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mardi 1 décembre 2015

Guerre et Paix BBC : pas encore diffusé et déjà décrié

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dimanche 8 novembre 2015

Guerre et Paix de Tolstoï : une nouvelle adaptation BBC

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samedi 12 juillet 2014

Nos étoiles contraires de John Green : A l'intention d'Hazel Grace à propos des infinis

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Il y a peu je suis allée au cinéma voir le film Nos étoiles contraires adaptation du roman éponyme de John Green. Cette fois-ci, je n'ai pas envie d'écrire une chronique sur ce film ou bien sur ce roman (bien que cela pourrait se faire plus tard). En fait, pendant la vision du film, une phrase prononcée par Hazel Grace m'a interpellée. Il était question d'infinis, d'infinis plus grands que d'autres. Paraphrasé cela donne : il y a une infinité de nombres entre 0 et 1, il y a aussi une infinité de nombres entre 0 et 1 000 000 mais cet infini-là est plus grand. 


Là, j'ai eu envie de crier : « Mais non, c'est faux, il y a autant de nombres entre 0 et 1 qu'entre 0 et 1 000 000 ; plus fort encore, il y a plus de nombres entre 0 et 1 que de nombres naturels ! ». J'avais toujours en tête mon cours d'algèbre linéaire. Je me souviens qu'on avait montré par l'absurde en cours que l'ensemble des réels compris dans l'intervalle [0, 1] n'est pas dénombrable ; c'est-à-dire qu'on ne peut mettre en bijection chacun des éléments réels de l'intervalle [0, 1] avec l'ensemble des naturels , soit qu'il y a plus de nombres réels compris dans l'intervalle [0, 1] que dans l'ensemble {0, 1, 2, 3, … }. Pour appuyer mes dires, voici une capture de mon syllabus de cours : 

Eric J.M.Delhez, Algèbre - Tome 2 : Mathématiques discrètes, p192, Faculté des Sciences Appliquées, Université de Liège, Version 2013-2014
 
Comme j'aime la rigueur, j'aurais préféré avoir connaissance du texte exact. Ni une ni deux, je me plonge dans le roman à la recherche de ce passage qui m'intrigue. Voici l'extrait retrouvé :

There are infinite numbers between 0 and 1. There's .1 and .12 and .112 and an infinite collection of others. Of course, there is a bigger infinite set of numbers between 0 and 2, or between 0 and a million. Some infinities are bigger than other infinities... I cannot tell you how grateful I am for our little infinity. You gave me forever within the numbered days, and I'm grateful.”
John Green, The fault in our stars, p147, Penguin, 2012

Maintenant nous sommes enfin face à la formulation exacte issue du roman. Que répondre à Hazel Grace? Oui, certains infinis sont plus grands que d'autres mais il n'y a pas plus de nombres entre 0 et 2 qu'entre 0 et 1 !

Pour ceux qui n'auraient vraiment rien compris voici une vidéo rigolote intitulée How to count infinity (extraite de la chaine Minute Physics sur YouTube) qui couvre la thématique des tailles des infinis. (Attention, ça va vite et c'est en anglais!) On commence par y expliquer ce que signifie « compter ». Ensuite, on y montre pourquoi il y a autant de nombre entre 0 et 1 qu'entre 0 et 2. La deuxième moitié de la vidéo démontre d'une façon légèrement différente que mon professeur d'algèbre qu'il y a plus de nombre entre 0 et 1 que de nombres naturel. Enfin, les courageux qui auront été attentifs jusqu'au bout pourront saisir le clin d'oeil à Hazel Grace tout à la fin. 

 

vendredi 24 mai 2013

La légende du pianiste de Giuseppe Tornatore

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Ce film a fait l'objet d'une dissertation qui avait pour consigne : à partir de l'analyse du film, commenter la phrase "L'homme est un animal social". Voici ma production personnelle.





       Le film La légende du pianiste raconte l'histoire d'un pianiste prodige nommé 1900. Né sur un bateau, il passe toute sa vie sur l'océan, sans jamais poser le pied sur la terre ferme. Un jour, il rencontre Max, le narrateur avec lequel il se lie d'amitié et qui essaiera de le convaincre de descendre du bateau ... Chargé de symboliques, ce film peut être considéré comme un conte philosophique nous livrant divers messages à intérêt humain. A partir de son analyse, nous tenterons de montrer que « l'homme est un animal social ».

       Tout d'abord, l'identité d'un homme est déterminée par la société. En effet, dès qu'il naît, il reçoit un nom et il est renseigné dans les registres nationaux. Dès lors, il est reconnu par les autorités et la société ; il existe. Ainsi, 1900 n'est personne, un parfait inconnu au yeux du monde extérieur et pour qui il n'existe pas. Pas même sa propre personnalité n'est suffisante pour l'identifier. L'étiquette attribuée prédomine donc sur la personnalité de tout un chacun et aucun homme ne pourrait vivre dans la société sans qu'elle ne l'ait reconnu au préalable.
       Ensuite, la caractéristique principale de l'humanité est le langage, un moyen dont l'homme dispose pour communiquer avec ses semblables. Alors que 1900 vit dans une bulle, isolé du monde extérieur, sa musique, vitale pour lui, lui permet de communiquer avec les autres. Même d'apparence solitaire, l'homme éprouve le besoin d'intégrer la société et avoir une place à côté des siens.
       Enfin, les hommes, pour la plupart, ne vivent qu'à travers le regard des autres, incapables de donner un sens à leur vie sans l'approbation antérieure de la société. Dans le film, Jelly Roll Morton, sait au fond de lui qu'il est le meilleur joueur de jazz. Néanmoins, il entend parler du don de 1900, ce qui provoque des doutes en lui. Il veut alors le défier dans un duel musical. Si ce dernier avait eu lieu en privé, chacun des joueurs n'aurait été soumis qu'à son propre jugement. Or, celui-ci se déroule publiquement, Jelly Roll Morton ayant besoin de connaître l'opinion des gens ; son talent ne prend de sens que dès qu'il est reconnu par la société.

       Pour conclure, l'homme à l'état de nature était simplement un animal, c'est-à-dire un être vivant complexe semblable à un singe ou une girafe. Or, ce qui permet de le différencier de ces animaux est sa capacité, ou plutôt sa nécessité de se regrouper pour former la société. L'homme est donc clairement un animal social, étroitement lié à la société, incapable même de vivre seul.

lundi 10 décembre 2012

Anna Karenina

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Anna Karenina

Un film de Joe Wright
Production : France/Grande-Bretagne, 2012
Avec Keira Knightley, Jude Law, Aaron Taylor-Johnson, Kelly MacDonald, Matthew MacFadyen

Qui d'autre que Joe Wright (Orgueil et Préjugés, Reviens-moi) pouvais nous offrir une nouvelle version revigorante du classique de Tolstoï porté tant de fois à l'écran? Renouvelant la forme, gardant la puissance émotionnelle du fond, il porte son actrice fétiche, Keira Knightley à son point d'incandescence, incarnant une Anna dévorée par une passion puis la honte.

Deux personnes tombent follement amoureuses et croient que nul ne le remarque puisqu'elles ne voient que leur bien-aimé(e). Mais l'intensité érotique qu'elles dégagent ne peut passer inaperçue, mettent sens dessus dessous l'ordre « naturel » des choses et déliant les mauvaises langues, car la passion ravage une femme de la haute société, mariée à un juge fade et ennuyeux, et qu'elle s'éprend d'un « simple » soldat.
Passion tellement visible qu'elle pourrait bien se dérouler sur...une scène de théâtre.
Dans cette nouvelle adaptation intelligente d'Anna Karénine, le monde entier est un théâtre dont les ornements figurent tantôt Saint-Pétersbourg, tantôt Moscou. Cette stratégie de Wright de figurer la plupart des actions sur une monumentale scène, si elle déroute au début, se révèle brillant et audacieuse, n'entravant en rien le tempo furieux et donnant un air de grand opéra à l'ensemble, avec des émotions qui se déploient majestueusement et des acteurs susceptibles d'esquisser un pas de dance.
Anna est mariée depuis huit ans au juge Alexis Karénine (un Jude Law dégarni et bien pensant), un homme respectable, qu'elle apprécie et avec qui elle a un fils, Serge. Elle est séduite par un jeune et bel officier de cavalerie, Vronsky, et les deux tombent instantanément, irrémédiablement, passionnément et désespérément amoureux...
Cette Anna est la parabole moderne de la fulgurance du scandale. La noblesse russe de l'époque n'a pas besoin de tweets ou de sms pour répandre la nouvelle de l'adultère passionné : chuchotements et sourcils froncés font très bien passer le message...
Le roman a été filmé au moins une bonne douzaine de fois. Greta Garbon et Vivien Leigh, deux des actrices les plus incandescentes de l'âge d'or d'Hollywood, auraient dû être une rude compétition pour Keira Knightley, si elle avait joué le même genre d'Anna. Mais Guidée par Wright, qui l'avait déjà dirigée dans Orgueil et Préjugés et Reviens-moi, Knightley incarne Anna comme une femme qui n'aurait jamais ressenti de passion érotique ; une fois éprise, elle est portée par une extase sensuelle avant de dégringoler dans les abysses de la honte. C'est une performance sacrément gonflée, au diapason des changement volcaniques qu'une créature naïve doit endurer dans son saut vers l'amour fou.

Anna Karenina

Premier jet de critique.

La musique signée par Dario Marianelli, qui avait déjà travaillé avec Joe Wright dans Orgueil et Préjugés, soutient avec brillance le film. A partir du début, le rythme de celle-ci augmente avec une intensité irrégulière, la ligne mélodique devenant répétitive, le tout créant ainsi une musique obsédante et reflétant les sentiments des deux protagonistes qui sont submergés par cette passion dont ils ne peuvent se défaire. Celle-ci atteint son sommet au moment critique du film, point où tout bascule pour la jeune héroïne, qui presque instantanément sombre dans la déchéance. A partir de là, le tempo ralentit pour accompagner la longue et terrible chute sociale que subit la pauvre Anna, alors que le même motif musical persiste tel un nuage brumeux de souvenirs. Ainsi, dans Anna Karenina, le compositeur occupe une place importante dans l'équipe technique et ses œuvres peuvent être considérées comme des acteurs supplémentaires indispensables à la cohérence et à la réussite du film tout entier.

Ce film est empreint d'un érotisme qui se perçoit dans la posture des personnages. Loin d'être grossier, cet érotisme est même porté à l'écran avec finesse et se révèle par des détails. Les expressions sur le visage de Keira Knightley et l'intincelle dans ses yeux communiquent au spectateur sa passion dévorante. De même, la position de celle-ci lorsqu'elle se tient derrière la porte frôlant le mur, entre deux pièces, ne laissant passer qu'une partie de sa tête est terriblement suggestive. Une scène entourée d'une immense beauté artistique est celle représentant les deux amants, allongés dans un lit et s'étreignant nus. La pâleur de leur peau blanche rappelle deux statues de marbre dans un style antique modelant la perfection des corps humains. Encore une fois un parallèle peut être tiré entre Anna Karénine et Orgueil et Préjugés dont personne n'a pu oublié l'impressionnante salle des sculptures du château de Pemberley, là où face à celle représentant le maître des lieux, Elizabeth Bennet (jouée par Keira Knightley également) voit pour la première fois Darcy tel qu'il est réellement et non plu troublée par ses préjugés et apriori. Enfin, le bal est l'occasion privilégiée pour créer un contact entre les deux amants, une opportunité pour rapprocher les corps avec élégance, grâce et bien-séance. Ces deux-ci se frôlant à peine, mais profitant avec délice et frissons de chaque seconde qui leur permet de s'apprivoiser.

dimanche 4 décembre 2011

Mignight in Paris de Woody Allen

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Midnight in Paris de Woody Allen.
Avec Marion Cotillard, Carla Bruni, Gad Elmaleh, Owen Wilson, Rachel Mc Adams, Kathy Bates et Adrien Brody
Date de sortie : 15 juin 2011

Après la projection du film en ouverture du Festival de Cannes 2011, les réactions de la presse furent unanimes : Woody Allen en déclarant son amour réalisait l'un de ses meilleurs films, et retrouvait la légèreté, l'originalité et le côté fantasque de La rose pourpre du Caire.
Gil et Ines, en voyage à Paris peu avant leur mariage, ne vivent pas la Ville lumière de la même façon. Ines court avec sa mère les magasins de luxe, les expositions à la mode et les cocktails mondains. Gil, scénariste hollywoodien, se balade la nuit féérique, rêve d'écrire enfin un roman et de se perdre dans le Paris des années folles. Dans les fantasmes de ses déambulations nocturne, il rencontre mille figures artistiques plus éclatantes les unes que les autres, du couple Fitzgerald à Cole Porter, de Picasso à Braque, de Cocteau à Bunuel en passant par Hemingway et Gertrud Stein. Autant de clins d'oeil cinéphilo-parisiens.
Paris, grande histoire d'amour pour Woody Allen qui y écrivit son premier scénario, n'est pas dans ce film un cliché pour cinéma de carte postale. Paris est une fête, et le film une belle réflexion sur ce que le rêve offre comme échappatoire à la réalité.

Source: Le journal des cinémas Grignoux Nos 202 et 203 ( du 18 mai au 6 septembre 2011 )


L'été arrive avec ses sorties de films médiocres ( cette année, l'hypermédiatisé Harry Potter, le loufoque Les Schtoumpfs et les images qui ne font que bouger de Green lanterne ). Alors pour occuper ces deux longs mois de vacances et profiter d'un bon film, il ne reste plus qu'à se tourner vers des salles plus petites qui proposent des rediffusions de ses coups de coeur de l'année. Outre les petits prix pratiqués ( jusqu'à deux fois moins cher que les grandes salles ), elles offrent un service de qualité et une sélection souvent intéressante.

Midnight in Paris c'est une invitation d'embarquer avec Gil, le personnage principal, dans un Paris différent de celui dont on a l'habitude . C'est aussi un voyage dans le temps, dans les «twenties», pendant quelques heures. Ouvrez grands les yeux et soyez émerveillés devant la magie que renferme la ville lumière.

Le film commence avec une série de cartes postales de la ville. Nous voyons défiler devant nous des images clichés de la capitale française : la tour Eiffel, les Champs Elisés et l'arc de Triomphe, Saint-Michel et la cathédrale de Notre-Dame, les quais de la Seine, Pigalle et ses cabarets dont le fameux Moulin Rouge, les escaliers de Montmartre et le Sacré Coeur, et bien d'autres quartiers et monuments qu'aussi bien les Parisiens que les amoureux de la ville pourront reconnaître. Et si vous vous lanciez le défi d'identifier toutes les images ? Parviendriez-vous à associer un nom à tout ce que vous voyez ?

Ensuite, nous rencontrons enfin Gil et Ines. Le cadre est somptueux : le bassin aux Nymphéas, le modèle à l'impressionnant tableau de Monnet. Ils s'embrassent. Ils n'ont échangés que quelques mots que nous sentons déjà que le premier est fou de la ville tandis que la deuxième n'y voit qu'une place tellement semblable tant à d'autres. Chacun semble imaginer qu'il vit le parfait amour, ils vont d'ailleurs se marier bientôt, et pourtant, ce voyage en France va faire ressortir leurs différences et leur permettre de mieux se connaître, mais à quel prix?

Dès le moment où nous apercevons les parents de la jeune femme, plus aucun doute n'est permis quant au milieu duquel elle vient. Hôtel somptueux, restaurants chics, vêtements de marque, bijoux... Elle est issue d'un milieu aisé et elle le montre, contrairement à son fiancé qui lui est mal à l'aise devant une telle luxure. Ses amis lui ressemblent. Paul, lui aussi en visite à Paris ne comprend pas le charme des flâneries dans la ville, préférant les visites culturelles ( musées, châteaux , statues et monuments ), occasions pour lui d'étaler son savoir pas toujours exact, ce qui lui vaudra le qualificatif de pedantic ( pédant ). Même s'il est marié, Ines est inconsciemment attirée par cet homme qui n'attire pas la sympathie du spectateur. Elle hésite entre lui et Gil qui n'a pas l'air de partager ses centres d'intérêt ( il déteste le shopping, notamment ).
Elle n'accorde pas d'importance à la mise en garde de son petit ami et choisit de s'amuser plutôt que de penser. Naïve et insouciante, cette jeune femme veut laisser libre cours à ses envies et ne voit pas arriver les événements fâcheux et prévisibles si elle s'était la peine d'ouvrir ses yeux et son cœur, car d'après tout on ne voit jamais aussi bien qu'avec le cœur. Partagée, elle ne comprend pas qu'elle doit faire un choix entre deux hommes, tous deux aussi importants à ses yeux.
Choisir n'est jamais facile car choisir c'est avant tout exclure, ou bien mettre de côté. Les conséquences seront douloureuses, au moins pour une personne et c'est pourquoi on n'est jamais prêt pour cela. Aussi, assumer ses actes et ses décisions demande beaucoup de courage. Et si Gil trouvera de la force grâce à des amis inattendus et des conseils de sage ; Ines, elle, est restée une petite fille trop gâtée par le passé et agit en espérant que des personnes sur lesquelles elle compte seront derrière elle pour la soutenir et la rattraper.

Ce film se veut avant tout magique et féérique. Si le cadre de la ville de Paris, mythique et charmante correspond bien, c'est grâce à l'image que le cinéma en général en donne. Mais qui dit enchantement dit minuit. C'est seulement la nuit, lorsque les enfants sont couchés et les fêtards sortis qu'arrivent des évènements inattendus et incroyables. Au douzième coup de minuit, et pas avant, tous les rêves peuvent se réaliser et ainsi devenir réalité. Emmené par une drôle de voiture à travers le temps, Gil, découvrira le temps de quelques heures une nouvelle ville. Envolé, le Paris de la journée à la fois moderne et bruyante, laissant place au bonheur des années folles.

Au milieu des cafés parisiens, fêtes populaires, bals et réceptions vivent des personnages aujourd'hui légendaires. Un des premiers à qui le jeune homme parle est ni plus ni moins le célèbre écrivain Ernest Hemingway. Son auteur préféré, à qui il voue un culte inestimable, n'a à cette époque écrit qu'un seul roman mais il possède déjà son esprit critique, vif et fort de caractère. Bien qu'il dit refuser d'aider Gil avec son roman, et les raisons qu'il évoque dans le film sont tellement justes que le spectateur se sentirait presque gêné de ses pensées, il lui apporte énormément de soutient tant au niveau moral que littéraire à proprement parler ; n'oublions pas non plus sa logique implacable qui permet au jeune écrivain de comprendre la vérité au sujet de son couple.

Cela fait trois mois que j'ai vu Midnight in Paris et que j'ai commencé à écrire ce commentaire. Les jours passaient et le temps me manquait. Pourtant bien décidée à ne pas laisser un écrit inachevé, je reprends mon document là où je l'avais suspendu avec une certaine excitation car j'ai envie d'y apposer le point final. Il y avait beaucoup de choses que je voulais faire remarquer et décortiquer brièvement ; malheureusement, les images dans ma tête, bien qu'inoubliables sont devenues plus floues qu'à la sortie de la salle de projection. Je vais essayer de décrire et de rapporter tout ce qui m'a semblé important et qui m'a plus ou moins marquée. La précision me manquera sans aucun doute mais la suspension de ma rédaction apportera un point positif précieux à ce texte : seul ce qui a survécu aux semaines se retrouvera couché sur le papier, les éléments sans importance et secondaires se sont envolés de mon esprit, désormais habité par les seules images que je conserverai encore longtemps...

Dans le salon de Gertrude Stein, Gil rencontre la splendide Adriana ( Marion Cotillard ). A l'époque maîtresse de Picasso, lequel a réalisé son portrait aujourd'hui si célèbre, elle semble être une femme inaccessible. Elle joue à être une femme fatale et bientôt Gil tombe sous son charme. Leur conversation est élevée et il est étonnant de voir comme ils s'accordent sur certains points. Adriana ne ressemble pas du tout à Ines. Elle aime se laisser surprendre, se laisser porter par ses pas dans Paris... Nous nous demandons si Gil n'est pas en train de tomber amoureux d'une personne qui n'existe pas. Leur amour n'a pas d'avenir. Ils ne viennent pas de la même époque et chacun a sa propre existence à mener. Mais l'amour leur fait tourner la tête, à tous les deux. Poussé par ses sentiments, Gil profite d'une soirée où il est seul pour rejoindre sa bien aimée avec un présent. Des boucles d'oreilles. Un étrange carrosse s'arrête à leur niveau et les invite à monter.

Lorsqu'ils en descendent, le cadre autour d'eux a changé, tout comme l'atmosphère. Ils se glissent dans un cabaret. Et là, au détour des tables ils comprennent qu'ils ont voyagé dans le temps. Ils font la connaissance de Degas et de peintres qui lui sont contemporains. Adriana est enchantée. Comme Gil lorsqu'il fut transporté un demi-siècle en arrière, elle est émerveillée. Il s'agit pour elle de la plus merveilleuse période de l'histoire , de '' la belle époque ''.
Il s'agit là d'une interpelante leçon de vie que nous offre Woody Allen. En effet, quand les artistes du début du siècle affirment que la période historique idéale est la renaissance, Gil se demande si on n'apprécie pas uniquement ce qui est passé. Chacun des trois personnages assis autour de la table n'est pas satisfait de son propre présent, et chacun a un sentiment de bonheur absolu lorsque qu'il est plongé dans le passé. Est-ce parce que nous disposons d'un autre angle de vue plus ou moins critique? Ou est-ce parce que nous sommes naturellement attirés par l'inaccessible? Une chose est sûre, Adriana, tout comme Gil, fuit sa réalité. Elle se réfugie dans un monde imaginaire accessible par son seul esprit car elle ne veut pas faire face à ses problèmes ni les résoudre.

Le dernier point à aborder arrive donc. Gil n'arrive pas à faire la différence entre ce qu'il croit être la réalité et ce qui l'est vraiment. Nous n'allons pas nous demander si chaque nuit qu'il a passée dehors est bien réelle ou n'est qu'un rêve, ce n'est pas important et chaque spectateur pourra l'expliquer à sa manière. Par contre, il faut remarquer que Gil est persuadé qu'Ines est la femme de sa vie et qu'une fois il l'a appris, il ne remettra plus cela en question, peu importe ce qui pourra ce passer ou ce qu'il pourra voir. Or, il s'est trompé. Ce n'est pas parce que nous pensons très fort à une chose qu'elle est vraie ou qu'elle va le devenir. Les erreurs de jugement peuvent avoir de lourdes conséquences si elles ne sont pas décelées assez tôt. Que se serait-il passé si en fin de compte il avait épousé Inès? Combien de temps vivront-ils ensemble avant de s'apercevoir de leur erreur? Mais aussi, comment auront-ils le courage de se l'avouer? C'est pour limiter le nombre de catastrophes que nous avons tous des anges gardiens pour veiller sur nous. Il peuvent nous apparaître sous différentes formes ou personnes. Mais souvent nous leur en sommes éternellement reconnaissant. Alors pourquoi disparaissent-ils toujours?

Enfin, Midnight in Paris est un film sublime dont les images nous font tourner la tête. Le romantisme n'y est pas en excès comme certains auraient tendance à le croire. De plus, une pincée d'humour vient compléter le tout. Entre les cartes postales, les messages et les personnages originaux, tout les amateurs de bons films y trouveront leur bonheur. Bref, ce film mérite toute notre attention aujourd'hui et encore dans les années à venir... Il faut le faire continuer à vivre sinon, il risquerait d'être oublié. Dommage, non?
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