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samedi 21 janvier 2017

Orgueil et préjugés et zombies de Seth Grahame-Smith

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GRAHAME-SMITH Seth, Orgueil et préjugés et zombies, Flammarion, 2009, traduction de Laurent Bury.

vendredi 12 août 2016

Le trône de fer, tome 1 de George R.R. Martin

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MARTIN George R.R., Le trône de fer - Tome 1, Pygmalion, 1999, traduction de Jean Sola

vendredi 5 août 2016

Les Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley

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Tome 1

BRADLEY Marion Zimmer, Les Dames du Lac - Tome I, Pygmalion, 1986 - Traduction de Brigitte Chabrol

mardi 21 juin 2016

Le cirque des rêves d'Erin Morgenstern

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MORGENSTERN E., Le cirque des rêves, Flammarion, 2015

Chronique initialement publiée le samedi 2 janvier 2016 (Article original)

Drabble : courte œuvre composée de cent mots.

Entrez dans le cirque des rêves et embarquez pour un voyage où le réel disparaît pour laisser place à l'illusion et à la magie. Pourtant, dans ce décor merveilleux se livre un duel sans merci à la grande ignorance de tous. Les deux plus grands magiciens de ce monde se sont lancé un défi et ont opposé leurs pupilles. Les règles sont floues mais une chose est sûre, un seul en sortira vivant, et pas forcément indemne. Tout se déroulait pour le mieux, jusqu'à ce que les sentiments s'en mêlent et qu'ils décident de mettre fin à la partie …

vendredi 2 octobre 2015

Rencontre avec Philip Pullman de Nicolas Tucker

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Rencontre avec Philip Pullman de Nicolas Tucker

TUCKER N., Rencontre avec Philip Pullman, Gallimard Jeunesse, 2004


Philip Pullman a écrit la splendide trilogie A la croisée des Mondes. Il est aussi l'auteur de la palpitante série des Aventures de Sally Lockhart. Le temps d'un petit livre, apprenez-en plus sur Philip Pullman, sur l'écrivain et sur son œuvre.

Le titre de ce petit livre est Rencontre avec Philip Pullman. Je m'attendais plutôt à un entretient avec l'écrivain, un compte-rendu d'une interview. Cela aurait pu prendre la forme de questions-réponses, ou alors un rapport dans un style plus littéraire avec des discours rapportés. Hélas, non. Le livre se présente comme une biographie suivie de résumés et d'analyses des romans de P. Pullman. Le style est neutre, dénué de sentiments, avec une rigueur presque scientifique. On ne ressent pas la présence de P. Pullman alors qu'on aurait aimé faire sa connaissance grâce à cette rencontre. Néanmoins, bien que le titre représente mal ce livre, il n'en reste pas moins dénué d'intérêt.

On pourrait diviser ce livre en trois parties : une biographie de P. Pullman, suivie d'un commentaire sur les Aventures de Sally Lockhart et les œuvres mineures de l'auteur ; enfin, la dernière partie est consacrée à une analyse de la trilogie A la croisée des Mondes et à la mise en évidence des influences de P. Pullman. Autant l'annoncer tout de suite : les deux premières parties sont assez banales et seule la dernière est réellement originale.

La première partie de ce livre est donc une biographie de P. Pullman. Personnellement, j'ai survolé cette partie. J'aime beaucoup lire. Pourtant, je m'intéresse peu à la vie personnelle des personnes qui écrivent les livres ; excepté lorsque ces dernières viennent d'une autre époque. Je suis d'avis que le métier d'un écrivain est de raconter une histoire ; et son rôle s'arrête là. Il n'est pas nécessaire de les « peopleliser » et de tout connaître de leur vie si cela n'apporte rien à la compréhension de leurs œuvre. (C'est pour cela que j'avais précédemment exclus les auteurs non-contemporains, étant donné que leur contexte socio-historique est moins bien connu.)

Vient ensuite la partie consacrée à Sally Lockhart, la jeune et courageuse détective évoluant dans un Londres populaire et à l'époque victorienne. Cette partie comporte des résumés des quatre tomes de la série. Ces résumés sont très complets ; un peu trop scolaires peut-être. Ils déplairont à beaucoup de lecteurs surement. En effet, ceux qui ont lu les livres ne comprendront pas pourquoi N. Tucker réalise ces résumés exhaustifs, et ceux qui n'ont pas encore lu les livres se plaindront qu'on leur a gâché tout le suspens. (Alerte spoiler en des termes plus actuels!) Mais pourquoi acheter un livre qui fait le résumé d'un autre, je me demande. Serait-il destiné à des écoliers paresseux, désireux de trouver des travaux tout faits? Si vous êtes dans cette situation, alors ce livre est pour vous. Néanmoins, je ne peux que vous conseiller de lire les livres originaux par vous-même et puis éventuellement confronter votre compréhension des livres à l'interprétation de N. Tucker.

Etant donné que je n'ai lu que les livres de la série Sally Lockhart et A la croisée des Mondes, j'ai préféré passer outre les sections relatives aux œuvres mineures de P. Pullman.

Nous arrivons enfin à la dernière partie de ce livre, consacré à A la croisée des Mondes et aux influences de P. Pullman. Comme pour la partie sur Sally Lockhart, les résumés sont peu intéressants si vous avez lu les livres. Néanmoins, ils m'ont tout de même rafraichi la mémoire sur les évènements de l'histoire car je n'ai pas relu ces livres depuis longtemps. L'analyse de la trilogie est intéressante. Elle comporte des éléments assez évidents, d'autres plus réfléchis. Quoi qu'il en soit, elle est le résultat d'un sérieux travail de réflexion sur l'œuvre de P. Pullman. Des thèmes divers sont exploités : de la symbolique des personnages, aux leçons de philosophie humanistes, en passant par la fois en la science … Des parallèles sont établis avec d'autres œuvres semblables également. N. Tucker compare, rapproche, oppose et contraste les messages de P. Pullman avec ceux de Milton, Blake, von Kleist ou encore C.S.Lewis.

Ce qui nous emmène à la section étudiant les influences de P. Pullman. C'est la partie du livre qui m'a le plus intéressée. Celle-ci comportait majoritairement des informations que je ne connaissais pas et a vivement suscité ma curiosité. Elle permet de remplacer l'œuvre dans son contexte. On apprend qu'A la croisée des mondes est une antithèse des Mondes de Narnia de C.S.Lewis ; car bien que d'apparence très similaire (univers merveilleux, presque fantastique), les idées que chacun des auteurs véhicule sont en opposition. A de nombreuses reprises N. Tucker relève les allusions à l'église catholique apparaissant dans A la croisée des Mondes et les positions de P. Pullman qu'elles révèlent. On n'est alors pas étonné lorsque Milton et son Paradis Perdu sont explicitement mentionnés comme influences de P. Pullman. Enfin, von Kleist qui interroge sur la manipulation et le libre-arbitre, tout comme P. Pullman le fait dans ces livres. L'influence du philosophe allemand von Kleist est d'autant plus importante qu'un extrait de son essai Les Marionnettes est reproduit en annexe. Voilà une occasion de (re)lire la pensée de von Kleist.

Voilà donc un livre mi-figue mi-raisin ; une chronique en demi-teinte. La fin de ce livre est intéressante. Par ailleurs et heureusement, une lecture linéaire n'est absolument pas requise. Alors, picorez dedans et utilisez-le comme prétexte pour vous (re)plonger dans les livres de P. Pullman, qui eux sont, indéniablement formidables.

jeudi 24 septembre 2015

Behind Jane Austen's Door de Jennifer Forest

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FOREST J., Behind Jane Austen's Door, Kindle Edition, 2013
ASIN: B006YITPAS
lien vers la boutique Kindle

jeudi 23 juillet 2015

A chaque livre sa pâtisserie

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Image : Shari's Berrie

Les lecteurs sont souvent des épicuriens et apprécient les bonnes choses. Quoi de mieux qu'un excellent roman? Et pour l'accompagner, une petite pâtisserie?

Malheureusement, livre et nourriture font rarement bon ménage. En effet, rares sont les bibliothèques où il est autorisé d'y manger à l'intérieur. On aurait trop peur de tacher ou d'abîmer les précieux livres ! Heureusement qu'il existe des salons de thé/lecture. Et puis, bien douillet chez soi, on peut aussi faire ce qui nous plaît. Le seul problème persistant est que déguster avec un livre donné. Le choix de la douceur qui s'accorde au mieux à un roman n'est pas toujours facile.

Pour vous aider dans cette mission de la plus haute importance, la pâtisserie Shari's Berrie a réalisé une infographie associant des classiques de la littérature anglo-saxone avec des gâteaux représentatifs des différents ouvrages, avec à chaque fois, quelques mots d'explication. Par exemple, on découvre que Harry Potter se lit accompagné d'une bierraubeurre, Gatsby le magnifique se marie bien avec du cake au citron ou encore Sur la route est parfait avec une tarte au pommes et de la glace.

Plus une seule seconde à perdre. Choisissez un roman dans cette liste, retrouvez la pâtisserie qui lui convient le mieux et installez-vous confortablement. Que la dégustation commence !

mercredi 27 mai 2015

Georgiana Darcy et Bingley

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Darcy did intend for his sister to marry Bingley. [1]

Voilà une assertion bien audacieuse qu'on peut lire sur The Republic of Pemberley. La plupart des lecteurs idéalise Darcy et ne peut imaginer qu'il puisse arranger une telle union pour sa sœur. De plus, tout comme Lizzy, les lecteurs semblent persuadés que Mr Bingley est réellement amoureux de Jane et qu'aucune jeune femme ne lui conviendrait mieux que cette dernière. Pourtant, Jane Austen fait à plusieurs reprise allusion au couple Georgiana/Bingley au cours du roman. Il est dès lors intéressant de se demander si cet événement était sérieusement envisagé par les différents protagonistes du roman, et quel était le point de vue de chacun, en particulier celui de Darcy sur ce potentiel mariage.

La première fois que le lecteur apprend une possible alliance entre Georgiana et Bingley est dans la lettre que Caroline Bingley envoie à Jane lorsque toute la petite compagnie quitte Netherfield peu de temps après le bal. Elle écrit :

Mr Darcy is impatient to see his sister, and to confess the truth, we are scarcely less eager to meet her again. I really do not think Georgiana Darcy has her equal for beauty, elegance, and accomplishments; and the affection she inspires in Louisa and myself, is heightened into something still more interesting, from the hope we dare to entertain of her being hereafter our sister. (...) My brother admires her greatly already, he will have frequent opportunity now of seeing her on the most intimate footing, her relations all wish the connection as much as his own, and a sister's partiality is not misleading me, I think, when I call Charles most capable of engaging any woman's heart. With all these circumstances to favour an attachment and nothing to prevent it, am I wrong, my dearest Jane, in indulging the hope of an event which will secure the happiness of so many?
[PP] , chapter 21

D'après Caroline Bingley, Georgiana Darcy portera le nom des Bingley dans un futur, du moins, l'espère-t-elle (from the hope we dare to entertain of her being hereafter our sister). Cette conviction est de plus soutenue par sa soeur Louisa Hurst (Louisa and myself (…) we ...) et peut-être même par des personnes dans l'entourage de Georgiana, incluant son frère (her relations all wish …). Plus loin dans sa lettre, elle sous-entend que son frère nourrit des sentiments à l'égard de Georgiana (My brother admires her greatly) et approfondit leur relation (on the most intimate footing) ; il la courtiserait donc. Même si Caroline Bingley n'admet pas que sa position de soeur la rend partiale face à ces évènements (a sister's partiality is not misleading me), elle arrive tout au plus à faire douter Jane de la constance de Mr Bingley, mais elle ne convainc personne. En tout cas, Lizzy est bien décidée à croire qu'un mariage entre Miss Darcy et Bingley n'est qu'une chimère dans l'esprit de Caroline Bingley.

A ce stade du roman nous avons donc deux opinions sur la question qui nous préoccupe. D'une part, Caroline Bingley prétend que son frère épousera Georgiana Darcy. D'autre part, Lizzy n'y croit pas un mot et considère cela comme un pure invention (ou machination) de Caroline Bingley. Nous ignorons tout des sentiments des principaux intéressés, Georgiana Darcy et Charles Bingley. L'opinion de Darcy, bien que Caroline y fait très subtilement allusion, est elle aussi inconnue

Un peu plus loin, Jane Austen refait allusion au couple Georgiana/Bingley. L'extrait suivant se situe après la révélation du Colonel Fitzwilliam de l'implication de Darcy dans la séparation de Bingley et de Jane.

(…) and she [Lizzy] was quite decided at last, that he [Darcy] had been governed by this worst kind of pride, and partly by the wish of retaining Mr Bingley for his sister.
[PP], chapter 33

Lizzy vient d'apprendre que Darcy est intervenu pour éloigner son ami Bingley de Jane, sous le motif qu'il y avait de fortes objections à l'égard de la famille de la jeune femme ( [PP], chapitre 33). En réfléchissant aux possibles objections que Darcy pouvait bien avoir contre les Bennet, elle les trouve toutes légères. Finalement elle conclut que Darcy était gouverné par son orgueil et en partie par le désir de garder Bingley pour sa soeur. L'avis de Lizzy a donc évolué depuis la lettre de Miss Bingley. Incapable de trouver une explication plausible au comportement de Darcy, elle en vient à croire que Miss Bingley avait probablement raison, que Darcy souhaite réellement que sa soeur épouse Bingley. Pourtant, Lizzy émet ces pensées sous le coup de la colère. Ce n'est pas un raisonnement rationnel qui l'a conduite à cette conclusion. Néanmoins, elle ne rejette désormais plus cette éventualité.

A l'occasion de sa visite à Pemberley, qui accueillait aussi les Bingley, Lizzy aura l'occasion d'observer Bingley en compagnie de Geogiana. Voici ce qu'elle voit :

(…) she [Lizzy] could not be deceived as to his [Mr Bingley's] behaviour to Miss Darcy, who has been set up as a rival to Jane. No look appeared on either side that spoke of a particular regard. Nothing occurred between them[Mr Bingley and Miss Darcy] that could justify the hopes of his [Mr Bingley's] sister.
[PP], chapter 44

Ainsi, Lizzy et par le même occasion le lecteur, est rassurée. Bingley ne semble pas avoir de sentiments pour Miss Darcy, il penserait même toujours à Jane (he (…) took occasion to ask her (…) whether all her sisters were at Longbourn (…), [PP], chapter 44). Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes : Bingley n'est pas amoureux de Georgiana Darcy, Georgiana n'espère rien de la part de Bingley ; tout cela n'était qu'une chimère sortie de l'imagination de Caroline Bingley.

Pourtant, il y a cet extrait situé au chapitre suivant dans lequel Jane Austen écrit que Darcy souhaitait appeler Bingley son frère.

Not a syllable had ever reached her [Miss Bingley] of Miss Darcy's meditated elopement. To no creature had it been revealed, where secrecy was possible, except to Elizabeth; and from all Bingley's connections, her brother [Darcy] was particularly anxious to conceal it, from that very wish which Elizabeth had long ago attributed to him [Darcy], of their [the Bingleys] becoming hereafter her [Miss Darcy's] own [connections]. He [Darcy] had certainly formed such a plan, and without meaning that it should affect his [Darcy's] endeavour to separate him [Bingley] from Miss [Jane] Bennet, it is probable that it might add something to his [Darcy's] lively concern for the welfare of his friend [Bingley].
[2] ; [PP], chapter 45

Jane Austen écrit : Darcy avait certainement établi un tel plan. Si Jane Austen elle-même l'écrit, c'est que c'est sûrement vrai. Et voilà que le mythe d'un Darcy aimant sa soeur, ne voulant que son bonheur et souhaitant qu'elle aussi fasse un mariage d'amour s'effondre. Pourtant, le lecteur a tort de projeter une telle image modernisée de Darcy. Souvenez-vous de sa désastreuse demande en mariage à Hunsford et de l'importance qu'il accorde au rang. L'amour était pour lui une chose futile et éphémère que l'on doit étouffer et oublier.

Georgiana se doit de faire un mariage avantageux. En ce sens, Bingley peut être considérer comme un bon parti. Soit, la fortune des Bingley provient du commerce (les fameuses origines in trade que Miss Bingley veut à tout prix oublier). Considérons qu'à l'heure du récit, Bingley a tout de l'allure d'un gentleman (même si ce n'est que depuis une génération) ; il ne lui manque qu'un domaine et c'est pour cela qu'il loue Nertherfield. De plus, c'est un proche ami de Darcy, il a confiance en lui et sait qu'il prendra soin de sa soeur. Puis avec le désastre de Ramsgate, il est compréhensible que Darcy veille marier sa soeur pour éviter de tâcher sa réputation (la réputation de Georgiana et du nom des Darcy par la même occasion). [3]

Donc, nous vous avons montré que Jane Austen a effectivement écrit que Darcy souhaitait une union entre Bingley et sa soeur. Nous avons même apporté des éléments pour justifier la démarche de Darcy. Pourtant, la problématique n'est pas close. S'arrêter ici dans l'analyse serait oublier le génie de la plume de Jane Austen. L'ironie est omniprésente dans le livre et il ne faut pas l'oublier. S'arrêter à la première lecture d'Orgueil et Préjugés nous fait perdre des subtilités du texte.

Darcy avait certainement établi un tel plan.

D'après nous, la présence de l'adverbe certainement n'est pas anodine et sa signification est déterminante. Le premier sens de l'adverbe certainement est sans aucun doute ; mais son deuxième sens est, d'après le Larousse, probablement [LAR06]. Ainsi, il n'est pas faux d'affirmer que le premier sens de cette phrase est que Darcy avait, avec certitude, établi un tel plan. Cependant, une deuxième lecture suggère un certain degré d'incertitude. Certainement, soit probablement, soit peut-être alors. Un doute persiste. A notre sens, s'il avait été clair que Darcy souhaitât cela, il n'y aurait pas de raison que ce certainement soit présent. En effet, Jane Austen n'est pas un écrivain au style « littéraire » comme l'est un Victor Hugo, au contraire, sa narration est efficace : elle n'écrit que ce qu'il est nécessaire d'écrire, pas plus. Au contraire, la présence de ce certainement suggère subtilement que finalement, personne à part Darcy lui-même; ne savait ce qu'il projetait pour sa soeur.

Ainsi, nous sommes d'avis qu'aucun des personnages, excepté Caroline Bingley, n'avait sérieusement envisagé un mariage entre Miss Darcy et Bingley. Cette simple allusion que Miss Bingley a un jour fait a torturé inutilement les esprits de Lizzy et Jane. Elle a en outre réussi à alimenter les débats entre lecteurs d'Orgueil et Préjugés quelques deux cents ans après sa publication. Pourtant, ne lui cédons pas cette victoire. Sur cette question, Jane Austen était aussi romantique que nous, lecteurs modernes, une seule femme était destinée à Bingley : Jane

Références

Bibliographie

[PP] Jane Austen, Pride and Prejudice
Edition utilisée : Harper Collins, 2009 (en anglais)
[LAR06] Dictionnaire Le Larousse de poche - Edition 2006, Larousse, 2006
[BUR06] BURY L. SIPIERE D., … , Pride and Prejudice, le roman de Jane Austen, Editions Ellipses, 2006 (bilingue français-anglais)

Webographie

[1] Index of characters sous “Georgiana Darcy” sur The Republic of Pemberley (en anglais)
URL : http://www.pemberley.com/janeinfo/ppdrmtis.html#index3
[2] Not a syllable … , rubrique Jane Austen : Pride and Prejudice – Note on Random Topics sur The Republic of Pemberley (en anglais)
URL : http://www.pemberley.com/janeinfo/pptopics.html#notasyll
[3] Sylwia, Caroline and Darcy's Joint Wishes sur Austenette : Mending My Own Pen, 15/11/2008 (en anglais)
URL : https://austenette.wordpress.com/2008/11/15/
[4] Sylwia, Bingley and Georgiana sur Austenette : Mending My Own Pen, 14/02/2009 (en anglais)
URL : https://austenette.wordpress.com/2009/02/14/

samedi 31 janvier 2015

Orgueil et Préjugés expliqué en graphiques

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Elizabeth's and Darcy's character journeys
Création graphique : LitsVisual

Le site internet VOX a publié un article avec deux graphiques expliquant le roman Orgueil et Préjugés de Jane Austen. Le premier s'intitule Elizabeth's and Darcy's character journeys et montre l'évolution de l'orgueil d'Elizabeth et des préjugés de Mr Darcy le long du roman. Le deuxième, quant à lui, porte le titre The popularity of Mr Darcy and Elizabeth Bennet et reporte le nombre d'occurrences des noms de Mr Darcy et d'Elizabeth Bennet dans des livres britanniques au cours du siècle dernier. 

Ici, je ne vais m'intéresser qu'au premier graphique, bien que le second soit lui aussi intéressant. La raison de ce choix est telle que seul le premier graphique traite réellement de littérature. L'objet d'étude du second se rapproche plus de la sociologie couplée à des statistiques. 

Le sujet de ce premier graphique est très pertinent étant donné le roman original. En simplifiant très fortement l'intrigue, on pourrait réduire le tout au schéma suivant : les deux personnages principaux, tous les deux orgueilleux, ont initialement des préjugés infondés qu'ils doivent apprendre à surmonter pour pouvoir voir l'autre tel qu'il est réellement et être heureux ensemble. L'évolution des personnages est donc primordiale pour pouvoir arriver au dénouement final et au « happily ever after » tant attendu. D'autant plus que Jane Austen est une brillante auteure et que tous les changements au sein de nos deux personnages sont progressifs et plus ou moins subtil. Le but de ce graphique est donc de retracer l'évolution de leurs niveaux d'orgueil et de préjugés respectifs.

Interprétons ce graphique. 

Au début du roman, le niveau d'orgueil d'Elizabeth (représenté avec des points roses) est assez assez élevé mais encore acceptable (sept sur une échelle de 10, 10 étant la note la plus élevée). Alors que les premiers évènements se déroulent, son niveau d'orgueil augmente. L'élément déclencheur est sans doute la remarque qu'elle a surprise Mr Darcy dire à son ami Mr Bingley qu'elle est tolérable mais pas assez jolie pour le tenter. (She is tolerable but not handsome enough to tempt me) . Bien qu'elle prétende le contraire, cette remarque l'a énormément affectée et son orgueil en est terriblement blessé. Elle se forme immédiatement une image déplaisante de Mr Darcy. Plus les semaines passent, et plus elle se méprend sur le comportement de Mr Darcy, emmurée derrière ses préjugés. Son orgueil croit donc jusqu'à atteindre un sommet au moment de la demande en mariage de Mr Darcy à Hunsford. Insultée, elle ne peut supporter les mots blessants qu'elle entend. Son orgueil à son apogée se manifeste par les mots durs qu'elle prononce à l'égard de Mr Darcy pour lui notifier son rejet. A la lecture de la lettre explicative de Mr Darcy, son niveau d'orgueil diminue, au-delà même de son niveau initial, pour atteindre une valeur proche de zéro lorsqu'elle apprend le rôle de Mr Darcy dans le mariage de Lydia. A partir de la demande de Mr Bingley, son niveau d'orgueil réaugmente progressivement. Il atteint finalement une valeur moyenne (cinq sur dix), synonyme de mesure et inférieure à la valeur initiale.

Passons maintenant au niveau de préjugés de Mr Darcy. Contrairement à l'orgueil d'Elizabeth, cette courbe possède une allure régulière. Celle-ci ne fait que décroitre au cours du temps. Au début du roman, son niveau de préjugés est au plus haut : dix sur une échelle de dix. Mr Darcy vient des hautes sphères de la société et possède une idée très précise sur les différences de classes. Son dédain de la société du Hertfordshire se voit affirmée lorsqu'il entend les gens discuter de sa fortune à l'assemblée de Meryton. Pourtant, alors qu'il tombe progressivement amoureux d'Elizabeth, son niveau de préjugés diminue et ne cessera de diminuer jusqu'à la fin du roman où il atteint une valeur quasi nulle.

Jusqu'à présent nous nous somme contentés de décrire le graphique et d'apporter des éléments de l'histoire pour le justifier. Il est temps à présent d'être critiques car bien que ce graphique comporte des éléments en cohérence avec le roman, il contient malheureusement des erreurs et manque quelque peu de pertinence.

Ainsi, dans la chronologie (plot timeline), placée en abscisse du graphique, la demande de Mr Collins arrive avant le bal de Nertherfield. Or, quiconque a lu le livre sait pertinemment que Mr Collins demande la main d'Elizabeth le lendemain du bal de Netherfield ! Voilà une faute impardonnable de la part de l'auteur du graphique ! Lorsqu'on réalise un outil de didactique comme celui-ci et qu'on le destine à le publier sur quel que support que se soit, on se doit de vérifier l'exactitude de ses informations. Comment une erreur aussi triviale a-t-elle pu être commise? Il n'y a pas à dire, la crédibilité de ce document en prend un sacré coup !

De plus, il est dommage que le récit de Wickham ne figure pas dans la chronologie. Il me semble que cet élément du récit joue un rôle important dans l'image que se fait Elizabeth de Mr Darcy. Il est vrai qu'Elizabeth n'appréciait déjà pas Mr Darcy, avant même d'entendre les mésaventures de Mr Whickham. Néanmoins, cette fable va remforcer son mépris pour le jeune homme : elle s'en sert comme excuse (argument) pour soutenir son portrait négatif du personnage. En outre, ce n'est certainement pas anodin qu'un des deux reproches adressés à Mr Darcy lors de sa demande à Hunsford soit des accusations de son comprtement à l'égard de Wickham. 

Par ailleurs, je ne comprends pas pourquoi seuls l'orgueil d'Elizabeth et les préjugés de Mr Darcy sont représentés en ordonnée. On a l'impression que dans le titre du roman, le terme Orgueil se rapporte à Elizabeth tandis que le mot Préjugés se rapporte à Mr Darcy. Or, cela n'est pas entièrement vrai. Les deux personnages sont confrontés à l'orgueil et aux préjugés pendant tout le roman. Alors pourquoi limiter l'orgueil à Elizabeth et les préjugés à Mr Darcy? En outre, si je devais réaliser un choix aussi restreint, j'aurais opté pour le plus évident, c'est-à-dire l'inverse : l'orgueil de Mr Darcy et les préjugés d'Elizabeth. En effet, Jane Austen mentionne plus fréquemment l'orgueil de Mr Darcy que celui d'Elizabeth. Souvenez-vous, au début du roman, Elizabeth est aveuglée par les préjugés parce que Mr Darcy apparait comme un homme fier (beaucoup trop orgueilleux). De même, les préjugés d'Elizabeth sont souvent mis en évidence tandis que Mr Darcy dit qu'il espère qu'[il] ne s'autorise jamais à être aveuglé par les préjugés. ((...)never allow [my]self to be blinded by prejudice (...)).

Au final, cette "étude" n'est pas aussi intéressante qu'elle le semblait. Si vous êtes intéressés par un travail faisant des liens entre le titre du roman et son contenu, jetez plutôt un coup d'oeil à cette liste nommée  Themes of Pride and Prejudice sur The Republic of Pemberley . Bien que cela ne soit pas présenté sous forme graphique comme sur VOX et apparait moins attractif, le contenu en est beaucoup plus exact et précis. Cela se présente sous la forme d'un index reprenant tous les passages faisant référence soit à l' orgueil , soit à des préjugés .

>>liens : 
*Article et graphiques sur le site de VOX : 
 Brandon Ambrosino, Pride and Prejudice, explained in two charts, January 28, 2015

*Etude sur The Republic of Pemberley
 Links to passages illustrating the themes of Pride and Prejudice

vendredi 10 octobre 2014

Le Journal de Mr Darcy d'Amanda Grange

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 GRANGE A., Le journal de Mr Darcy, Milady Romance, 2013

En inconditionnelle Janéite, mon regard a été attiré par le titre de ce roman lors d'un passage à la libraire. Néanmoins, si j'apprécie énormément les oeuvres de Jane Austen, je suis d'autant plus critique et sévère face aux livres dérivés d'auteurs contemporains.

L'idée de base de ce roman n'est pas d'une extrème originalité. Il repose sur l'exploitation du célèbre roman "Orgueil et Préjugés" du point de vue de Darcy et consiste en un journal "intime" fictif du personnage.
Procédé qui est classique, donc, et qui réussit généralement à inciter les fans à lire cette nouvelle version d'une histoire qu'ils ont aimée. Pensons notamment à "Midnightsun" de S. Meyer qui devait être une réécriture de "Twilight" du point de vue d'Edward, cette fois-ci. L'annonce de sa réaction avait fait beaucoup de bruit à l'époque et force est de constater qu'il n'est finalement jamais sorti de presses.
Mais aussi, procédé de style qui peut être vu comme un défi littéraire de la part de l'auteur. Raconter quelque chose de connu depuis une focalisation différente, avec des détails et des nuances supplémentaires, des épisodes inédits, des surprises au détours de lignes qu'on pensait connaitre... Pour illustrer cela, prenons "La Rivière à l'envers" de Jean-Claude Mourlevat. Deux tomes, relatant la même histoire, d'abord avec Tomek comme narrateur, et puis Hannah, mais deux romans riches qui ne laissent pas place à la redite inutile et à l'ennui.
Ainsi, "Le Journal de Mr darcy" me laissait présager le meilleur comme le pire.

Première étape dans ma prise de connaissance avec le livre : les première et quatrième de couverture. Rien à dire si ce n'est qu'elles appellent surtout les fans d'"Orgueil et Préjugés", et plus particulièrement les jeunes filles réveuses et "amoureuses" du ténébreux Fitzwilliam Darcy. Mais ce n'est pas un reproche puisque j'ai été moi-même interpelée par ces couvertures.

Deuxième étape : recherche d'une préface ou d'une postface, d'un mot de l'auteur, des remerciements, une citation de Jane Austen ... quelques mots qui pourraient replacer le récit dans son contexte, témoigner de la position de l'auteur par rapport à ce dernier, ses liens avec l'oeuvre originale de Jane Austen... Mais malheureusement rien d'intéressant de ce niveau-là. Je suis évidemment déçue par l'attitude de l'auteur et/ou de l'éditeur. En effet, quand on s'appuie sur une oeuvre pré-existante pour écire un quelque chose de nouveau, même si ces romans sont libérés de droits depuis longtemps, il faudrait faire preuve d'un minimum de courtoisie et de "rendre à césar ce qui appartient à César". En effet, la plupart des auteurs de "para-littérature austennienne" commencent ou terminent leur roman avec un "merci Jane Austen", avec beaucoup d'humilité, on trouve souvent "Toutes mes excuses à Jane Austen" (La mort s'invite à Pemberley", PDJames) ou de façon plus humouristique par "Je t'aime Colin Firth" (Coup de foudre à Austenland", S.Hale). Par contre, rien malheureusement venant de A.Grange.

Troisième et ultime étape : feuilletage du livre. Est-ce un coup de malchance, je suis tombée sur l'épisode où Darcy écrit une lettre à Geogiana lors de son séjour à Netherfield et Caroline Bingley est en train de l'observer. On pouvait lire dans le roman de A. Grange :
    "-Lui écrivez-vous toujours d'aussi longues et charmantes lettres, Mr Darcy?
     - Elles sont en effet longues mais ce n'est pas à moi de juger si elles sont charmantes"
(Transcription non textuelle mais d'après ma mémoire).
Connaissant dans le détail le roman de Jane Austen, j'ai immédiatement reconnu le chapitre 10 (je ne connais pas les numéros des chapitres par coeur mais je l'ai retrouvé pour rédiger cette chronique, documentation à l'appui)
    "Caroline Bingley):But do you always write such charming long letters to her (Geogiana), Mr. Darcy?" 
    "They are generally long; but whether always charming it is not for me to determine."
    "It is a rule with me, that a person who can write a long letter with ease, cannot write ill."
Alors, pourquoi acheter un nouveau roman si c'est pour y retrouver du copier-coller de Jane Austen? Je ne supporte pas les redites car je considère que c'est prendre le lecteur pour un idiot. Et ici, tout ce que je vois, c'est un auteur en mal d'imagination qui doit plagier Jane Austen pour écrire son roman.

Non, décidément, ce roman ne mérite pas le détours.

A cela s'ajoute qu'un petit détours sur la toile et les fora spécialisés suffisent pour trouver des opposants à ce livre. Les arguments sont plutôt variés parmi ceux que j'ai pu vérifier par moi-même: style moderne, incohérent avec le personnage de Darcy (un gentleman sous l'époque de la régence), incomparable à celui de Jane Austen, pas d'originalité réelle, très gimauve et fleur-bleu ...

Bref, lecture abandonnée et aucune reprise n'est à l'ordre du jour.
Janéites qui connaissent l'oeuvre sur le bout des doigts, roman à éviter absolment.
Fans qui veulent juste passez un moment avec Mr Darcy sans plus d'exigences, pouquoi pas, à essayer...


lundi 4 août 2014

Mon père est parti à la guerre de John Boyne

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BOYNE J., Mon père est parti à la guerre, Gallimard Jeunesse, 2014

Le 4 août 1914, les troupes allemandes franchirent la frontière belge et envahirent la province de Liège, mettant fin à la neutralité de la Belgique. Ce fut le début d'un conflit qui devint mondial et qui durerait 4 ans. Aujourd'hui, 2014, cent ans plus tard, le monde entier se souvient. La Belgique, entre autre, commémore le souvenir de la Grande Guerre qui a fait de trop nombreuses victimes civiles. A côté des activités de mémoire proposées par les médias et les villes clés du conflit, nous vous proposons une lecture pour vous replonger dans le contexte de la guerre 14-18.

Mon père est parti à la guerre est un roman poignant qui décrit la Première Guerre Mondiale depuis le point de vue d'un enfant. On ressent à la fois l'innocence d'un enfant de 5 ans qui ne comprends pas encore bien les enjeux de la guerre et la sagesse d'un enfant qui a du grandir plus vite que la normale, confronté aux duretés de la guerre trop tôt.

John Boyne est l'auteur du roman best-seller Le Garçon en Pyjamas rayé. Ce livre abordait la thématique de la Seconde Guerre Mondiale, vue à travers les yeux d'un enfant. Ce roman, plébiscité par la critique internationale, a été traduit en quarante-six langues, adapté au cinéma par Mark Herman avec une distribution prestigieuse, intégré au programme scolaire dans plusieurs pays et récompensé de nombreux prix. John Boyne était donc tout bien placé pour relever le défi d'écrire un livre pour enfants sur le premier conflit mondial. C'est un roman sans sang inutile et sans souffrance atroce. Le ton est juste, pertinent et ne laisse pas indifférent ; parfois un peu plus léger, il prouve qu'on peut parler simplement de choses graves sans chercher à minimiser leur importance.

Un livre à mettre entre toutes les mains. La mémoire est un devoir. Nous nous devons de ne pas oublier les atrocités de la guerre des tranchées et transmettre notre Histoire aux générations futures.

samedi 12 juillet 2014

Nos étoiles contraires de John Green : A l'intention d'Hazel Grace à propos des infinis

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Il y a peu je suis allée au cinéma voir le film Nos étoiles contraires adaptation du roman éponyme de John Green. Cette fois-ci, je n'ai pas envie d'écrire une chronique sur ce film ou bien sur ce roman (bien que cela pourrait se faire plus tard). En fait, pendant la vision du film, une phrase prononcée par Hazel Grace m'a interpellée. Il était question d'infinis, d'infinis plus grands que d'autres. Paraphrasé cela donne : il y a une infinité de nombres entre 0 et 1, il y a aussi une infinité de nombres entre 0 et 1 000 000 mais cet infini-là est plus grand. 


Là, j'ai eu envie de crier : « Mais non, c'est faux, il y a autant de nombres entre 0 et 1 qu'entre 0 et 1 000 000 ; plus fort encore, il y a plus de nombres entre 0 et 1 que de nombres naturels ! ». J'avais toujours en tête mon cours d'algèbre linéaire. Je me souviens qu'on avait montré par l'absurde en cours que l'ensemble des réels compris dans l'intervalle [0, 1] n'est pas dénombrable ; c'est-à-dire qu'on ne peut mettre en bijection chacun des éléments réels de l'intervalle [0, 1] avec l'ensemble des naturels , soit qu'il y a plus de nombres réels compris dans l'intervalle [0, 1] que dans l'ensemble {0, 1, 2, 3, … }. Pour appuyer mes dires, voici une capture de mon syllabus de cours : 

Eric J.M.Delhez, Algèbre - Tome 2 : Mathématiques discrètes, p192, Faculté des Sciences Appliquées, Université de Liège, Version 2013-2014
 
Comme j'aime la rigueur, j'aurais préféré avoir connaissance du texte exact. Ni une ni deux, je me plonge dans le roman à la recherche de ce passage qui m'intrigue. Voici l'extrait retrouvé :

There are infinite numbers between 0 and 1. There's .1 and .12 and .112 and an infinite collection of others. Of course, there is a bigger infinite set of numbers between 0 and 2, or between 0 and a million. Some infinities are bigger than other infinities... I cannot tell you how grateful I am for our little infinity. You gave me forever within the numbered days, and I'm grateful.”
John Green, The fault in our stars, p147, Penguin, 2012

Maintenant nous sommes enfin face à la formulation exacte issue du roman. Que répondre à Hazel Grace? Oui, certains infinis sont plus grands que d'autres mais il n'y a pas plus de nombres entre 0 et 2 qu'entre 0 et 1 !

Pour ceux qui n'auraient vraiment rien compris voici une vidéo rigolote intitulée How to count infinity (extraite de la chaine Minute Physics sur YouTube) qui couvre la thématique des tailles des infinis. (Attention, ça va vite et c'est en anglais!) On commence par y expliquer ce que signifie « compter ». Ensuite, on y montre pourquoi il y a autant de nombre entre 0 et 1 qu'entre 0 et 2. La deuxième moitié de la vidéo démontre d'une façon légèrement différente que mon professeur d'algèbre qu'il y a plus de nombre entre 0 et 1 que de nombres naturel. Enfin, les courageux qui auront été attentifs jusqu'au bout pourront saisir le clin d'oeil à Hazel Grace tout à la fin. 

 

dimanche 27 avril 2014

100 livres à lire dans une vie

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 Le 27 avril est la journée mondiale du livre. A cette occasion, Amazon nous propose une liste de 100 livres à lire dans une vie. Il y a une sélection de livres en français et une de livres en anglais.

Amazon.fr : Journée mondiale du livre
Amazon.fr : Livres en anglais : 100 livres à lire dans une vie : Livres anglais et étrangers

Je trouve toujours les listes de lectures dôles à découvrir. Parmi les livres retenus certains sont déjà lu, d'autres me tentent encore bien.

A suivre ...


samedi 25 janvier 2014

La mort arrive à Pemberley de PD James

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P.D. JAMES, La mort arrive à Pemberley, Fayard 2012

Pauvre Elizabeth Darcy, née Elizabeth Bennet ! En refermant le livre Orgueil et Préjugés de Jane Austen, nous pensions tous que nous l'avions laissée entre les bonnes mains de Mr Darcy et qu'ils mènerait tous les deux une vie paisible à Pemberley. Mais il n'en n'est rien suite à l'intervention de la talentueuse PD James qui fait de l'idyllique domaine de Pemberley le cadre d'un terrible meurtre, celui du capitaine Denny. Et ce n'est pas tout, le meurtrier présumé n'est personne d'autre que George Wickham lui-même. Commence alors une longue enquête sur les terres de Pemberley, suivie du procès de Wickham. Tout cela ne manquera pas non plus de faire resurgir des fantômes du passé …

Un roman passionnant, plein de suspens et qui ne manquera pas de plaire à tous les fans de Jane Austen. Si cette intrigue policière n'est pas destinée exclusivement aux inconditionnels d'Orgueil et Préjugés, une connaissance minimum de l'oeuvre initiale, Orgueil et Préjugés est néanmoins nécessaire pour bien comprendre toutes les subtilités de ce roman et apprécier pleinement les malheureuses aventures imposées aux personnages de Jane Austen.

Le talent de PD James en tant qu'auteure de romans policier n'est plus à démontrer. On ne compte plus ses succès et le nombre de traductions qui ont été faites. Mais ce qui la distingue cette fois-ci, c'est son habilité à ses réapproprier les personnages de Jane Austen. C'est avec joie que l'on peut dire que tous les personnages rencontrés dans ce romans sont fidèles aux originaux, tant par leur psychologie, leur comportement et leur passé.

Petite surprise à la fin du roman : une mention de Harriet Smith, désormais Harriet Martin et du couple Knightley. Insérer des personnages de Emma dans un séquel de Orgueil et Préjugés est une excellente idée et ne manquera pas d'être aperçue par les lecteurs les plus attentifs.

Pour prolonger la lecture …

Pour terminer en beauté 2013, l'année fêtant le 200e anniversaire de la parution d'Orgueil et Préjugés, la BBC diffusera pour les fêtes de fin d'année une adaptation en trois épisodes de ce roman. La bande-annonce a déjà été dévoilée. Pour tout avouer, bien que l'actrice jouant Elizabeth Darcy ne ressemble pas du tout à ce que je m'imaginais en lisant le livre, je suis bien curieuse de découvrir cette mini-série.

A suivre …

Edit :

La mini-série a enfin été diffusée et peu même être visionnée sur internet. (Les épisodes se trouvent notamment sur YouTube.)

Mon verdict : Globalement une bonne adaptation qui est tournée dans le cadre prestigieux du château de Chatsworth. (Domaine qui aurait inspiré Jane Austen dans sa description de Pemberley et qui a servi aussi de décor pour la demeure des Darcy dans le film de 2005 de J. Wright). On ne se lasse pas de regarder les jardins pittoresques, les salons charmants et les longs couloirs finement décorés. Les personnages du roman le plus populaire de Jane Austen prennent vie sous nos yeux dans cette aventure mêlée d'intrigue et de suspens.

Le scénario est assez proche du roman même si certaines choses ont été malheureusement omises, mais c'est souvent une chose inévitable lors de la transposition à l'écran. D'un autre côté, d'autres aspects du romans ont été exploités plus en profondeur, ce qui nous donne un nouvel angle de lecture.
J'aimerais passer un peu plus de temps sur les personnages, et les acteurs qui les jouent, de cette mini-série car je les trouve à divers degrés intéressants, soit par leur similitude avec les originaux, soit par leur divergence par rapport à ceux-ci.

Je trouve Lydia tout simplement parfaite. Toujours aussi frivole, impulsive, égoïste et têtue. Elle ressemble en tout point à la Lydia inventée par Jane Austen.
Pour Darcy, j'avais du mal à m'y faire au début car je trouvais qu'il ne dégageait pas assez de charisme et de prestance mais finalement, M. R a réussi à me convaincre. De plus, il est si aimant et joueur lorsqu'il est avec son fils que cela confirme toutes les bons présages de ses qualités de père.
Elizabeth par contre, est un non-sens absolu. JM est décidément trop âgée pour jouer ce rôle, elle manque de répartie, pas assez taquine à mon goût et beaucoup trop pliée à l'étiquette et aux convenances, il me semble.
Geogiana est meilleure que tout ce que je pouvais espérer. Pleine de fraîcheur et d'innocence, elle n'est plus tout à fait l'enfant qu'on connaissait du roman original. C'est une jeune femme séduisante qui ne manquera pas de faire des choix importants pour elle, et avec une maturité qu'on aurait pas deviné.
Le colonel Fitzwilliam, Lord Hartlep désormais est bien différent de l'homme jovial et taquin qu'on avait rencontré à Rosings. Est-ce ses nouvelles responsabilités en temps que vicomte qui lui pèsent? Beaucoup trop taciturne à mon goût, il aurait même pu surpasser l'attitude de Darcy à Meryton pour son insociabilité et son silence trop bien gardé.
Wickham, malgré les accusations de meurtre apparaît sous un nouveau jour plutôt positif. En effet, il fait preuve de sens moral, de devoir et fait face à ses responsabilités ; valeurs qu'on aurait pas cru qu'il puisse avoir. Si les rencoeurs passées ne sont pas enterrées, Darcy et lui font néanmoins preuve d'un minimum de civisme pour que leurs réputations respectives en demeurent le plus intactes possibles.

Pour conclure, cette adaptation est beaucoup moins réussie que la célèbre série Orgueil et préjugés de 1995 réalisée elle-aussi par la BBC. La mort à Pemberley a tout de même le mérite de nous prolonger près deux siècles en arrière, en plein dans la Régence et nous narrer les aventures, aussi réalistes que ce peut, d'Elizabeth Darcy.

vendredi 1 février 2013

Le journal de Bridget Jones d'Helen Fielding

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FIELDING Helen, Le journal de Bridget Jones, Albin Michel, J'ai lu, « Pretty Comédie », 1998.

Une célibataire de trente ans qui cherche désespérément le prince charmant mais qui ne semble pas tout à fait douée pour le trouver, des complexes plein la tête et un esprit franc d'indépendance ; voilà les ingrédients de base de ce roman qui a ouvert la voie à un nouveau genre littéraire : la chick litt.

La chick-litt se définit comme un genre littéraire à destination d'un public féminin. D'ailleurs son nom vient de « chicken literature », expression anglaise qu'on pourrait traduire par « littérature de poulette ». La héroïne typique est une jeune femme célibataire en quête du prince charmant, mais contrairement aux personnages féminins des générations précédentes, celle-ci est dynamique, bourrée de petits défauts mais aussi d'énormes qualités. Egalement dotée d'un esprit féministe, chacune des lectrices aura la possibilité de s'identifier à cette jeune femme qui lui ressemble. A tout cela s'ajoute un ton léger et plein d'humour pour parfaire ce cocktail rafraichissant l'ancienne littérature à l'eau de rose qui prenait la poussière.

Nous pouvons considérer Helen Fielding comme la chef de file de ce genre nouveau. Cette romancière britannique a été largement influencée par le roman Orgueil et Préjugés de Jane AUSTEN, chef d'oeuvre de la littérature anglaise, et plus encore par sa populaire adaptation à l'écran par la chaîne de télévision BBC. Le succès de son premier roman, Le Journal de Bridget Jones, a été à l'origine d'un tout nouveau phénomène de mode pour l'époque. Le style du roman a été repris par de nombreuses romancières anglo-saxonnes, dont Sophie Kinsella pour ne citer qu'elle. Aujourd'hui la « chick-litt » s'est bien ancrée dans notre culture, le concept s'étant exporté outre-Manche et même par delà l'Atlantique et plus aucune jeune femme n'a honte de choisir ces livres « faciles » comme certains l'aiment, à tort, les qualifier.

Lors de la relecture de ce roman culte, j'ai été frappée par l'importance du roman Orgueil et Préjugés de Jane AUSTEN et plus particulièrement de son adaptation télévisée réalisée par Simon Lambton (BBC-1995), considérée par beaucoup comme la meilleure adaptation cinéma du roman. Tout le monde aura remarqué qu'un des personnages d'Helen FIELDING s'appelle Darcy (Mark). Qui oserait dire que cela est sans rapport avec l'orgueilleux Mr Darcy de mademoiselle Austen? D'autant plus que la ressemblance entre les traits de caractères décrits de ce dernier lors de sa première rencontre avec Bridget et ceux du personnage Mr Darcy original sont frappantes. Enfin, la jeune Bridget jalouserait presque Jennifer Ehle tout en fantasmant sur l'hypnotique Collin Firth. Quelles conclusions pouvons-nous en tirer si ce n'est que cette série a marqué plusieurs générations de Britanniques?

Pour moi, Le journal de Bridget Jones est un roman léger et drôle qu'on peut lire sans se prendre la tête. Il possède incontestablement une place dans nos bibliothèques et peut-être bientôt dans les anthologies puisqu'il le mérite bien. La lecture de la suite ne devra pas se faire attendre. Le second tome des aventures de Bridget Jones s'intitule L'Âge de raison, lui aussi paru chez Albin Michel. Enfin, pour les plus curieuses ou bien les plus paresseuse, n'hésitez pas à regarder le film Le Journal de Brdget Jones, une façon différente de se plonger dans l'univers unique de cette célibataire trentenaire idéaliste et maladroite.

vendredi 2 mars 2012

The Tell-Tale Heart d'Edgar Allan Poe

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Edgar Allan Poe, The Tell-Tale Heart from “ Tales of Mystery and Imagination ” (1843)


The Tell-Tale Heart is a short story written by Edgar Allan Poe. It was first published in 1843 in the collection “Tales of Mystery and Imagination”. This short story is a fantastic story, a kind of horror story with unexplainable phenomenon.

We do not know where exactly the story takes place. Only a few hints are given to the reader. However we suppose it is set in a house. It is dark night and it seems impossible to see a shadow.

The narrator is a dreadful man who is fascinating. He knows he is not absolutely “normal” but he also wonders if he is mad. He even asks that question to the reader who thinks he can decide about that. But the author, E.A.Poe does not really let him choose. He manipulates him with impunity.

The story happens because of an eye, the eye of the old man. That eye haunts the main character who cannot get it out of his mind because it reminds of a vulture's eye. Then the narrator decides to get rid of the eye to become free of his obsession.

I do like this short story because its author is a quite good magician. He creates a dark atmosphere from nothing. He plays with the words and the words play with the reader. He does not write by chance and nearly every word has a second meaning. His writing is rather obsessive. The same pictures and the same sounds are repeated. Once, twice and more, with other words or in another order. The effect on the reader is that his attention grows up. Suspense is created and the fallowing lines are impatiently waited for. But the reader never gets what he was expecting. He goes from surprise to surprise in a dark atmosphere where nothing is clear. There is a kind of Mystery on the whole story which comes from E.A.Poe's Imagination.

Finally, that is short story which is not really finished. After the last word, you can still imagine what could happen next.

samedi 4 février 2012

Le Pays de la Liberté de Ken Follet

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FOLLETT Ken, Le pays de la liberté, Editions Laffont, 1996


L'action se passe dans la société anglaise du XVIII ième siècle.
Dans ce décors typique de romance, vivent Mack et Lizzie, les deux personnages principaux. Celui-ci est mineur, condamné à la servitude ; celle-là est l'épouse d'un des fils du maître, déterminée à bousculer les moeurs et traditions.
Vous l'aurez compris, vu le genre du livre, il sera question de l'histoire d'amour de ces deux jeunes gens issus de classes sociales différentes. Arriveront-ils à atteindre le happy end tant recherché? Car bien entendu, de nombreux obstacles se dressent contre leur union. Pour trouver le bonheur, il leur faudra défier la fatalité et forcer le destin...



Ce roman avait tout pour me plaire : une histoire à l'eau de rose, sous l'Empire britannique à son apogée, des barrières sociales infranchissables, un amour presque inattendu et plus fort que tout... Pourtant, le livre refermé, il ne me reste plus rien de ma lecture à part peut-être énormément de déception.


Tout d'abord, rien qu'à travers les mots, on se rend vite compte que l'auteur vit au XXI ième siècle. En effet, le cadre n'est pas crédible, il y a des anachronismes, des événements invraisemblables, des personnages incohérents aux moeurs de l'époque...et l'énumération peut continuer sur cinq lignes ainsi. L'écrivain a commis trop de petites fautes un peu partout ; cela n'altère pas le récit en lui-même mais gâche tout simplement la lecture.

Ensuite, le découpage de l'action est presque enfantin : trois parties d'environ un tiers du livre chaque, se déroulant chacune dans un lieu déterminé par le sous-titre. L'Ecosse, Londres et la Virginie. Trois lieux où à chaque fois les deux héros s'y retrouvent par hasard. Les coïncidences sont nécessaires pour réunir deux personnes opposées, alors le lecteur ne s'en étonne pas, d'autant plus que ces rencontres auraient très bien pu arriver dans la réalité. Cependant, il est dommage que les personnages ne voyagent pas entre ces différents lieux : ils y sont, y vivent, y restent puis passent au suivant ; jamais ils retournent au précédant pour revenir et puis repartir. Ce découpage est semblable à celui d'une pièce de théâtre. Un acte, un décors ; rien de plus complexe.

Par contre, ce qui dérange, c'est cette attirance l'un envers l'autre sans justification. La société a instauré des règles pour contenir les comportements humains déplacés et dans le livre, personne ne veut les respecter. D'après moi, un livre est un divertissement mais aussi un support pour donner une leçon de vie. Est-ce ce que l'auteur cherche à nous dire? Vivez comme bon vous semble, oubliez toutes les conséquences, maudissez toute morale pour atteindre votre propre plaisir? Cela m'étonnerait fortement, et si c'était le cas, il faudrait éloigner les jeunes lecteurs de ce livre qui véhicule des valeurs contraires à la morale. Disons donc que l'auteur ici pense écrire un livre destiné à être lu, une ou plusieurs fois, mais pas plus, sans réellement s'attarder sur un « qu'est-ce que cela cache? Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire? »

Il ne faut pas avoir énormément de culture pour pouvoir apprécier ce roman qui ne peut être désigné de « littérature ». En effet, le public à qui est destiné ce livre n'est pas une élite, un lectorimat averti et critique, doté de plus d'un esprit d'analyse aiguisé ; c'est le lecteur moyen, celui qui lit pour son plaisir, sans rechercher de pistes de réflexion à travers le roman qu'il tient entre les mains. Et la langue utilisée par l'auteur le prouve ; un niveau de langue courant, pas ou peu de figures de style, pas de procédé narratif remarquable, descriptions fort limitatives ...

Il est évident que lorsqu'une personne écrit, elle met une partie d'elle-même dans ses compositions. Le plus souvent, les personnages principaux incarnent ce que cette personne aurait voulu être, un peu comme une projection de soi dans un corps fictif. Ici, les milieux sociaux d'où proviennent respectivement Lizzie et Mack indique que l'auteur du roman est un auteur masculin. Les histoires d'amour qui sont écrites ont pour rôle premier de faire rêver le lecteur, et plus généralement la lectrice. Quelle jeune fille aisée rêve d'épouser un homme sans place dans le monde? Mais quel jeune homme ouvrier ne désire pas épouser une dame? On constate alors que l'auteur du roman est psychologiquement plus proche de Mack que de Lizzie ; tandis que moi, jeune lectrice, je chercherais plutôt à m'identifier à la jeune fille roman. Pourtant rien en elle ne me rappelle moi-même.

D'autant plus que ces deux personnages ne sont pas sur le même pied d'égalité. Le véritable héros, dans le sens premier de terme, du roman est sans conteste Mack. En effet, lui seul agit contre les évènements ; il a la volonté de changer le monde, il se bat pour défendre ses idées, sans oublier qu'il est grand, beau garçon, fort ( son métier mineur n'est pas à oublier) et « intelligent » car il sait lire et écrire, ce qui n'est pas le cas de tous les hommes de sa condition. Il est de plus protégé en quelque sorte par une force divine puisqu'il s'échappe et survit à tous les malheurs rencontrés ; alors que Lizzie, elle, n'agit pas réellement sur sa vie et elle ne contrôle rien. Elle aussi rêve de liberté mais elle ne possède pas une force d'esprit assez grande pour pouvoir l'atteindre. Elle a besoin qu'on lui donne les moyens pour oser imaginer ce concept, et toujours elle hésite quant au chemin qu'elle doit emprunter.

Par ailleurs, le personnage de Mack ne m'inspire pas confiance. A la place de Lizzie je me méfierai de ce jeune homme qui n'a pas hésité à la courtiser et même aller au-delà de la simple séduction, alors qu'il savait pertinemment qu'elle était mariée, qui plus est à son « maître ». Rien que dans le livre, il a connu trois femmes différentes ; une à chaque lieu où il se rend. Sa cousine dans son village en Ecosse, une fausse prostituée à Londre, et enfin, la pauvre et fragile Lizzie en Virginie. Les deux première se sont mariées après qu'il les « a abandonnées », quant à la troisième, elle était mariée avant son entrée dans sa vie. Peut-on prévoir, qu'un jour, il l'abandonne à son tour pour une autre femme? Pire encore, pour une femme de classe moins élevée qu'elle? Si ce jour-là arrivait, elle seule pourrait se blâmer.

Enfin, ce roman ne mérite pas d'être classé dans la catégorie « romantique » car seule la différence sociale qui séparent les deux personnages principaux tout en les réunissant est un élément romantique. En effet, le récit n'est pas embelli, car il est par moment trop réaliste, et trop trivial ; notamment lorsqu'il peint des scènes de travail ou de sexe.


Pour conclure, Ken Follett a peut-être écrit un récit original et nouveau, mais en sortant de cette conformité, il ne réussit pas à plaire à tous le monde. Ce roman qui se veut différent dérange par trop de petits détails impossibles, et ses personnages peu représentatifs de la société. Le lecteur amateur de romans sentimentaux ne découvrira ni une passion magique ni une myriade d'émotions.

samedi 1 octobre 2011

Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre de Ruta Sepetys

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Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre de Ruta Sepetys
 Gallimard Jeunesse

Chronique en cours.



vendredi 15 juillet 2011

How to be an alien? de George MIKES

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Ce roman d'allure absolument pas sérieuse a la forme d'un mode d'emploi qui présente les manières, les comportements et les manies propres aux anglais.
C'est une véritable mine d'or pour comprendre nos voisins d'outre-Manche.
A lire de préférence avant un séjour au pays de la pluie et des muffins.
Mais méfiez-vous de l'humour de l'auteur!
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