pas entièrement vrai. Les deux personnages sont confrontés à l'orgueil et aux préjugés pendant tout le roman. Alors pourquoi limiter l'orgueil à Elizabeth et les préjugés à Mr Darcy? En outre, si je devais réaliser un choix aussi restreint, j'aurais opté pour le plus évident, c'est-à-dire l'inverse : l'orgueil de Mr Darcy et les préjugés d'Elizabeth. En effet, Jane Austen mentionne plus fréquemment l'orgueil de Mr Darcy que celui d'Elizabeth. Souvenez-vous, au début du roman, Elizabeth est aveuglée par les préjugés parce que Mr Darcy apparait comme un homme fier (beaucoup trop orgueilleux). De même, les préjugés d'Elizabeth sont souvent mis en évidence tandis que Mr Darcy dit qu'il espère qu'[il] ne s'autorise jamais à être aveuglé par les préjugés. ((...)never allow [my]self to be blinded by prejudice (...)).

Au final, cette "étude" n'est pas aussi intéressante qu'elle le semblait. Si vous êtes intéressés par un travail faisant des liens entre le titre du roman et son contenu, jetez plutôt un coup d'oeil à cette liste nommée  Themes of Pride and Prejudice sur The Republic of Pemberley . Bien que cela ne soit pas présenté sous forme graphique comme sur VOX et apparait moins attractif, le contenu en est beaucoup plus exact et précis. Cela se présente sous la forme d'un index reprenant tous les passages faisant référence soit à l' orgueil , soit à des préjugés .

>>liens : 
*Article et graphiques sur le site de VOX : 
 Brandon Ambrosino, Pride and Prejudice, explained in two charts, January 28, 2015

*Etude sur The Republic of Pemberley
 Links to passages illustrating the themes of Pride and Prejudice

dimanche 24 août 2014

Le numérique dans la bande dessinée, où en est-on?

Lire l'article >>
L'industrie du livre numérique se développe peu à peu. Les éditeurs ainsi que les plateformes de vente en ligne l'ont compris et le choix pour le consommateur se fait de plus en plus large. Si aujourd'hui, lire un roman sur un support électronique se fait assez aisément, lire une bande dessinée sur un ordinateur, une liseuse ou une tablette est une toute autre histoire.


Un catalogue limité

L'offre proposée est extrêmement restreinte. Prenons le géant Amazon. Comparée aux milliers de livres disponibles dans la boutique Kindle « littérature », la centaine de titres proposés au rayon bande dessinée fait pâle figure. On pourrait pourtant arguer la toute nouveauté de la chose comme justification. Espérons seulement pour les amateurs du genre que le choix dans le futur sera plus conséquent.

Des liseuses inadaptées

Or, le problème le plus important est que tous les appareils qui peuvent être utilisés pour la lecture des livres numériques ne sont pas adaptés à la lecture de bandes dessinées numériques (ou du moins aux formats des bandes dessinées numériques actuelles). En effet, la plupart des liseuses (telle que le Kindle …) ne possèdent qu'un écran en noir et blanc, ce qui rend la lecture de bandes dessinées imprimées en couleurs moins agréable. Soit, même si on accepte cet inconvénient, le monde de la bande dessinée numérique ne s'ouvre pas pour autant devant nous. Certaines liseuses (notamment le Kobo de la Fnac) ne supporte aucun format de bande dessinée numérique ! La seule alternative proposée est de lire les bandes dessinées achetées en streaming sur internet, pas toujours pratique quand on veut lire en déplacement. Bref, dans l'état actuel des choses, la liseuse n'est clairement pas un support approprié pour la lecture de la bande dessinée numérique. Mais alors, les utilisateurs de pc (et mac) sont-ils mieux équipés pour plonger dans la bande dessinée numérique? 

Des logiciels de lecture et des applications catastrophiques

Le logiciel Kindle for PC (et ses équivalents pour Mac, smartphones et tablettes) ne permet aucune lecture pratique de bande dessinée. Chaque planche est numérisée sur une page, soit un écran. Le programme ne proposant aucun outil de zoom, il est alors impossible de lire les caractères imprimés en minuscule. Suite à des recherches, il est apparu qu'il existe des bandes dessinées, vendues dans la boutique kindle, qui sont numérisées de façon à ce qu'il soit possible de les parcourir case par case. Dans ce cas, il semblerait que la lecture soit possible sans une loupe. Néanmoins, un coup d'oeil aux commentaires laissés sur différents articles bandes dessinées suffit pour se rendre compte que la majorité des bandes dessinées est tout simplement illisible, aussi bien avec les applications kindle pour pc, mac, tablette ou smartphone. Solution à fuir de toute évidence !

Une seule alternative acceptable

Il existe quelques sites spécialisés dans la vente de bandes dessinées numériques à lire dans un nuage et accessible depuis aussi bien un ordinateur qu'un smartphone ou une tablette (AveComics et Iznéo). Le nombre de titres disponibles est relativement honorable et les éditeurs partenaires variés. Et magie : la lecture dynamique case par case est autorisée. Le seul aspect négatif est la connexion internet nécessaire pour la lecture des bandes dessinées. Mais bon, au vu des résultats catastrophiques des autre possibilités en numérique existant, il serait abusif d'être trop difficile.


A l'heure où les acteurs du livre papier regardent l'avenir avec quelques inquiétudes et prennent soin de ne pas rater le virage vers le numérique, la bande dessinée classique a encore de beaux jours devant elle. L'offre numérique est clairement insatisfaisante à ce jour et les amateurs de bande dessinée préfèrent toujours leurs bons vieux albums en carton.


samedi 22 juin 2013

TFE : La musique est-elle un langage universel?

Lire l'article >>
Il est de tradition qu'en fin de rhétorique, les élèves réalisent un travail de fin d'étude (TFE). Dans mon école, ce sont les professeurs de cours philosophiques qui sont chargés de superviser le déroulement de cette tâche d'une ampleur assez importante.
La consigne (reformulée) était la suivante. Traiter un sujet au choix aboutissant à une ou plusieurs questions philosophiques. Le travail devra comporter une trentaine de pages et être correctement rédigé et présenté. Les points obtenus feront office de note d'examen. Une présentation orale sera aussi envisageable, bien que facultative et sur base volontaire. La défense constituera alors un bonus ajouté à la cote finale.

Le titre final que j'ai choisi pour mon travail est la question : La musique est-elle un langage universel ?

Ce TFE m'a demandé beaucoup d'heures de recherche, de travail et de réflexion. Je m'y suis beaucoup impliquée et j'ai les sentiment qu'aujourd'hui je maîtrise plutôt bien mon sujet même si je suis loin d'avoir fait tout le tour de la question.

Le but ici n'est pas de donner une copie de ce travail ; cela tenterait trop les plus malhonnêtes de s'en inspirer pour un éventuel devoir. Vous trouverez seulement l'introduction, une synthèse du corps du TFE et la conclusion. La bibliographie (et webographie) y a aussi été ajoutée pour ceux qui seraient intéressés par le sujet.
Par ailleurs, un ouvrage que je recommande vivement est La musique, Anthologie littéraire et philosophique de VIVES V. paru chez Libella. Ce livre est une vraie mine d'or, les textes sont extrêmement bien choisis, et pertinents. Si vous êtes juste une peu curieux sur le sujet, jetez-y un coup d'oeil, ça en veut la peine.

Cet article peut en fait être considéré comme une porte ouverte vers une réflexion philosophique. Un petit moment pour se poser et penser librement.


INTRODUCTION


« La musique est un langage universel ». Voilà une phrase que l'on entend souvent et qui est presque communément acceptée. La plupart des gens ne pense pas à remettre cette assertion en question et ne s'interroge pas sur son bien-fondé, si bien qu'elle est devenue pour beaucoup de personnes une vérité admise. Pourtant, qu'est-ce qui nous permet d'affirmer cela? Pourquoi la musique est-elle considérée comme un langage? Comment ce denier peut-il être universel? C'est ce que nous essaierons de mettre en évidence dans ce travail.

Avant de continuer plus loin, nous allons définir les mots intervenant dans la question du titre. Le dictionnaire Le petit Larousse illustré donne la définition suivante pour le terme « musique » : « art de combiner les sons ; ensemble des production de cet art. » Bien que cette définition ne soit pas incorrecte, nous constaterons plus tard qu'elle est l'objet de nombreux débats parmi les amateurs de musique. En outre, le langage est défini comme « la faculté propre à l'homme d'exprimer et de communiquer sa pensée au moyen d'un système de signes vocaux ou graphiques ; ce système. » Il sera donc question des liens entre la musique et le langage. Enfin, toujours d'après le dictionnaire Le petit Larousse illustré, est universel ce qui « s'étend, convient à tout ou à tous ». Nous envisagerons donc finalement l'universalité ou non du langage musical.
Depuis toujours, nous sommes passionnés par le langage, les différentes formes que celui-ci peut prendre et les significations qu'il peut revêtir. En effet, il existe mille et une façons d'exprimer une simple idée, que se soit dans l'outil de communication choisi (la parole, les mots, les gestes, le corps …) ou bien la manière de l'utiliser (la prose, les vers, les images …) Ainsi, nous trouvons que chercher à comprendre la raison de la présence d'un procédé de communication ou d'un autre est semblable à un jeu de décodage d'énigmes, ce qui est passionnant. En outre, nous sommes sensibles à la musique parce que nous l'avons étudiée pendant sept ans et nous continuons par ailleurs toujours d'en jouer. Nous avons donc voulu assembler ces deux thèmes initiaux qui nous intéressaient particulièrement et nous avons alors abouti à ce sujet-même présenté sous la forme de la question suivante « la musique est-elle un langage universel? ».

Cette question nous permettra d'aborder des notions vues au cours de morale cette année : l'épistémologie et l'esthétique, deux branches de la philosophie qui interviennent dans notre sujet. En effet, la première s'interroge sur les sciences et sur les connaissances en général. La musique fait bien partie de son champ d'étude car elle a longtemps été associée aux sciences et l'est même toujours aujourd'hui pour certains ; la discipline scientifique qui y est consacrée se nomme l'acoustique. Ensuite, la deuxième s'intéresse à l'art, à sa perception, ses sens et à la notion de beau s'y rapportant. Il se sera question dans ce travail de la musique, considérée comme un art, de la façon dont celle-ci est perçue et du sens qui lui est attribué. Enfin, ce travail nous demandera de bâtir un raisonnement logique, suivant une progression dans les idées. De plus, il faut que notre développement soit construit de façon cohérente, utilisant l'argumentation illustrée par des exemples. Ce sont bien là des compétences travaillées au cours de morale et essentielles dans la pensé philosophique.

Le présent travail comporte deux parties. La première est consacrée à l'étude de la musique. Notre attention se portera plus particulièrement aux formes sous lesquelles elle était présente à différentes époques et aux significations qui lui étaient attribuées à ces mêmes périodes. Le sujet de ce travail n'étant pas l'histoire de la musique ni l'écriture et l'analyse musicale, nous réduirons les passages relatifs à ces deux aspects de la musique, au risque de trop simplifier la matière mais dans le but de laisser le contenu de ce travail accessible à tout lecteur quel qu'il soit. Nous la complèterons ensuite avec des analyses de discours de compositeurs sur la musique. La seconde partie quant à elle sera orientée vers le côté philosophique de la question et nous envisagerons pour cela des textes de philosophes afin de dégager les différentes réflexions déjà émises sur ce sujet.



SYNTHESE


Au Moyen Age, la musique était uniquement chantée, monodique et à sujets religieux. Ensuite, celle-ci se complexifie et ses sujets varient. Cette évolution continue jusqu'à la Renaissance où elle est désormais polyphonique et chante également des textes profanes. Durant ces deux périodes, la musique est associée aux sciences.

Puis vient l'époque baroque. La musique pure, instrumentale et libérée d'une circonstance particulière, fait son apparition de même que l'expressivité dans cette dernière. Du côté philosophique, la mentalité typiquement médiévale côtoie celle classique. (cf. Rameau et Rousseau)
Le maître-mot du classicisme, la période suivante, est « règles ». Tout en musique est soumis à des codifications et à des conventions. La musique est alors considérée comme une langue exprimant des idées et elle plait en outre à tous.

Au classicisme succède le romantisme, époque la plus riche aussi bien en composition musicale qu'en écriture philosophique sur cette dernière. La caractéristique principale du romantisme est la présence des sentiments et de l'expression dans les œuvres. C'est aussi l'âge à partir duquel la musique est considérée en elle-même comme musique et qu'on ne cherche plus à la relier à d'autres disciplines. Puis, on pense qu'elle est une langue qui s'adresse à tous mais chacun la comprend de sa propre manière.

Enfin, nous arrivons à l'époque contemporaine aussi appelée la Modernité. Celle-ci se caractérise par une toute nouvelle conception de l'écriture musicale, la tonalité est entre autre rejetée. Si la pensée romantique de la musique est toujours d'actualité, la notion du discours sur la musique, lequel est impossible, a été ajoutée.



CONCLUSION


En commençant ce travail, nous étions persuadés que la musique n'était pas un langage universel. Comment une chose créée par l'homme, qui de plus s'apprend et s'étudie pourrait-elle être commune à tout être humain, nous demandions-nous. Nous poursuivions ensuite en disant que la musique est basée sur des conventions culturelles propre à une société.
Il suffit en effet de comparer notre musique occidentale à des formes de musique asiatique, par exemple, pour se rendre compte qu'elles sont toutes les deux très différentes l'une de l'autre et que les sons qui les composent sont leur seul point commun. En outre, lorsque nous faisons écouter de la musique traditionnelle indienne à un Européen, celui-ci s'ennuie après seulement trente secondes : ce comportement révèle son incompréhension. Cette expérience montre donc que la musique a besoin de pré-requis pour être appréciée et comprise, et qu'elle n'est donc pas un langage universel applicable à tous les hommes.
Un autre indice allant dans le sens d'une musique non universelle est cette histoire assez célèbre qui a été rapportée par un voyageur d'Afrique. Un Européen ayant écouté un musicien africain jouer un air sur sa flûte essaie de la reproduire. Alors qu'il trouvait l'exercice difficile au début, il arrive finalement à déterminer les hauteurs des sons qu'il a entendus et joue ce qu'il croit être la mélodie initiale. Cependant l'indigène n'est pas de cet avis et reproche à l'Européen de ne pas avoir fait attention au timbre des sons. Alors que la musique occidentale est faite de sons déterminés principalement par leur hauteur, la musique africaine, semblerait quant à elle, accorder essentiellement de l'importance au timbre des sons. La conception de musique varie donc d'une civilisation à l'autre et sans explication au-préalable, nous comprenons mal la musique d'un peuple différent.
A ceux qui ne trouvaient pas ces premiers arguments assez convaincants, nous leur montrions une partition de musique « classique » occidentale et nous leur demandions de la lire. S'ils connaissaient le code qui permet d'écrire la musique, ils réussissaient la tâche demandée sans aucune difficulté. Par contre, lorsque dans un second temps nous leur soumettions une partition datant du Moyen Age, ces personnes étaient incapables de déchiffrer ce qu'ils avant devant leurs yeux. La lecture de la musique demande donc un apprentissage et cette faculté, non innée, ne peut donc pas s'appliquer à tous les hommes.
A cette époque nous pensions avoir cerné la question. Nous avions envisagé la façon dont la musique est écoutée et perçue, dont elle est produite et puis finalement la façon dont elle est écrite et lue.

Pourtant, en réalisant ce travail sur le langage musical, notre opinion sur le sujet a évolué. Notre position n'est plus aussi ferme qu'auparavant. Lire les points de vue de différents artistes et philosophes sur cette question nous a permis de prendre connaissance de nouveaux arguments auxquels nous n'avions pas pensé et de réfléchir plus longuement sur les diverses opinions existantes. Confronter les idées de chacun, les rapprocher et les comparer nous a obligés à repenser et à réévaluer notre position initiale. Ensuite, reformuler les informations, les organiser et les critiquer ont été des moyens pour nous assurer de les avoir bien comprises. Enfin, ce travail nous a permis d'exercer notre esprit d'analyse et notre esprit critique.

A l'issue de ce travail nous trouvons que la musique possède un caractère universel.
En effet, elle est présente dans toutes les cultures, partout, elle mobilise les sens de l'audition et de la vue et elle remplit un rôle de communication entre les hommes.
En outre, d'un point de vue strictement physiologique, les mécanismes de création, de reconnaissance et d'interprétation de la musique sont similaires d'une personne à l'autre même si elles sont issues de cultures différentes. Les sons sont tout d'abord entendus, captés par les oreilles, puis transmis au cerveau qui traduit enfin l'information reçue. Ce processus est commun à l'espèce humaine et cela n'étonne normalement personne d'apprendre que le cerveau d'un homme est anatomiquement identique à celui d'un autre homme, de même que toutes oreilles humaines fonctionnent rigoureusement de la même façon.
La musique, qu'elle soit américaine, chinoise ou française reste toujours de la musique et son principe est le même : elle est une création humaine, composée de sons et vise à porter un message. C'est en cela que la musique est un langage universel : elle diffuse des informations (elle raconte une histoire, elle nous fait danser, elle nous fait rêver ou pleurer …) et son mode de fonctionnement est utilisé par tous les hommes.

Néanmoins, ceux qui se réjouiraient d'avoir trouvé la langue universelle utilisée et comprise par tous et qui voudraient utiliser la musique pour discuter avec des personnes originaires du monde entier risqueront d'être déçus. En effet, nous avons bien dit jusqu'à présent que la musique était universelle mais si nous y sommes tous sensibles, c'est parce qu'elle nous est instinctive.
La musique, contrairement aux mots et à la parole, ne désigne ou ne représente aucun objet précis ; elle crée des sensations et des sentiments, elle parle à notre imagination et demande à être interprétée. Pour que les mots désignent un objet ou une pensée déterminée, il a fallu que leurs sens aient été fixés au préalable. Ainsi, dès la petite enfance, nous apprenons à parler et associons le mot « mer » avec la grande étendue d'eau que nous voyons. Pour que la musique puisse être utilisée comme une langue internationale, il faudrait aussi qu'on établisse un code pour qu'une quinte juste signifie par exemple « joie ». Des compositeurs ont déjà écrit des œuvres suivant des règles sémantiques se basant sur ce même principe. Mais dans ce cas-là, l'écoute d'une telle œuvre nécessite une étude des codes utilisés, tout comme nous étudions du vocabulaire spécifique avant de lire un texte dans une langue étrangère. Cette musique qui signifierait des mots précis n'est donc plus universelle puisque n'importe qui n'est plus capable de la comprendre.
Ainsi, la musique est un langage universel mais ce langage ne « dit » rien, il se laisse juste interpréter, laissant de la place à l'expérience de chacun, à sa sensibilité et à son imagination.


BIBLIOGRAPHIE


  1. dictionnaire Le petit Larousse illustré, Paris, Larousse, 2003
  2. ACCAOUI C., Les mots, les sons, la musique in Kairos, n°21, 2003, pp 137- 152
  3. ADORNO T.W., Quasi una fantasia, Paris Gallimard, 1982
  4. ASTOR D., Friedrich Nietzsche et la musique, La Clé des Langues (Lyon: ENS LYON/ DGESCO) , 07/2009
    URL : http://cle.ens-lyon.fr/allemand/friedrich-nietzsche-et-la-musique-71642.
  5. BOUCOURECHLIEV A., Le langage musical, Paris, Fayard, 1993
  6. CHABANON M.P.G., La musique considérée en elle-même et dans ses rapports avec la parole, les langues, la poésie et le théâtre, Paris, Pissot Libraire, 1785
  7. Collectif, Philosophie et musique, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2003
  8. DANIELOU A., Sémantique musicale, Paris, Hermann, 1978
  9. NIETZCHE F., Œuvres philosophiques complètes, Edition établie par COLLI G. et MONTARINI M., Paris, Gallimard, 1997
  10. NIETZSCHE, Correspondances, Monaco, Editions du Rocher, 1957, traduction de L. Servicen
  11. PIGUET J.-C., Philosophie et musique, Chêne-Bourg (Suisse), Georg Editeur, 1996
  12. RAMEAU J.-P., Observations sur notre instinct pour la musique et sur son principe , Gallica, Bibliothèque Nationale de France (édition électronique : http://gallica.bnf.fr/ark:/ 12148/btv1b86232867)
  13. RAMEAU J.-P., Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels, Gallica, Bibliothèque Nationale de France ( édition électronique : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86232459 )
  14. ROULEAU J., La musique, un langage universel? in Scène 1425, 2011, 6 mars
    URL : http://www.scene1425.com/fr/magazine/la-musique-un-langage-universel
  15. ROUSSEAU J.-J., Essai sur l'origine des langues in Œuvres, Paris, Belin, 1817 (édition électronique : http://classiques.uqac.ca/classiques/Rousseau_jj/essai_origine_des_langues/ origine_des_langues.pdf )
  16. VALLESPIR M., Langage et musique : approches sémiotiques in Littérature et musique, URL : http://www.fabula.org/colloques/document1274.php
  17. VIVES V., La musique, Anthologie littéraire et philosophique, Paris, Libella, 2011

vendredi 24 mai 2013

La légende du pianiste de Giuseppe Tornatore

Lire l'article >>
Ce film a fait l'objet d'une dissertation qui avait pour consigne : à partir de l'analyse du film, commenter la phrase "L'homme est un animal social". Voici ma production personnelle.





       Le film La légende du pianiste raconte l'histoire d'un pianiste prodige nommé 1900. Né sur un bateau, il passe toute sa vie sur l'océan, sans jamais poser le pied sur la terre ferme. Un jour, il rencontre Max, le narrateur avec lequel il se lie d'amitié et qui essaiera de le convaincre de descendre du bateau ... Chargé de symboliques, ce film peut être considéré comme un conte philosophique nous livrant divers messages à intérêt humain. A partir de son analyse, nous tenterons de montrer que « l'homme est un animal social ».

       Tout d'abord, l'identité d'un homme est déterminée par la société. En effet, dès qu'il naît, il reçoit un nom et il est renseigné dans les registres nationaux. Dès lors, il est reconnu par les autorités et la société ; il existe. Ainsi, 1900 n'est personne, un parfait inconnu au yeux du monde extérieur et pour qui il n'existe pas. Pas même sa propre personnalité n'est suffisante pour l'identifier. L'étiquette attribuée prédomine donc sur la personnalité de tout un chacun et aucun homme ne pourrait vivre dans la société sans qu'elle ne l'ait reconnu au préalable.
       Ensuite, la caractéristique principale de l'humanité est le langage, un moyen dont l'homme dispose pour communiquer avec ses semblables. Alors que 1900 vit dans une bulle, isolé du monde extérieur, sa musique, vitale pour lui, lui permet de communiquer avec les autres. Même d'apparence solitaire, l'homme éprouve le besoin d'intégrer la société et avoir une place à côté des siens.
       Enfin, les hommes, pour la plupart, ne vivent qu'à travers le regard des autres, incapables de donner un sens à leur vie sans l'approbation antérieure de la société. Dans le film, Jelly Roll Morton, sait au fond de lui qu'il est le meilleur joueur de jazz. Néanmoins, il entend parler du don de 1900, ce qui provoque des doutes en lui. Il veut alors le défier dans un duel musical. Si ce dernier avait eu lieu en privé, chacun des joueurs n'aurait été soumis qu'à son propre jugement. Or, celui-ci se déroule publiquement, Jelly Roll Morton ayant besoin de connaître l'opinion des gens ; son talent ne prend de sens que dès qu'il est reconnu par la société.

       Pour conclure, l'homme à l'état de nature était simplement un animal, c'est-à-dire un être vivant complexe semblable à un singe ou une girafe. Or, ce qui permet de le différencier de ces animaux est sa capacité, ou plutôt sa nécessité de se regrouper pour former la société. L'homme est donc clairement un animal social, étroitement lié à la société, incapable même de vivre seul.

vendredi 4 novembre 2011

Bel Ami de Guy de Maupassanr

Lire l'article >>


Voici qu'a débuté depuis quelques semaines déjà une nouvelle année scolaire. Cette année est placée sous le signe de la nouveauté. Nouvelle classe, nouveau cours de français avec une toute nouvelle prof qui a de nouvelles méthodes d'enseignement. Si par moments, je regrette quelque peu mon génialissime professeur de français de l'année précédente, j'essaie de positiver et de trouver tous les points intéressants du cours de cette année.
La première lecture imposée de cette année qui débute est Bel Ami de Maupassant. Ce livre a été envisagé dans le cadre de la première partie du cours consacré au mouvement réaliste. La question qui a été introduite en même temps que cette lecture est si l'écrivain réaliste se contentait bien de reproduire fidèlement la réalité et s'il parvenait à rester toujours objectif. Dans un second temps, cette autre question a été traitée : Les réalistes sont-ils des illusionnistes? Lors du travail d'application final sur le parcours réaliste, nous étions amenés à répondre à ses diverses questions à l'aide des outils et exemples mis en évidence pendant le cours. Au final, nous nous sommes rendus compte que les réponses à ces questions se rejoignaient.
Ce n'était pas la tâche-problème proposée dans le cadre du cours, cependant nous allons essayer de proposer ici une brève analyse de l'œuvre de Maupassant citée ci-dessus ainsi qu'une partie de réponse possible aux problématiques posées à l'aide d'éléments du roman uniquement.
La littérature nous passionne et nous nous y adonnons comme loisir durant nos temps-libres. Cette analyse peut être vue comme un défi que nous allons tenter de relever. Nous ne pourront confirmer l'exactitude de tous nos propos étant donné qu'aucun professeur ne corrigera ce texte. Néanmoins, ayant déjà traité du sujet d'une autre manière, nous pouvons vous rassurer que toutes les pites de réflexion possèdent un minimum de fondement.

OoO

Nous pouvons aisément affirmer que les réalistes ne reproduisent pas fidèlement la réalité mais qu'ils en donnent plutôt une illusion du réel. En effet la vie est terriblement complexe, un enchevêtrement d'évènements se suivant l'un après l'autre selon des relations de causes à conséquences, et même des fois sans justification rationnelle. Ainsi il est extrêmement difficile de tout rapporter, chaque détail, chaque fait et chaque personnage. Nous pouvons aller jusqu'à dire qu'il en est impossible. Quel écrivain aurait tout le temps nécessaire pour coucher tout sur le papier? Quelle quantité d'encre et de papier aurait-il besoin? Ce n'est en fait qu'un rêve démesuré, une folie irréalisable.
Et puis, s'il parvenait à peindre la réalité telle quelle dans ses romans, l'auteur ne serait sûrement pas compris. Le lecteur devrait faire la démarche de trier toutes les informations qui lui sont données, de les classer et de sélectionner et de conserver les plus pertinentes. Seulement, ce n'est pas le travail qu'on attend généralement d'un lecteur, ni ce que l'auteur d'un roman veut lui offrir. La réalité est trop confuse ; elle n'est qu'un méli-mélo d'évènements.
Voilà pourquoi Maupassant n'est qu'un illusionniste. Il crée un univers qui ressemble à la réalité, mais cet univers n'est pas vrai. Il met en scène un monde fictif d'une manière telle que le lecteur croit qu'il est réel. Il doit bien tromper celui-ci pour dire que son roman est réussi. De même Maupassant lui-même ne dément pas jouer avec le lecteur, il analyse même l'attitude des réalistes dans ses romans et notamment dans la préface. C'est lui qui les qualifie d'illusionnistes. Mais est-ce parce qu'il se réclame tel qu'il en est un? Nous avons essayé ci-dessus de comprendre cette démarcher de créer une illusion : simplifier le roman, sélectionner les informations et créer une atmosphère encore plus vraie que la réalité ; trouvons maintenant des exemples tirés de Bel Ami qui nous permettraient d'illustrer tous ces concepts qui restent pour l'instant quelque peu flous.
(...)

OoO

L'image que je donne du roman Bel Ami de Maupassant peu être perçue comme quelque peu poussiéreuse et scolaire. Mais est-ce effectivement le cas? Que puis-je dire à un jeune adulte qui hésiterait à le lire?
Si beaucoup d'étudiants le déconseilleraient parce que cette lecture les a torturés, ennuyés et volé énormément de leur temps, d'autres par contre en ont retenu une très bonne impression. Bien entendu, les lectures scolaires laissent des traces indélébiles dans nos esprits. Et pourtant il faut savoir passer outre ses premières émotions, peu rationnelles et démesurées.
Bel Ami est un roman qui peut parfaitement être apprécié pour sa qualité de livre loisir. Après l'avoir analysé minutieusement en classe, avons-nous tenté de mettre des mots sur ce que nous avons ressenti en le lisant? Et cela est bien dommage. La façon dont certains professeurs imposent leurs romans en gâche leur goût et leur saveur authentique.
Ce que nous avons aimé avoir trouvé dans Bel Ami, c'est un Paris du XIX ième siècle, là où pour être quelqu'un il faut avoir des recommandations et des fréquentations dans le monde. L'étude du comportement humain est toujours fascinante. Bien que Maupassant n'en réalise pas une étude scientifique vigoureuses, les pistes qu'il apporte nous interpellent et dénoncent directement les vices de l'homme.
Ensuite, les personnages sont attachants. Ils semblent avoir été mis en scène uniquement pour notre plaisir. Tous sont des marionnettes manipulées par l'auteur qu'il est amusant de voir mouvoir.
Enfin, lire Bel Ami, c'est comme plonger sa tête dans une époque lointaine et toujours d'actualité. Bien que le temps a passé depuis le jour où Maupassant a écrit ce roman, la société qu'il critique existe bel et bien toujours aujourd'hui. Feuilleter les pages en fermant les yeux pour essayer de sentir l'odeur de l'humanité, n'est-ce pas merveilleux?
Sauf mention contraire tous les articles sont rédigés par Lectorrima. Tous droits réservés. Fourni par Blogger .