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mardi 14 mars 2017

Orphée et Eurydice, Regards modernes sur un mythe antique

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Orphée ramenant Eurydice des enfers de Camille Corot

Orphée ramenant Eurydice des enfers de Camille Corot


samedi 14 février 2015

Et je danse, aussi d'Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

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Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, Et je danse, aussi, Fleuve Editions, 2015

D'une part on a Jean-Claude Mourlevat, un écrivain dont ma bibliothèque regorge de livres (L'homme à l'oreille coupée, La rivière à l'envers, Le chagrin du roi mort, Terrienne, Silhouette...). D'autre part, on a Anne-Laure Bondoux dont le dernier roman, Tant que nous sommes vivant, publié chez Gallimard Jeunesse a fait un carton. Somme toute, deux auteurs français dont le talent n'est plus à démontrer et qui ont décidé de s'associer le temps d'une aventure littéraire. Alors qu'ils écrivent habituellement des romans pour la jeunesse, le fruit de cette collaboration, Et je danse, aussi est un roman épistolaire destiné à un public « adulte ».

En fait, je n'en sais pas beaucoup plus sur ce roman. Je l'ai découvert lors d'une visite sur le site Babelio et il a immédiatement retenu mon attention étant donné l'admiration que j'ai pour l'écriture de ces deux auteurs. Il va malheureusement falloir faire preuve de patience jusqu'à la date de parution du roman pour enfin le découvrir.

CONCOURS :
Babelio et les Fleuve Editions se sont associés pour nous faire gagner 30 exemplaires du livre en avant-première et une rencontre avec les auteurs à Paris le 18 mars 2015. Pour participer: http://www.babelio.com/concours-bondoux-mourlevat

En attendant, nous devons nous contenter de la présentation de l'éditeur :

La vie nous rattrape souvent au moment où l’on s’y attend le moins. Pour Pierre-Marie, romancier à succès (mais qui n’écrit plus), la surprise arrive par la poste, sous la forme d’un mystérieux paquet expédié par une lectrice. Mais pas n’importe quelle lectrice ! Adeline Parmelan, « grande, grosse, brune », pourrait devenir son cauchemar… Au lieu de quoi, ils deviennent peu à peu indispensables l’un à l’autre. Jusqu’au moment où le paquet révèlera son contenu, et ses secrets. Ce livre va vous donner envie de chanter, d’écrire des mails à vos amis, de boire du schnaps et des tisanes, de faire le ménage dans votre vie, de pleurer, de rire, de croire aux fantômes, d’écouter le Jeu des Mille Euros, de courir après des poussins perdus, de pédaler en bord de mer ou de refaire votre terrasse. Ce livre va vous donner envie d’aimer. Et de danser, aussi !

A suivre ...

dimanche 27 avril 2014

100 livres à lire dans une vie

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 Le 27 avril est la journée mondiale du livre. A cette occasion, Amazon nous propose une liste de 100 livres à lire dans une vie. Il y a une sélection de livres en français et une de livres en anglais.

Amazon.fr : Journée mondiale du livre
Amazon.fr : Livres en anglais : 100 livres à lire dans une vie : Livres anglais et étrangers

Je trouve toujours les listes de lectures dôles à découvrir. Parmi les livres retenus certains sont déjà lu, d'autres me tentent encore bien.

A suivre ...


vendredi 11 avril 2014

La Grammaire d'après Erik Orsenna

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I - La grammaire est une chanson douce, Stock, 2001
II - Les chevaliers du subjonctif, Stock, 2004
III - La révolte des accents, Stock, 2007
IV - Et si on dansait? , Stock, 2009
V – La fabrique des mots, Stock 2013

Qui a dit que les membres de l'académie française étaient tous des vieillards qui écrivant des romans terriblement ennuyeux?
Qui a dit que les membres de l'académie française ne se préoccupent pas des jeunes générations de lecteurs?
Qui a dit que les membres de l'académie française sont des …?
Vraiment, vous n'en avez aucune idée? En tout cas, il est plus que temps de tordre le cou à ces fausses idées reçues.

Embarquez avec Erik Orsenna pour ce voyage au coeur de la langue française en cinq étapes.
L'embarquement se fera avec La grammaire est une chanson douce qui est une première prise de contact avec l'ile de la grammaire. Ce sera l'occasion de faire connaissance avec Jeanne et son frère Tom, vos compagnons tout au long de ce périple. Le deuxième partie se nomme Les chevaliers du subjonctif et permettra une excursion dans les richesses de la conjugaison. Toutes ses subtilités seront dévoilées. Les richesses et les nuances qu'apportent les différents modes et temps n'auront plus aucun secret pour vous. Vient ensuite La révolte des accents, qui rend aux accents ses lettres de noblesse si souvent négligées et oubliées par chacun. Avant-dernier arrêt au cours de cette épopée est Et si on dansait, une évasion dans le monde de la ponctuation. Enfin, toute dernière curiosité de ce tour, La fabrique des mots permettra de faire connaissance avec les acteurs les plus importants de la langue : les mots.

J'ai trouvé cette aventure amusante, fascinante et enrichissante. Elle nous fait découvrir la grammaire sous un point de vue neuf. Sous des aspects de conte pour enfants se trouvent un réel contenu grammatical. C'est didactique sans être ennuyeux ni même scolaire. Émerveillement et plaisir sont les maîtres mots et on aurait voulu avoir une institutrice aussi passionnée qu'Erik Orsenna pour nous faire comprendre toutes ses règles qu'on trouvait jadis si ennuyeuses et partager toutes les richesses de la langue française.

Ce sont des livres à conseiller à tout lecteur, des plus jeunes aux plus âgés. Même les plus jeunes qui ne savent pas encore (bien) lire apprécieront qu'un aîné leur en fasse la lecture.
Bon voyage !


« Depuis l’âge de dix ans, peut être même avant, du temps où, blotti contre ma mère, je l’écoutais passionnément me raconter des histoires, la langue française est mon amie, ma compagne quotidienne (pas toujours facile), mon refuge, ma complice. Peu à peu, elle m’a ouvert ses portes. Elle m’a confié ses secrets, elle m’a appris ses rythmes. Elle m’a donné des armes, pour mieux comprendre le monde, mieux me défendre contre ses violences et aussi pour tâcher d’aimer mieux.
Nous avons tendance à l’oublier, mais la langue française est le plus beau de nos trésors, le chef-d’oeuvre que nous avons créé ensemble depuis douze siècles. Ensemble car tous nous y avons contribué, des poètes aux bandits, des rois aux ouvriers, des fonctionnaires aux médecins, aux marins, aux paysans… La langue française est la première de nos républiques, de nos choses communes˝.
C’est dans ce trésor que j’ai voulu me promener, emmenant avec moi tous ceux qui le voulaient : les jeunes élèves de l’école primaire mais aussi leurs grands parents, les enseignants, les curieux, les amateurs.
Je vous propose plusieurs voyages : dans les douceurs de la grammaire, dans les vertiges du subjonctif, dans le piquant des accents et dans la danse de la ponctuation…Ainsi qu’un cinquième et dernier périple, au pays des personnages principaux : les mots »
Erik Orsenna

vendredi 12 avril 2013

De l'horrible danger de la lecture de Voltaire

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Voici un très chouette pamphlet écrit par Voltaire lu en cours de français.
Il est curieux de remarquer que les thèmes qu'il aborde sont toujours d'actualité aujourd'hui. Heureusement, une telle censure est  presque inexistante en France à l'heure actuelle mais des dérives de la part des politiques sont toujours à craindre. C'est ainsi que nous devons tous nous battre pour concerver notre liberté d'expression intacte.

Petite indication aux lecteurs les moins fins : l'extrait ci-dessous de Voltaire est très ironique, il ne faut certainement pas le comprendre au sens premier!

Je vous laisse le découvir.


 De l'horrible danger de la lecture de Voltaire.

Nous, Joussouf Cheribi, par la grâce de Dieu mouphti du Saint-Empire ottoman, lumière des lumières, élu entre les élus, à tous les fidèles qui ces présentes verront, sottises et bénédictions.
Comme (…) Saïd Effendi, ci-devant ambassadeur de la Sublime-Porte vers un petit état nommé Frankrom, situé entre l'Espagne et l'Italie, a rapporté parmi nous le pernicieux usage de l'imprimerie, ayant consulté sur cette nouveauté nos vénérables frères les cadis et imans de la ville impériale de Stamboul, et surtout les fakirs connus par leur zèle contre l'esprit, il a semblé bon à Mahomet et à nous de condamner, proscrire, anathématiser ladite infernale invention de l'imprimerie, pour les causes ci-dessous énoncées.
1 . Cette facilité de communiquer ses pensées tend évidemment à dissiper l'ignorance, qui est la gardienne des états bien policés.
2 . Il est à craindre que, parmi les livres apporté d'Occident, il ne s'en trouve quelques-uns sur l'agriculture et sur les moyens de perfectionner les arts mécaniques, lesquels ouvrages pourraient à la longue, ce qu'à Dieu ne plaise, réveiller le génie de nos cultivateurs et de nos manufacturiers, exciter leur industrie, augmenter leur richesse et leur inspirer un jour quelque élévation d'âme, quelque amour du bien public, sentiment absolument opposés à la sainte doctrine.
3 . Il arriverait enfin que nous aurions des livres d'histoire dégagés du merveilleux qui entretient la nation dans une heureuse stupidité. On aurait dans ces livres l'imprudence de rendre justice aux bonnes et aux mauvaises actions, et de recommander l'équité et l'amour de la patrie, ce qui est visiblement contraire aux droits de notre place.
4 . Il se pourrait, dans la suite des temps, que de misérables philosophes, sous le prétexte spécieux mais punissable, d'éclairer les hommes et de les rendre meilleurs, viendraient nous enseigner des vertus dangereuses dont le peuple ne doit jamais avoir connaissance.
5 . Ils pourraient, en augmentant le respect qu'ils ont pour Dieu, et, en impriment scandaleusement qu'il remplit tout de sa présence, diminuer le nombre de pèlerins de la Mecque, au grand détriment du salut des âmes.
6 . Il arriverait sans doute qu'à force de lire des auteurs occidentaux qui ont traité des maladies contagieuses, et de la manière de les prévenir, nous serions assez malheureux pour nous garantir de la peste, ce qui serait un attentat énorme contre les ordres de la Providence.
A ces causes et autres, pour l'édification des fidèles et pour le bine de leurs âmes, nous défendons aux pères et aux mères de ne jamais lire aucun livre, sous peine de damnation éternelle. Et, de peur que la tentation diabolique ne leur prenne de s'instruire, nous défendons aux pères et aux mères d'enseigner à lire à leurs enfants. Et, pour prévenir toute contravention à notre ordonnance, nous leur défendons expressément de penser, sous les mêmes peines ; enjoignons à tous les vrais croyants de dénoncer notre officialité quiconque aurait prononcé quatre phrases liées ensemble, desquelles on pourrait inférer un sens clair et net. Ordonnons que dans toutes les conversations on ait à se servir de termes qui ne signifient rien, selon l'ancien usage de la Sublime-Porte. (…)
Donné dans notre palais de la stupidité, la 7 de la lune Muharem, l'an 1143 de l'hégire.

VOLTAIRE, De l'horrible danger de la lecture, 1765

samedi 10 mars 2012

Moi qui n'ai pas connu les hommes de Jacqueline Harpman

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HARPMAN J. , Moi qui n'ai pas connu les hommes, Stock, 1995

« Elles sont quarante, enfermées dans une cave, sous la surveillance d'impassibles gardiens qui les nourrissent. La plus jeune -la narratrice- n'a jamais vécu ailleurs. Les autres lui transmettent le souvenir d'une vie où il y avait des maris, des enfants, des villes...
Mystérieusement libérées de leur geôle, elles entreprennent sur une terre déserte une longue errance à la recherche d'autre humain -ou d'un explication.
On a pu parler de Kafka, de Paul Auster ou de Buzzati à propos de cette oeuvre à la fois cauchemardesque et sereine, impassible et sereine. »*

Ce roman a été une véritable révélation pour un bon nombre de mes amies. Malheureusement, cela n'a pas été le cas pour moi : j'ai tourné les pages sans réellement comprendre se qui se passait, j'ai éprouvé beaucoup de peine à rentrer dans le livre.

Je n'ai, malgré toutes les difficultés rencontrées lors de ma lecture, pas abandonné ce roman. J'espérais jusqu'au bout tomber sur une chute, un événement qui changerait tout le récit, capable de le faire basculer dans un univers à la fois étonnant et passionnant.
Cependant, rien de ce qui est dévoilé à la fin du récit ne correspond à mes attentes. La fin, quelque peu bizarre et mystérieuse, laisse planer un point d'interrogation sur toute cette histoire, que j'avoue n'avoir pas totalement comprise.
Pourtant en discutant avec d'autres personnes ayant lu le livre, je me rends compte que le récit en entier n'est pas figé et n'aboutit pas à une seule explication possible. Je pense que l'auteur, Jaqueline Harpman a fait la démarche d'écrire un roman où tout n'est pas donné d'emblée au lecteur pour l'emmener à ses propres conclusions. L'ambiguïté du récit est voulue et permet plusieurs interprétations. Chacun trouvera ce qu'il pense être juste tandis que d'autres, desquels je me rapproche, chercheront une chose qui n'existe pas. Je trouve cela dommage mais étant donné qu'il s'agit probablement d'une volonté de l'auteur, je me contente de dire que ce procédé littéraire m'a déplu.
Avec du recul, je pense que ce livre est une lecture intéressante car il permet de nombreuses réflexions. Le fait que le contexte général de l'œuvre soit brumeux et laisse place à toutes les suppositions possibles ...

Peut-être que dans plusieurs années, lorsque je relirai ce roman qui la première fois m'a déplu, j'y trouverai des choses qui m'avaient échappées autrefois et que je l'apprécierai comme il le mérite car aujourd'hui, quand je m'y attarde, objectivement et rationnellement, je me rends compte que tout n'est pas ' mauvais ', bien au contraire ; Jacqueline Harpman a écrit des choses qu'elle veut dire à ses lecteurs et cela nécessite une certaine culture et maturité pour les comprendre.


* quatrième de couverture de l'édition parue chez Stock, 1995

vendredi 20 janvier 2012

Je, François Villon de Jean Teulé

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TEULE J. , Je,François Villon , Julliard, « Pocket », 2006


Analyse : L'image du poète donnée par Teulé.

Ce sujet peut être abordé et développé de différentes manière. Voici ci-dessous un angle de vue possible. Ce n'est pas le seul et ce n'est pas non plus le meilleur qui existe. Nous vous proposons juste un exemple fortement basé sur notre ressenti et expérience personnelle.


L'image que donne le roman de Jean Teulé du poète François Villon correspond d'après nous à la figure que nous nous faisons du poète en général.

Pour nous, le poète est un individu en marge de la société et qui ne se plie pas aux règles fixées, comme par exemple taire des vérités jugées trop choquantes, ne pas critiquer le pouvoir, etc. Dans le livre, François Villon est bien un homme différent des hommes ordinaires : il est religieux mais n'hésite pas à fréquenter des femmes de petite vertu, il soulève une révolution dans une université, il sème la pagaille tout seul dans la ville de Paris...

Ensuite, il est souvent dit que les poètes restent souvent incompris. De plus, beaucoup cherchent à étudier et à comprendre leur écriture. En effet, le personnage de François Villon est bien conscient que peu de personnes comprennent ce qu'il écrit. Puis, maître Guillaume aimerait savoir pourquoi son protégé écrit des poèmes ; ces deux exemples confirment bien notre image du poète.

Enfin, les poètes veulent innover et cherchent à choquer, et François Villon choque en effet la population de l'époque pour ses textes osés.

2.Résumé et Critique

François Villon est un poète français. Né d'un père pendant pendant sa naissance et d'une père condamnée à être enterrée vivante, le petit garçon est confié à un chanoine. Dès son plus jeune âge, il fait de Paris son terrain de jeu, commettant vols, délits et crimes. Durant sa courte vie, il vivra beaucoup d'expériences, rencontrer des personnes de différents milieux ; du brigand au roi de France, et il écrira une page de l'Histoire.

Nous avons aimé ce roman car il nous a dès les premières lignes plongés dans une période passée de l'Histoire. Le roman débute en 1431, nous sommes à la fin de Moyen-Age. Les descriptions ne sont particulièrement minutieuses mais elles suggèrent beaucoup d'éléments, se rapportant surtout à l'atmosphère qui s'en dégagent. En lisant ce roman, nous nous sommes imaginés suivre François Villon A travers les ruelles étroites de Paris, ville qui abritait d' innombrables bandits. Aussi, le roman commence par la description des instants suivant une exécution ; cette première page annonce déjà l'ambiance générale de tout de roman : les vies des personnages sont rythmées et menacées par les exécutions.

Ensuite, ce roman ne se veut pas être une autobiographie vigoureuse de François Villon. L'auteur, Jean Teulé, nous offre juste des images provenant de son imagination. Ainsi, ce livre n'est pas ennuyeux à lire puisqu'il n'est pas rempli de dates et d'évènements qui se succèdent sans lien apparent. Au contraire, l'auteur conserve les principales informations qu'il possède du poète pour ensuite créer son propre personnage. En effet, je doute qu'il existe un registre consignant tous les faits et méfaits commis par F. Villon. Il s'agit d'une oeuvre de fiction où les sentiments et les sensations des personnages passent avant les faits.

Enfin, ce roman comprend des extraits d'oeuvre de François Villon. Nous avons aimé les parallélismes entre les poèmes écrits et le déroulement de l'histoire. Comme exemple prenons le poème rédigé à la Grosse Margot, peu après sa rencontre avec cette dernière. Ces morcaux choisis nous permettent de découvrir ou de redécouvrir les oeuvres souvent méconnues d'une nouvelle manière originale.

vendredi 2 décembre 2011

La Bête Humaine d'Emile Zola

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ZOLA E. , La bête humaine
Edition utilisée: ZOLA Emile, La bête humaine, Fasquelle, 1976

Mon cher monsieur ZOLA, auriez-vous pu imaginer, même dans vos rêves les plus fantasques, lorsque vous avez entrepris d'écrire votre série Les Rougon-Maquart 'Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire' que près de cent cinquante ans plus tard, votre œuvre serait présente dans tous les programmes scolaires, après avoir été pendant des années censurée ?
Que pouvez-vous ressentir en constatant qu'aujourd'hui votre œuvre est considérée comme un monument de la littérature française? Joie, satisfaction ou tout simplement fierté ? Peut-être étiez-vous quelqu'un d'humble et modeste, que cette nouvelle ne vous apporte rien de plus que le bonheur de faire partager votre conception du monde et de l'art.


Dix-septième volume de la série des Rougon-Maquart, La Bête humaine qui traite de la folie meurtrière est le livre que nous avons eu le bonheur de lire pour notre examen de français. Alors, que dire de celui-ci se ce n'est que l'idée fondamentale de ZOLA était intéressante ; les liens familiaux entre les différents personnages nous fascinent, d'autant plus que chacun réapparaissent après dans un livre. La généalogie ne nous est pas donné d'emblée. A nous, lecteurs, d'entreprendre un travail de fin détective afin de tout reconstituer. Attention néanmoins aux plus paresseux qui préférerons faire confiance aux multiples ouvrages publiés traitant des romans de ZOLA.

Cependant, le roman est long, long. Cela peut paraître ironique de la part d'une lectrice capable d'engloutir des briques avec une facilité presque déconcertante. Et pourtant, vitesse moyenne de lecture avoisinant une page par minute. Un record absolu de lenteur pour un roman de notre part. Jamais nous n'avions mis autant de temps pour finir un roman. Comment expliquer cet étrange phénomène dont nous avons été victimes?

Premièrement, les descriptions sont minutieuses. Tout, pas le moindre détail n'est délaissé par la plume attentive de ZOLA et des pages entières sont consacrées aux intérieurs et aux caractères particuliers des personnages. Si ce procédé a pour avantage de reposer le cerveau du lecteur, par contre il lui demande de l'énergie et du courage pour ne pas vulgairement sauter ces passages qui n'apportent à première vue rien de nouveau au récit. Pourtant ces longues descriptions ne sont pas aussi inutiles que nous pourrions le croire puisqu'elles renferment les critiques de l'écrivain sur chacun des bonshommes composant la société. Ainsi donc les paresseux perdent une partie importante du roman en lisant pas ces lignes supplémentaires, mais qui n'a pas baillé et compté le nombre de pages qui le séparaient de chaque chapitre?

Deuxièmement, l'histoire manque cruellement d'action. Il n'y en existe qu'une seule : une sorte de course-poursuite vers la fin du roman, mais il s'agit du seul exemple où ça bouge que nous avons relevé. La vie au XIX ième siècle était-elle si calme et reposée et les rares rebondissements étaient-ils aussi exempts de vie? Nous pouvons supposer que le mode de vie à cette époque était différent que celui d'aujourd'hui et que ce roman est un témoin d'une période historique. Néanmoins, en y réfléchissant, nous pouvons nous rendre compte que le besoin de mobilité et d'action est une attitude typique du XXI ième siècle. En effet, notre société devient surstressée, nous n'avons plus le temps pour ne rien faire et surtout, nous voulons tout tout de suite. Plus personne ne se souvient du plaisir de savourer dans le calme un bon roman. Voilà pourquoi le roman de ZOLA dégage un tel ennui; les jeunes lecteurs impatients ne supportent pas l'attente que leur impose l'auteur.

Pour conclure, La Bête humaine est un livre qui mérite d'être lu, bien que nous ne le recommanderions pas à nos amis de notre âge. Cette lecture s'adresse plutôt à des lecteurs avertis et entrainés qui pourront apprécier toutes les subtilités qu'apporte ce roman. Il existe un âge pour tout et malheureusement les programmes scolaires n'en tiennent pas toujours compte. Pour nous, sans mauvais jeu de mots, ce roman de ZOLA, plus qu'il ne le devrait, assomme tous ses courageux lecteurs.

samedi 19 novembre 2011

Quinze ans après d'Alexandre Jardin

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JARDIN Alexandre, Quinze ans après, Grasset, 2009










Alexandre et Fanfan se sont aimés. Passionnément, au-delà même du raisonnable. Pourtant, quinze ans après... Que sont-ils devenus ? Qu'est-ce qui les a menés là où ils sont, au milieu de nul part dans leur vie affective?
Le temps d'une centaine de pages, le roman nous transporte de nouveau au cœur d'une histoire d'amour extraordinaire.

Fanfan a changé. Elle vend désormais du rêve : des robes de mariée.
Divorcée, elle ne cherche plus le bonheur car elle est persuadée qu'il l'a abandonnée. Elle avait quitté Alexandre parce qu'elle ne pouvait envisager un avenir avec lui. Aujourd'hui, seules les allées et venues de sa voisine et soi-disant meilleure amie rythment ses journées.

Alexandre, lui aussi, a changé. Oubliés tous ses rêves et tous ses idéaux sur la vie amoureuse.
Il ne s'est jamais remis de la rupture avec Fanfan. Inlassablement, il reproduit chaque année le même manège en espérant qu'elle lui reviendra. Son nouvel objectif : reconquérir le cœur de Fanfan.

Pour y parvenir, Alexandre utilisera encore et toujours sa créativité et son imagination, pour qu'amour ne rime plus avec toujours mais tous les jours. Il n'est plus aussi naïf qu'à l'époque. Cependant, toutes ces années de réflexion lui ont appris une chose : il ne peut s'empêcher d'aimer Fanfan.

Cette fois, Alexandre Jardin de plait à devenir Alexandre Crusoé. Il intègre au livre des évènements qui se sont déroulés à la suite du premier roman : adaptation au théâtre, au cinéma, projet d'écriture d'un suite … L'utilisation du même prénom que le sien ainsi que la narration à la première personne confondent personnage et auteur. Alexandre et Alexandre sont-ils semblables ? Partagent-ils les mêmes valeurs ? Une chose est sûre : ils jouent à être l'un et l'autre.

L'histoire d'Alexandre et de Fanfan n'est pas un conte de fées. Même si la fin laisse suggérer une suite heureuse, nous ne savons pas ce qu'en a décidé l'auteur, car après tout le premier laissait pensait aussi penser à un dénouement magique. Fanfan est une femme idéalisée, mais que se passera-t-il à long terme?
Après la surprise de la publication de cette suite, Quinze ans après, le lecteur peut s'imaginer une suite aussi surprenante que celle-ci.

Retrouver des personnages qu'on avait aimés est toujours une joie. Ces êtres de fictions sont immortels mais les voir revivre à nouveau apporte énormément d'émotions. Ici, le début se déroulait il y assez longtemps, et pourtant comme les personnages, les lecteurs se souviennent encore de tout.

Quinze ans après est bien la suite de Fanfan, toujours aussi malicieux, plein de tendresse et de belles idées.


vendredi 4 novembre 2011

Bel Ami de Guy de Maupassanr

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Voici qu'a débuté depuis quelques semaines déjà une nouvelle année scolaire. Cette année est placée sous le signe de la nouveauté. Nouvelle classe, nouveau cours de français avec une toute nouvelle prof qui a de nouvelles méthodes d'enseignement. Si par moments, je regrette quelque peu mon génialissime professeur de français de l'année précédente, j'essaie de positiver et de trouver tous les points intéressants du cours de cette année.
La première lecture imposée de cette année qui débute est Bel Ami de Maupassant. Ce livre a été envisagé dans le cadre de la première partie du cours consacré au mouvement réaliste. La question qui a été introduite en même temps que cette lecture est si l'écrivain réaliste se contentait bien de reproduire fidèlement la réalité et s'il parvenait à rester toujours objectif. Dans un second temps, cette autre question a été traitée : Les réalistes sont-ils des illusionnistes? Lors du travail d'application final sur le parcours réaliste, nous étions amenés à répondre à ses diverses questions à l'aide des outils et exemples mis en évidence pendant le cours. Au final, nous nous sommes rendus compte que les réponses à ces questions se rejoignaient.
Ce n'était pas la tâche-problème proposée dans le cadre du cours, cependant nous allons essayer de proposer ici une brève analyse de l'œuvre de Maupassant citée ci-dessus ainsi qu'une partie de réponse possible aux problématiques posées à l'aide d'éléments du roman uniquement.
La littérature nous passionne et nous nous y adonnons comme loisir durant nos temps-libres. Cette analyse peut être vue comme un défi que nous allons tenter de relever. Nous ne pourront confirmer l'exactitude de tous nos propos étant donné qu'aucun professeur ne corrigera ce texte. Néanmoins, ayant déjà traité du sujet d'une autre manière, nous pouvons vous rassurer que toutes les pites de réflexion possèdent un minimum de fondement.

OoO

Nous pouvons aisément affirmer que les réalistes ne reproduisent pas fidèlement la réalité mais qu'ils en donnent plutôt une illusion du réel. En effet la vie est terriblement complexe, un enchevêtrement d'évènements se suivant l'un après l'autre selon des relations de causes à conséquences, et même des fois sans justification rationnelle. Ainsi il est extrêmement difficile de tout rapporter, chaque détail, chaque fait et chaque personnage. Nous pouvons aller jusqu'à dire qu'il en est impossible. Quel écrivain aurait tout le temps nécessaire pour coucher tout sur le papier? Quelle quantité d'encre et de papier aurait-il besoin? Ce n'est en fait qu'un rêve démesuré, une folie irréalisable.
Et puis, s'il parvenait à peindre la réalité telle quelle dans ses romans, l'auteur ne serait sûrement pas compris. Le lecteur devrait faire la démarche de trier toutes les informations qui lui sont données, de les classer et de sélectionner et de conserver les plus pertinentes. Seulement, ce n'est pas le travail qu'on attend généralement d'un lecteur, ni ce que l'auteur d'un roman veut lui offrir. La réalité est trop confuse ; elle n'est qu'un méli-mélo d'évènements.
Voilà pourquoi Maupassant n'est qu'un illusionniste. Il crée un univers qui ressemble à la réalité, mais cet univers n'est pas vrai. Il met en scène un monde fictif d'une manière telle que le lecteur croit qu'il est réel. Il doit bien tromper celui-ci pour dire que son roman est réussi. De même Maupassant lui-même ne dément pas jouer avec le lecteur, il analyse même l'attitude des réalistes dans ses romans et notamment dans la préface. C'est lui qui les qualifie d'illusionnistes. Mais est-ce parce qu'il se réclame tel qu'il en est un? Nous avons essayé ci-dessus de comprendre cette démarcher de créer une illusion : simplifier le roman, sélectionner les informations et créer une atmosphère encore plus vraie que la réalité ; trouvons maintenant des exemples tirés de Bel Ami qui nous permettraient d'illustrer tous ces concepts qui restent pour l'instant quelque peu flous.
(...)

OoO

L'image que je donne du roman Bel Ami de Maupassant peu être perçue comme quelque peu poussiéreuse et scolaire. Mais est-ce effectivement le cas? Que puis-je dire à un jeune adulte qui hésiterait à le lire?
Si beaucoup d'étudiants le déconseilleraient parce que cette lecture les a torturés, ennuyés et volé énormément de leur temps, d'autres par contre en ont retenu une très bonne impression. Bien entendu, les lectures scolaires laissent des traces indélébiles dans nos esprits. Et pourtant il faut savoir passer outre ses premières émotions, peu rationnelles et démesurées.
Bel Ami est un roman qui peut parfaitement être apprécié pour sa qualité de livre loisir. Après l'avoir analysé minutieusement en classe, avons-nous tenté de mettre des mots sur ce que nous avons ressenti en le lisant? Et cela est bien dommage. La façon dont certains professeurs imposent leurs romans en gâche leur goût et leur saveur authentique.
Ce que nous avons aimé avoir trouvé dans Bel Ami, c'est un Paris du XIX ième siècle, là où pour être quelqu'un il faut avoir des recommandations et des fréquentations dans le monde. L'étude du comportement humain est toujours fascinante. Bien que Maupassant n'en réalise pas une étude scientifique vigoureuses, les pistes qu'il apporte nous interpellent et dénoncent directement les vices de l'homme.
Ensuite, les personnages sont attachants. Ils semblent avoir été mis en scène uniquement pour notre plaisir. Tous sont des marionnettes manipulées par l'auteur qu'il est amusant de voir mouvoir.
Enfin, lire Bel Ami, c'est comme plonger sa tête dans une époque lointaine et toujours d'actualité. Bien que le temps a passé depuis le jour où Maupassant a écrit ce roman, la société qu'il critique existe bel et bien toujours aujourd'hui. Feuilleter les pages en fermant les yeux pour essayer de sentir l'odeur de l'humanité, n'est-ce pas merveilleux?

samedi 22 octobre 2011

L'Homme qui valait 35 milliards de Nicolas Ancion

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ANCION Nicolas, L'homme qui valait 35 milliards, Luc Pire, '' Le grand miroir '', 2009

Une fois de plus, Nicolas Ancion, l'auteur de ce roman nous prouve qu'un auteur belge a sa place dans la «littérature française», désormais plus uniquement réservée aux seuls français. Belge ou Français nous parlons la même langue, avec certes de légères différences, mais nous la chérissons et en prenons autant soin.
L'homme qui valait 35 milliards a été récompensé de plusieurs prix littéraires dont le Prix des Lycéens en 2009. En effet, ce livre est remarquable car il est à la fois si réaliste et si improbable. Comment est-ce possible ? Seul le talent de Nicolas Ancion le sait.

Un avertissement nous prévient avant que nous ne commencions la lecture.
« Parfois, on aimerait que les histoires qu'on invente ne soient pas de pures fictions. Mais ce livre est un roman : les personnages et leurs actions sont entièrement imaginaires. S'ils évoquent chez les lecteurs des personnages existant ou ayant existé, ce n'est que pure coïncidence.
Bonne lecture »
Nous aurions pu croire qu'il s'agit de simples phrases remplaçant le traditionnel « cette œuvre est une fiction. Toute ressemblance avec la réalité ne serait que fortuite », mais c'est sûrement plus que cela ; probablement un aveu de la part de l'auteur qui rêve que son ouvrage soit réel ou alors un rappel aux lecteurs que le monde extérieur n'est pas un roman qui peut être écrit. Quoi qu'il en soit, cet avertissement, outre sont rôle d'avertir, manifeste la position de l'auteur vis-à-vis de son livre et propose un angle de vue pour prendre connaissance des pages qui vont suivre.

Comme toujours, Nicolas Ancion se distingue par ses portraits de personnages complets et très détaillés. Alors que nous ne connaissions aucun d'entre-eux avant d'avoir ouvert le livre si ce n'était que de nom (ex : M. Mittal), nous avons le sentiment, au fil des pages tournées, de faire un bout de chemin avec eux, de partager leurs vies et même d'être leur ami. Nous reconnaissons en ces derniers des personnages types que nous avons certainement déjà eu l'occasion de rencontrer. Mais ils ne vont pas rester des caricatures d'êtres humains. Ils vont prudemment et lentement s'éloigner de leur moule original pour devenir des personnages uniques possédant leur propre caractère. Et nous apprenons leurs psychologies à l'aide de simples mots assemblés en phrases par l'auteur. Alors que d'autres utilisent pour diverses raisons la suggestion et le sens de déduction du lecteur, Nicolas Ancion ne nous demande pas d'imaginer des personnages qui n'existent pas : il nous les présente, tout simplement.
La plupart des actions et de nombreuses courses-poursuites ont lieu dans les rues de Liège. A l'inverse des guides touristiques qui ne montrent que les beaux quartiers de la ville, ce livre nous donne l'opportunité de voir cette ville autrement. Les quartiers ouvriers, les usines, métallurgies, petits commerces... Que vous soyer Liégeois ou que vous ayez déjà visité la ville, vous ne la verrez plus comme avant. Lire c'est suivre les personnages dans les petites ruelles de la ville moyenâgeuse et marcher à leurs côté sur les routes à petits pavés carrés.

Bien que ce livre n'est pas à classer dans la catégorie humour, il n'en reste pas moins léger, drôle et pétillant. Sans en avoir l'air, il se moque aussi bien des grands patrons et du capitalisme que des petits ouvriers et du socialisme. Tout le monde peut se sentir visé comme personne ne peut l'être. Des situations absurdes et des évènements improbables, des personnages naïfs et pas fort intelligents ; ce sont autant d'exemples de situations comiques présentes dans le roman.


L'homme qui valait 35 millards est un véritable miroir. Penchez-vous dessus et regardez ce que vous voyez. Pas de simples héros de papier coincés et figés par de l'encre. Pas d'ordinaires places et péripéties. Pas un roman comme tant d'autres. Non, vous, votre vie, vos rêves et vos craintes. Qui que vous soyez, riche ou pauvre, jeune ou vieux, vous vous retrouverez dans ce livre extraordinaire.
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lundi 22 août 2011

Le roman de Tristan et Iseut de Joseph Bédier

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BEDIER J., Le Roman de Tristan et Iseut

Edition lue : Gallimard, « Folio Plus Classiques », 2009


Un jour, deux hirondelles apportent au roi Marc un cheveu d'or et celui-ci déclare qu'il épousera la jeune fille à qui il appartient. Son neveu, Tristan, part alors conquérir Iseut la Blonde. Cependant, sur le chemin du retour, ils boivent par erreur un philtre d'amour et tombent éperdument amoureux l'un de l'autre.



Des légendes, j'en suis nourrie depuis toute petite. Des légendes, maintenant que j'ai grandi, je remarque que je ne peux pas m'en passer car elles guident ma vie par de précieux conseils. Et Le Roman de Tristan et Iseut, fait partie de celles qu'on ne peux oublier.

J'ai toujours été passionnée par les récits merveilleux peuplés de princesses, de dragons, de géants et de toutes sortes de créatures imaginaires. Ce livre contient justement tous ces éléments. Une fois plongée dans cet univers médiéval, il m'était impossible de m'en ressortir.

Par contre, je n'ai pas aimé le personnage de Tristan. Ce dernier est parfait et il ne possède aucun défaut. Représentant l'homme idéal de l'époque, tous ses faits et gestes sont prévisibles et dictent au lecteur l'attitude qu'il devrait avoir dans une situation similaire.

« Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants » est une phrase que je n'aime pas rencontrer à la fin d'un récit sauf lorsque les héros ont vécu d'épouvantes aventures et le méritent. Dans ce livre, la mort des deux amants est la meilleure fin possible. Cette mort témoigne de la force de l'amour des deux personnages principaux ; rien n'est assez puissant pour les séparer, même après la mort, Tristan et Iseut restent unis.

 J'ai été ensorcelée par ce roman. Même si certains aspects du livre m'ont déplu, j'ai avant tout redécouvert une légende que je croyais connaître. Par son talent et sa simplicité, Joseph Bédier m'a appris qu'une « belle histoire » ne dépend pas uniquement sur l'intrigue mais surtout du narrateur qui doit savoir captiver le lecteur.


mardi 21 juin 2011

Hygiène de l'assassin d'Amélie Nothomb

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NOTHOMB Amélie, Hygiène de l'assassin, Albin Michel, 1992


Hygiène de l'assassin d'Amélie Nothomb est le livre que j'ai choisi comme dernière lecture de l'année scolaire. Il est étonnant de constater que les professeurs de francais, en général, ne supportent pas cette écrivaine belge mondialement connue. Surprenamment, mon professeur m'a conseillé de lire ce roman, le tout premier de cette auteure, qu'elle (mon professeur) trouvait intéressant. Voici alors le commentaire critique que j'ai rédigé sur ce roman, lequel j'ai rendu en fin avril. En comparant ce travail avec mon tout premier : La Place d'Annie Ernaux, je m'étonne moi-même de mon évolution en matière d'analyse. Bien sûr, mes efforts ont été récompensés : 28/30. Pourtant, je reste convaincue que mon professeur a été trop généreuse avec moi. La forme, la syntaxe et le style pourraient être améliorés, tout comme beaucoup de passages mériteraient d'être reformuler pour rendre le texte plus attrayant et plus agréable à la lecture. Malheureusement, le temps était une fois de plus contre moi. Cinq heures de cours pour relever les différents éléments, les analyser puis rédiger un beau commentaire, je trouve que c'est un peu court.
Merci super professeur pour m'avoir appris à aborder une oeuvre de manière critique, pour toute la patience dont elle a eut besoin et pour tous les précieux temps supplémentaires qu'elle m'a accordés.




Hygiène de l'assassin d'Amélie Nothomb est un roman absolument drôle. Ce ne sont pas les gestes des personnages qui font rire le lecteur, mais bien les mots utilisés, soigneusement choisis pas l'auteure qui a dû s'amuser encore plus que le lecteur en écrivant ce roman.
La description du personnage principal, Prétextat Tach fait sourire car cet homme est la pire personne qui puisse exister : elle est à la fois horrible, sans coeur et fait peur. Un tel excès de défauts n'est pas pris au sérieux.

En plus de divertir, ce livre pose sans cesse des questions sur le rôle des journalistes, leur utilité, leurs buts et leur influence dans le pays dans lequel nous vivons.



L'histoire est racontée à la troisième personne par un narrateur extérieur au récit, c'est donc un auteur-narrateur.
La focalisation est externe, le lecteur n'a pas accès aux pensées des personnages. Ce choix est judicieux car si le lecteur connaissait tout ce qu'il y avait dans la tête de monsieur Tach, il pourrait prendre peur et être encore plus dégoûté par ce personnage obèse et risquerait de ne pas poursuivre sa lecture.

Le registre de langue soutenu employé par Prétextat Tach au début du livre tient lieu de présentation : cet homme a reçu un prix Nobel de littérature et son niveau de langue le prouve.
Par contre, pour montrer la position inférieure des journalistes, Amélie Nothomb utilise un langage moins littéraire sans pour autant courant, car ces personnages font partie des médias et savent en principe utiliser les mots. Cependant, au fils des pages, monsieur Tach soigne de moins en moins son vocabulaire, jusqu'à parler vulgairement, comme pour montrer son agacement face à des personnes qui ne présentent pour lui aucun intérêt.

Ce livre n'est pas divisé en chapitres; cinq parties distinctes sont néanmoins remarquables, chacune rapportant un entretient avec un journaliste, sauf la première qui contient un présentation du personnage principal.
Ce livre pourrait aussi être comparé à un pièce de théâtre étant donné l'abondance de dialogues.
Il n'y a presque pas de narration, augmentant ainsi la vraisemblance du récit et donnant au lecteur un impression de proximité.

La chronologie est respectée bien que le récit de l'enfance merveilleuse de Prétextat puisse être considéré comme une rétrospection. Ce récit dans le récit plonge le lecteur dans une vie qu'il n'aurait jamais pu imaginé. Il aperçoit Prétextat Tach d'une nouvelle façon; cet homme qui prétendait n'avoir jamais été enfant avait la plus heureuse possible.

Le roman contient quelques comparaisons, qui sont surprenantes et qui permettent d'imager les propos. La majorité est dite par l'écrivain, comme par exemple « sauter sur l'occasion comme un rapace »



Ce roman soulève de nombreux problèmes qui concernent tout particulièrement nos sociétés occidentales.

Premièrement, de nombreux journalistes sollicitent un entretient avec le pris Nobel de littérature une fois que celui-là a annoncé sa mort prochaine. Alors qu'il n'était qu'un écrivain parmi d'autres, il est devenu un des plus connus. Nous ne commençons à nous intéresser de quelqu'un uniquement lorsqu'il est mort ou sur le point de mourir. Les plus grands artistes n'ont été reconnus très souvent qu'à titre posthume..Pourquoi? Dans le cas de ce roman, nous avons peur de laisser s'échapper une chance de connaître une personne remarquable. Mais l'artiste souffre du fait qu'il n'est pas compris. Des années plus tard seulement, quelqu'un reconnaîtra ce talent que ceux de son époque n'avaient pas reconnus.

Deuxièmement, l'homme se sédentarise de plus en plus. Tout comme monsieur Tach, il ne marche plus et préfère le fauteuil roulant, l'ascenseur ou la voiture.

Troisièmement, est-il correct de donner de l'argent à des oeuvres de charité simplement pour donner une bonne image de soi? Car contrairement à celui qui donne avec son coeur, celui-là ne le fait pas pour aider mais pour son propre intérêt.

Quatrièmement, ce roman dénonce l'omniprésence de la publicité dans notre monde. Monsieur Tach arrive à ne regarder que des publicités pendant toute un soirée. Nous ne nous rendons pas compte que nous sommes inondés par la publicité. Elle est partout, même là où nous n'y avons pensé: dans les livres, les films...

Cinquièmement, ce livre critique les personnes qui veulent à tout prix donner un sens à leur vie. Le journaliste qui a demandé à monsieur Tach la raison pour laquelle il écrivait n'a pas obtenu la réponse qu'il souhaitait car nous n'avons pas besoin de connaître la signification d'une chose pour la réaliser. Il peut exister une explication, nous pouvons en être conscient, mais parfois non. Ceux qui vivent heureux sont ceux qui se posent le moins de questions. Pourquoi s'amuser à créer de nouveaux problèmes alors qu'il y en a en suffisance dans une vie? C'est une maladie de vouloir tour expliquer; vivons notre vie sans nous demander à quoi cela va servir.

Ensuite Prétextat Tach a montré dans le livre qu'il existait de nombreuses façons de s'excuser, de la simple courtoisie aux excuses sincères en passant par celles que nous ne pensons pas. Las excuses sont une chose précieuse, qui ne coûtent presque rien et qui rend tout le monde de bonne humeur. Ce sont de simples mots qu'il faut la plupart du temps nous arracher de la bouche.

Ensuite, la vision du personnage principal de l'adolescence correspond à celle de presque toutes les cultures: comme un chose malsaine, alors que cette transformation de l'être humain pourrait être comparée à la métamorphose d'une larve en papillon. Il est vrai que cette période apporte ces tracas (règles, acné...) et laisse derrière elle l'enfance mais elle nous permet d'évoluer et de devenir adulte.

Enfin, il faut se méfier des apparences. Entre ce qu'un personne paraît et ce qu'elle est réellement existe une grande différence : Prétextat Tach en est une illustration. Sous la carapace d'un misanthrope placide et cruel se cache en effet un homme fragile, mort le jour où il a tué sa cousine qu'il aimait.



En effet, Prétextat Tach apparaît comme un monstre obèse qui prend plaisir à destabliser ceux qui l'entourent. Susceptible, il s'offusque pour un rien et ne veut surtout pas qu'on voit à travers lui. Il choque ceus qui l'écoutent en déclarant être un génie et gentil. Seulement, il est découvert peu à peu grâce aux questions de Nina, la journaliste. Bien qu'il soit misogyne, il trouve cette dernière beaucoup plus intéressante que ses homologues. Des facettes de sa personnalité sont dévoilées jusqu'à la dernière page. Cet homme surprend le lecteur qui ne sait plus que penser de lui. Il était amoureux de sa cousine et ne recherchait que son bien. Il était persuadé que ses gestes étaient justes. Peut-on reprocher à quelqu'un ses faits alors qu'il était convaincu d'avoir raison? D'un autre côté, il a tué une personne qui ne le méritait pas. Son caractère complexe ne rentre dans aucun moule prédéfini : il n'est ni un héros, ni une victime. Juste Prétextat Tach.



Pour conclure, Hygiène de l'assassin est un roman que j'ai fort apprécié car en plus d'être le reflet du monde dans lequel nous vivons, il a une forme originale. C'est le premier livre que je lis composé essentiellement de dialogues. De plus, dans cette imitation de pièce de théâtre, Amélie Nothomb fait réciter du Molière à ses personnages. Monsieur Tach dit à un des journalistes : « Belle marquise, vos yeux me font souffrir d'amour ».


ERNAUX Annie, La Place

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ERNAUX Annie, La Place, Gallimard, "Folio Plus Classiques"

J'ai choisi La Place d'Annie Ernaux pour mon premier article car la critique qui suit est la première critique que j'ai rédigée sur un livre. Ce livre était la première lecture imposée du cours de francais de quatrième année. Il a d'abord été analysé par petits groupes, ensuite il a été commenté collectivement avec l'aide mon professeur qui nous a aiguillés pour ce premier travail de l'année. Enfin, nous avons dû rendre chacun un commentaire critique en développant trois critères différents.
Ne soyez pas trop sévères sur cette critique qui vous l'aurez compris est ma toute première. Aussi, ce livre scolaire ne vous intéresse peut-être pas mais il servira de base à mes prochaines publications, permettant ainsi de pouvoir observer une évolution dans ma manière d'aborder un livre.
Et puis dernière information : j'ai obtenu un 23/30 pour ce travail rendu fin octobre 2010.



Ce livre, La Place, d'Annie Ernaux est particulièrement riche en émotions. J'ai surout été touchée par la description que l'auteure-narratrice écrit de sa relation avec son père : au départ, aimée comme une petite fille, puis cette distance s'installant peu à peu à l'adolescence.
Un passage m'a tout particulièrement marquée : Annie Ernaux et ses parents prenant leurs repas en silence. J'ai tout de suite vu cette scène dans ma tête : le père qui ne pense pas être autorisé à prendre la parole, la fille qui a du mal à parler de sa nouvelle vie et la mère qui se retrouve au milieu. Il reste encore d'autres épisodes qui m'ont boulversée mais celui-là est celui qui m'apparait en premier lorsqu'on me dit : « La Place ».
Cependant, le style d'écriture m'a déplu. Cette écriture sobre, simple, sans fioriture ne m 'a pas encouragée à poursuivre la lecture de ce roman et je ne l'aurais sûrement pas terminé s'il ne m'avait pas été imposé.



Un des thèmes de ce livre est le deuil. Annie Ernaux nous décrit les coutumes et les comportements de toute un classe sociale face à la mort. Les gens qui plaisantaient, le mort qui reste à la maison, la veuve qui continue à travailler... Elle nous parle aussi de son propre deuil. La mort de son père lui fait prendre conscience de la distance de classes sociales qui les séparait et elle se rend compte qu'il est trop tard pour combler ce fossé. Elle nous explique pourquoi elle écrit ce roman : « pour expliquer tout cela ». « Cela » est la différence de classes sociales, bien sûr, mais aussi l'amour qu'elle éprouvait à l'égard de son père car malgré le fait qu'il se tenait de plus en plus éloigné de sa fille, il demeurait entre eux un lien indescriptible.

Ce livre aborde aussi l'ascension sociale et ses difficultés. Le père de la narratrice, tout comme son grand-père travaillait dans une ferme. Il est devenu ensuite ouvrier, puis mi-ouvrier mi-commerçant, et enfin commerçant. Les difficulté pour accéder à cette place et la garder sont racontées avec précision : les mois d'économie, les clients qui ne paient pas, les frères et soeurs à qui il ne parlait plus après les avoir inondé de cadeaux pour leur prouver qu'il avait les moyens... Le père a donc grimpé les échelons de l'échelle sociale et sa fille a continué après lui en devenant professeur de francais. Celle-ci n'y est pas arrivée sans mal non plus : les gens qui disaient qu'elle était paresseuse de ne pas travailler à dix-sept ans ou qu'elle gaspillait l'argent de l'état en faisant des études, ses parents qui ne la soutenaient plus dès le moment où ils ne la comprenaient plus...

Le dernier grand thème de ce roman est l'écriture. Pendant le récit de la vie de son père, l'auteure nous raconte de temps en temps la difficulté de larédaction du roman, ou de son état d'esprit actuel. Ainsi elle donne un certain rythme au récit. Ces retours au présent donnent au lecteur le sentiment que l'auteure éprouve des difficultés à se souvenir ou à trouver les mots justes.



Comme tout livre, La Place illustre des valeurs.
Ici, le travail en est une importante, aussi bien pour le père que pour sa fille car c'est par le travail qu'ils se sont socialement élevés. Le père était un simple garçon de ferme, ensuite ouvrier et enfin commerçant ; Annie Ernaux écrit aussi que son père travaillait beaucoup, durant toute sa vie et sans vacances. L'auteure, elle, est devenue professeur de français.

Pour le père, le langage tient une place importante : le langage reflète l'appartenance à un classe sociale. Il était fier de s'être débarassé du patois parce que « ca fesait ouvrier » et de parler le français, même si ce français n'était pas bon.

Donner une bonne image de soi était un souci omniprésent pour le père. Il était obsédé par « qu'est-ce qu'on va penser de nous? ». Devant les gens du village, il soignait son langage tandis que face à des gens « qu'il jugeait importants », il ne disait rien de peur qu'on ne se rende compte qu'il ne savait rien.
Par exemple, il ne buvait jamais, en opposition avec son père qui était alcoolique.
Il faut bien se porter quelle que soit la situation.



Ce récit est réaliste car tout ce qui est écrit réfert au réel, et plus particulièrement factuel car les faits racontés se sont réellement déroulés.Il s'agit aussi d'une biographie : Annie Ernaux entreprend le récit de la vie de son père de sa naissance jusqu'à sa mort, parlant de son parcours, ses difficultés, son caractère. Ce livre est de plus une autobiograhie car l'auteure se dévoile à travers la roman en dressant le portrait de son père et de la relation qui les unissait. Enfin, ce roman est un roman social puisqu'il parle de l'ascension sociale d'un père et de sa fille.



Pour conclure, après avoir relevé ces quelques éléments, je me rends compte que ce livre, La Plce d'Annie Ernaux est plus intéressant qu'il ne paraît à la première lecture par bien des points ; aussi bien par son contenu que par la pertinence de l'écriture. Je réalise que ce style d'écriture qui me déplaisait est tout à fait justifié. L'auteure utilise un style simple pour raconter une vie qui n'a rien d'extaordinaire. Elle a donc réussi ce qu'elle voulait : dresser un portrait objectif de son père et mettre des mots sur sa relation père-fille sans pour autant rendre ce roman banal.
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