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samedi 21 janvier 2017

Orgueil et préjugés et zombies de Seth Grahame-Smith

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GRAHAME-SMITH Seth, Orgueil et préjugés et zombies, Flammarion, 2009, traduction de Laurent Bury.

dimanche 5 juin 2016

La fanfiction austenienne

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jeudi 24 septembre 2015

Behind Jane Austen's Door de Jennifer Forest

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FOREST J., Behind Jane Austen's Door, Kindle Edition, 2013
ASIN: B006YITPAS
lien vers la boutique Kindle

mercredi 27 mai 2015

Georgiana Darcy et Bingley

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Darcy did intend for his sister to marry Bingley. [1]

Voilà une assertion bien audacieuse qu'on peut lire sur The Republic of Pemberley. La plupart des lecteurs idéalise Darcy et ne peut imaginer qu'il puisse arranger une telle union pour sa sœur. De plus, tout comme Lizzy, les lecteurs semblent persuadés que Mr Bingley est réellement amoureux de Jane et qu'aucune jeune femme ne lui conviendrait mieux que cette dernière. Pourtant, Jane Austen fait à plusieurs reprise allusion au couple Georgiana/Bingley au cours du roman. Il est dès lors intéressant de se demander si cet événement était sérieusement envisagé par les différents protagonistes du roman, et quel était le point de vue de chacun, en particulier celui de Darcy sur ce potentiel mariage.

La première fois que le lecteur apprend une possible alliance entre Georgiana et Bingley est dans la lettre que Caroline Bingley envoie à Jane lorsque toute la petite compagnie quitte Netherfield peu de temps après le bal. Elle écrit :

Mr Darcy is impatient to see his sister, and to confess the truth, we are scarcely less eager to meet her again. I really do not think Georgiana Darcy has her equal for beauty, elegance, and accomplishments; and the affection she inspires in Louisa and myself, is heightened into something still more interesting, from the hope we dare to entertain of her being hereafter our sister. (...) My brother admires her greatly already, he will have frequent opportunity now of seeing her on the most intimate footing, her relations all wish the connection as much as his own, and a sister's partiality is not misleading me, I think, when I call Charles most capable of engaging any woman's heart. With all these circumstances to favour an attachment and nothing to prevent it, am I wrong, my dearest Jane, in indulging the hope of an event which will secure the happiness of so many?
[PP] , chapter 21

D'après Caroline Bingley, Georgiana Darcy portera le nom des Bingley dans un futur, du moins, l'espère-t-elle (from the hope we dare to entertain of her being hereafter our sister). Cette conviction est de plus soutenue par sa soeur Louisa Hurst (Louisa and myself (…) we ...) et peut-être même par des personnes dans l'entourage de Georgiana, incluant son frère (her relations all wish …). Plus loin dans sa lettre, elle sous-entend que son frère nourrit des sentiments à l'égard de Georgiana (My brother admires her greatly) et approfondit leur relation (on the most intimate footing) ; il la courtiserait donc. Même si Caroline Bingley n'admet pas que sa position de soeur la rend partiale face à ces évènements (a sister's partiality is not misleading me), elle arrive tout au plus à faire douter Jane de la constance de Mr Bingley, mais elle ne convainc personne. En tout cas, Lizzy est bien décidée à croire qu'un mariage entre Miss Darcy et Bingley n'est qu'une chimère dans l'esprit de Caroline Bingley.

A ce stade du roman nous avons donc deux opinions sur la question qui nous préoccupe. D'une part, Caroline Bingley prétend que son frère épousera Georgiana Darcy. D'autre part, Lizzy n'y croit pas un mot et considère cela comme un pure invention (ou machination) de Caroline Bingley. Nous ignorons tout des sentiments des principaux intéressés, Georgiana Darcy et Charles Bingley. L'opinion de Darcy, bien que Caroline y fait très subtilement allusion, est elle aussi inconnue

Un peu plus loin, Jane Austen refait allusion au couple Georgiana/Bingley. L'extrait suivant se situe après la révélation du Colonel Fitzwilliam de l'implication de Darcy dans la séparation de Bingley et de Jane.

(…) and she [Lizzy] was quite decided at last, that he [Darcy] had been governed by this worst kind of pride, and partly by the wish of retaining Mr Bingley for his sister.
[PP], chapter 33

Lizzy vient d'apprendre que Darcy est intervenu pour éloigner son ami Bingley de Jane, sous le motif qu'il y avait de fortes objections à l'égard de la famille de la jeune femme ( [PP], chapitre 33). En réfléchissant aux possibles objections que Darcy pouvait bien avoir contre les Bennet, elle les trouve toutes légères. Finalement elle conclut que Darcy était gouverné par son orgueil et en partie par le désir de garder Bingley pour sa soeur. L'avis de Lizzy a donc évolué depuis la lettre de Miss Bingley. Incapable de trouver une explication plausible au comportement de Darcy, elle en vient à croire que Miss Bingley avait probablement raison, que Darcy souhaite réellement que sa soeur épouse Bingley. Pourtant, Lizzy émet ces pensées sous le coup de la colère. Ce n'est pas un raisonnement rationnel qui l'a conduite à cette conclusion. Néanmoins, elle ne rejette désormais plus cette éventualité.

A l'occasion de sa visite à Pemberley, qui accueillait aussi les Bingley, Lizzy aura l'occasion d'observer Bingley en compagnie de Geogiana. Voici ce qu'elle voit :

(…) she [Lizzy] could not be deceived as to his [Mr Bingley's] behaviour to Miss Darcy, who has been set up as a rival to Jane. No look appeared on either side that spoke of a particular regard. Nothing occurred between them[Mr Bingley and Miss Darcy] that could justify the hopes of his [Mr Bingley's] sister.
[PP], chapter 44

Ainsi, Lizzy et par le même occasion le lecteur, est rassurée. Bingley ne semble pas avoir de sentiments pour Miss Darcy, il penserait même toujours à Jane (he (…) took occasion to ask her (…) whether all her sisters were at Longbourn (…), [PP], chapter 44). Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes : Bingley n'est pas amoureux de Georgiana Darcy, Georgiana n'espère rien de la part de Bingley ; tout cela n'était qu'une chimère sortie de l'imagination de Caroline Bingley.

Pourtant, il y a cet extrait situé au chapitre suivant dans lequel Jane Austen écrit que Darcy souhaitait appeler Bingley son frère.

Not a syllable had ever reached her [Miss Bingley] of Miss Darcy's meditated elopement. To no creature had it been revealed, where secrecy was possible, except to Elizabeth; and from all Bingley's connections, her brother [Darcy] was particularly anxious to conceal it, from that very wish which Elizabeth had long ago attributed to him [Darcy], of their [the Bingleys] becoming hereafter her [Miss Darcy's] own [connections]. He [Darcy] had certainly formed such a plan, and without meaning that it should affect his [Darcy's] endeavour to separate him [Bingley] from Miss [Jane] Bennet, it is probable that it might add something to his [Darcy's] lively concern for the welfare of his friend [Bingley].
[2] ; [PP], chapter 45

Jane Austen écrit : Darcy avait certainement établi un tel plan. Si Jane Austen elle-même l'écrit, c'est que c'est sûrement vrai. Et voilà que le mythe d'un Darcy aimant sa soeur, ne voulant que son bonheur et souhaitant qu'elle aussi fasse un mariage d'amour s'effondre. Pourtant, le lecteur a tort de projeter une telle image modernisée de Darcy. Souvenez-vous de sa désastreuse demande en mariage à Hunsford et de l'importance qu'il accorde au rang. L'amour était pour lui une chose futile et éphémère que l'on doit étouffer et oublier.

Georgiana se doit de faire un mariage avantageux. En ce sens, Bingley peut être considérer comme un bon parti. Soit, la fortune des Bingley provient du commerce (les fameuses origines in trade que Miss Bingley veut à tout prix oublier). Considérons qu'à l'heure du récit, Bingley a tout de l'allure d'un gentleman (même si ce n'est que depuis une génération) ; il ne lui manque qu'un domaine et c'est pour cela qu'il loue Nertherfield. De plus, c'est un proche ami de Darcy, il a confiance en lui et sait qu'il prendra soin de sa soeur. Puis avec le désastre de Ramsgate, il est compréhensible que Darcy veille marier sa soeur pour éviter de tâcher sa réputation (la réputation de Georgiana et du nom des Darcy par la même occasion). [3]

Donc, nous vous avons montré que Jane Austen a effectivement écrit que Darcy souhaitait une union entre Bingley et sa soeur. Nous avons même apporté des éléments pour justifier la démarche de Darcy. Pourtant, la problématique n'est pas close. S'arrêter ici dans l'analyse serait oublier le génie de la plume de Jane Austen. L'ironie est omniprésente dans le livre et il ne faut pas l'oublier. S'arrêter à la première lecture d'Orgueil et Préjugés nous fait perdre des subtilités du texte.

Darcy avait certainement établi un tel plan.

D'après nous, la présence de l'adverbe certainement n'est pas anodine et sa signification est déterminante. Le premier sens de l'adverbe certainement est sans aucun doute ; mais son deuxième sens est, d'après le Larousse, probablement [LAR06]. Ainsi, il n'est pas faux d'affirmer que le premier sens de cette phrase est que Darcy avait, avec certitude, établi un tel plan. Cependant, une deuxième lecture suggère un certain degré d'incertitude. Certainement, soit probablement, soit peut-être alors. Un doute persiste. A notre sens, s'il avait été clair que Darcy souhaitât cela, il n'y aurait pas de raison que ce certainement soit présent. En effet, Jane Austen n'est pas un écrivain au style « littéraire » comme l'est un Victor Hugo, au contraire, sa narration est efficace : elle n'écrit que ce qu'il est nécessaire d'écrire, pas plus. Au contraire, la présence de ce certainement suggère subtilement que finalement, personne à part Darcy lui-même; ne savait ce qu'il projetait pour sa soeur.

Ainsi, nous sommes d'avis qu'aucun des personnages, excepté Caroline Bingley, n'avait sérieusement envisagé un mariage entre Miss Darcy et Bingley. Cette simple allusion que Miss Bingley a un jour fait a torturé inutilement les esprits de Lizzy et Jane. Elle a en outre réussi à alimenter les débats entre lecteurs d'Orgueil et Préjugés quelques deux cents ans après sa publication. Pourtant, ne lui cédons pas cette victoire. Sur cette question, Jane Austen était aussi romantique que nous, lecteurs modernes, une seule femme était destinée à Bingley : Jane

Références

Bibliographie

[PP] Jane Austen, Pride and Prejudice
Edition utilisée : Harper Collins, 2009 (en anglais)
[LAR06] Dictionnaire Le Larousse de poche - Edition 2006, Larousse, 2006
[BUR06] BURY L. SIPIERE D., … , Pride and Prejudice, le roman de Jane Austen, Editions Ellipses, 2006 (bilingue français-anglais)

Webographie

[1] Index of characters sous “Georgiana Darcy” sur The Republic of Pemberley (en anglais)
URL : http://www.pemberley.com/janeinfo/ppdrmtis.html#index3
[2] Not a syllable … , rubrique Jane Austen : Pride and Prejudice – Note on Random Topics sur The Republic of Pemberley (en anglais)
URL : http://www.pemberley.com/janeinfo/pptopics.html#notasyll
[3] Sylwia, Caroline and Darcy's Joint Wishes sur Austenette : Mending My Own Pen, 15/11/2008 (en anglais)
URL : https://austenette.wordpress.com/2008/11/15/
[4] Sylwia, Bingley and Georgiana sur Austenette : Mending My Own Pen, 14/02/2009 (en anglais)
URL : https://austenette.wordpress.com/2009/02/14/

samedi 31 janvier 2015

Orgueil et Préjugés expliqué en graphiques

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Elizabeth's and Darcy's character journeys
Création graphique : LitsVisual

Le site internet VOX a publié un article avec deux graphiques expliquant le roman Orgueil et Préjugés de Jane Austen. Le premier s'intitule Elizabeth's and Darcy's character journeys et montre l'évolution de l'orgueil d'Elizabeth et des préjugés de Mr Darcy le long du roman. Le deuxième, quant à lui, porte le titre The popularity of Mr Darcy and Elizabeth Bennet et reporte le nombre d'occurrences des noms de Mr Darcy et d'Elizabeth Bennet dans des livres britanniques au cours du siècle dernier. 

Ici, je ne vais m'intéresser qu'au premier graphique, bien que le second soit lui aussi intéressant. La raison de ce choix est telle que seul le premier graphique traite réellement de littérature. L'objet d'étude du second se rapproche plus de la sociologie couplée à des statistiques. 

Le sujet de ce premier graphique est très pertinent étant donné le roman original. En simplifiant très fortement l'intrigue, on pourrait réduire le tout au schéma suivant : les deux personnages principaux, tous les deux orgueilleux, ont initialement des préjugés infondés qu'ils doivent apprendre à surmonter pour pouvoir voir l'autre tel qu'il est réellement et être heureux ensemble. L'évolution des personnages est donc primordiale pour pouvoir arriver au dénouement final et au « happily ever after » tant attendu. D'autant plus que Jane Austen est une brillante auteure et que tous les changements au sein de nos deux personnages sont progressifs et plus ou moins subtil. Le but de ce graphique est donc de retracer l'évolution de leurs niveaux d'orgueil et de préjugés respectifs.

Interprétons ce graphique. 

Au début du roman, le niveau d'orgueil d'Elizabeth (représenté avec des points roses) est assez assez élevé mais encore acceptable (sept sur une échelle de 10, 10 étant la note la plus élevée). Alors que les premiers évènements se déroulent, son niveau d'orgueil augmente. L'élément déclencheur est sans doute la remarque qu'elle a surprise Mr Darcy dire à son ami Mr Bingley qu'elle est tolérable mais pas assez jolie pour le tenter. (She is tolerable but not handsome enough to tempt me) . Bien qu'elle prétende le contraire, cette remarque l'a énormément affectée et son orgueil en est terriblement blessé. Elle se forme immédiatement une image déplaisante de Mr Darcy. Plus les semaines passent, et plus elle se méprend sur le comportement de Mr Darcy, emmurée derrière ses préjugés. Son orgueil croit donc jusqu'à atteindre un sommet au moment de la demande en mariage de Mr Darcy à Hunsford. Insultée, elle ne peut supporter les mots blessants qu'elle entend. Son orgueil à son apogée se manifeste par les mots durs qu'elle prononce à l'égard de Mr Darcy pour lui notifier son rejet. A la lecture de la lettre explicative de Mr Darcy, son niveau d'orgueil diminue, au-delà même de son niveau initial, pour atteindre une valeur proche de zéro lorsqu'elle apprend le rôle de Mr Darcy dans le mariage de Lydia. A partir de la demande de Mr Bingley, son niveau d'orgueil réaugmente progressivement. Il atteint finalement une valeur moyenne (cinq sur dix), synonyme de mesure et inférieure à la valeur initiale.

Passons maintenant au niveau de préjugés de Mr Darcy. Contrairement à l'orgueil d'Elizabeth, cette courbe possède une allure régulière. Celle-ci ne fait que décroitre au cours du temps. Au début du roman, son niveau de préjugés est au plus haut : dix sur une échelle de dix. Mr Darcy vient des hautes sphères de la société et possède une idée très précise sur les différences de classes. Son dédain de la société du Hertfordshire se voit affirmée lorsqu'il entend les gens discuter de sa fortune à l'assemblée de Meryton. Pourtant, alors qu'il tombe progressivement amoureux d'Elizabeth, son niveau de préjugés diminue et ne cessera de diminuer jusqu'à la fin du roman où il atteint une valeur quasi nulle.

Jusqu'à présent nous nous somme contentés de décrire le graphique et d'apporter des éléments de l'histoire pour le justifier. Il est temps à présent d'être critiques car bien que ce graphique comporte des éléments en cohérence avec le roman, il contient malheureusement des erreurs et manque quelque peu de pertinence.

Ainsi, dans la chronologie (plot timeline), placée en abscisse du graphique, la demande de Mr Collins arrive avant le bal de Nertherfield. Or, quiconque a lu le livre sait pertinemment que Mr Collins demande la main d'Elizabeth le lendemain du bal de Netherfield ! Voilà une faute impardonnable de la part de l'auteur du graphique ! Lorsqu'on réalise un outil de didactique comme celui-ci et qu'on le destine à le publier sur quel que support que se soit, on se doit de vérifier l'exactitude de ses informations. Comment une erreur aussi triviale a-t-elle pu être commise? Il n'y a pas à dire, la crédibilité de ce document en prend un sacré coup !

De plus, il est dommage que le récit de Wickham ne figure pas dans la chronologie. Il me semble que cet élément du récit joue un rôle important dans l'image que se fait Elizabeth de Mr Darcy. Il est vrai qu'Elizabeth n'appréciait déjà pas Mr Darcy, avant même d'entendre les mésaventures de Mr Whickham. Néanmoins, cette fable va remforcer son mépris pour le jeune homme : elle s'en sert comme excuse (argument) pour soutenir son portrait négatif du personnage. En outre, ce n'est certainement pas anodin qu'un des deux reproches adressés à Mr Darcy lors de sa demande à Hunsford soit des accusations de son comprtement à l'égard de Wickham. 

Par ailleurs, je ne comprends pas pourquoi seuls l'orgueil d'Elizabeth et les préjugés de Mr Darcy sont représentés en ordonnée. On a l'impression que dans le titre du roman, le terme Orgueil se rapporte à Elizabeth tandis que le mot Préjugés se rapporte à Mr Darcy. Or, cela n'est pas entièrement vrai. Les deux personnages sont confrontés à l'orgueil et aux préjugés pendant tout le roman. Alors pourquoi limiter l'orgueil à Elizabeth et les préjugés à Mr Darcy? En outre, si je devais réaliser un choix aussi restreint, j'aurais opté pour le plus évident, c'est-à-dire l'inverse : l'orgueil de Mr Darcy et les préjugés d'Elizabeth. En effet, Jane Austen mentionne plus fréquemment l'orgueil de Mr Darcy que celui d'Elizabeth. Souvenez-vous, au début du roman, Elizabeth est aveuglée par les préjugés parce que Mr Darcy apparait comme un homme fier (beaucoup trop orgueilleux). De même, les préjugés d'Elizabeth sont souvent mis en évidence tandis que Mr Darcy dit qu'il espère qu'[il] ne s'autorise jamais à être aveuglé par les préjugés. ((...)never allow [my]self to be blinded by prejudice (...)).

Au final, cette "étude" n'est pas aussi intéressante qu'elle le semblait. Si vous êtes intéressés par un travail faisant des liens entre le titre du roman et son contenu, jetez plutôt un coup d'oeil à cette liste nommée  Themes of Pride and Prejudice sur The Republic of Pemberley . Bien que cela ne soit pas présenté sous forme graphique comme sur VOX et apparait moins attractif, le contenu en est beaucoup plus exact et précis. Cela se présente sous la forme d'un index reprenant tous les passages faisant référence soit à l' orgueil , soit à des préjugés .

>>liens : 
*Article et graphiques sur le site de VOX : 
 Brandon Ambrosino, Pride and Prejudice, explained in two charts, January 28, 2015

*Etude sur The Republic of Pemberley
 Links to passages illustrating the themes of Pride and Prejudice

vendredi 10 octobre 2014

Le Journal de Mr Darcy d'Amanda Grange

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 GRANGE A., Le journal de Mr Darcy, Milady Romance, 2013

En inconditionnelle Janéite, mon regard a été attiré par le titre de ce roman lors d'un passage à la libraire. Néanmoins, si j'apprécie énormément les oeuvres de Jane Austen, je suis d'autant plus critique et sévère face aux livres dérivés d'auteurs contemporains.

L'idée de base de ce roman n'est pas d'une extrème originalité. Il repose sur l'exploitation du célèbre roman "Orgueil et Préjugés" du point de vue de Darcy et consiste en un journal "intime" fictif du personnage.
Procédé qui est classique, donc, et qui réussit généralement à inciter les fans à lire cette nouvelle version d'une histoire qu'ils ont aimée. Pensons notamment à "Midnightsun" de S. Meyer qui devait être une réécriture de "Twilight" du point de vue d'Edward, cette fois-ci. L'annonce de sa réaction avait fait beaucoup de bruit à l'époque et force est de constater qu'il n'est finalement jamais sorti de presses.
Mais aussi, procédé de style qui peut être vu comme un défi littéraire de la part de l'auteur. Raconter quelque chose de connu depuis une focalisation différente, avec des détails et des nuances supplémentaires, des épisodes inédits, des surprises au détours de lignes qu'on pensait connaitre... Pour illustrer cela, prenons "La Rivière à l'envers" de Jean-Claude Mourlevat. Deux tomes, relatant la même histoire, d'abord avec Tomek comme narrateur, et puis Hannah, mais deux romans riches qui ne laissent pas place à la redite inutile et à l'ennui.
Ainsi, "Le Journal de Mr darcy" me laissait présager le meilleur comme le pire.

Première étape dans ma prise de connaissance avec le livre : les première et quatrième de couverture. Rien à dire si ce n'est qu'elles appellent surtout les fans d'"Orgueil et Préjugés", et plus particulièrement les jeunes filles réveuses et "amoureuses" du ténébreux Fitzwilliam Darcy. Mais ce n'est pas un reproche puisque j'ai été moi-même interpelée par ces couvertures.

Deuxième étape : recherche d'une préface ou d'une postface, d'un mot de l'auteur, des remerciements, une citation de Jane Austen ... quelques mots qui pourraient replacer le récit dans son contexte, témoigner de la position de l'auteur par rapport à ce dernier, ses liens avec l'oeuvre originale de Jane Austen... Mais malheureusement rien d'intéressant de ce niveau-là. Je suis évidemment déçue par l'attitude de l'auteur et/ou de l'éditeur. En effet, quand on s'appuie sur une oeuvre pré-existante pour écire un quelque chose de nouveau, même si ces romans sont libérés de droits depuis longtemps, il faudrait faire preuve d'un minimum de courtoisie et de "rendre à césar ce qui appartient à César". En effet, la plupart des auteurs de "para-littérature austennienne" commencent ou terminent leur roman avec un "merci Jane Austen", avec beaucoup d'humilité, on trouve souvent "Toutes mes excuses à Jane Austen" (La mort s'invite à Pemberley", PDJames) ou de façon plus humouristique par "Je t'aime Colin Firth" (Coup de foudre à Austenland", S.Hale). Par contre, rien malheureusement venant de A.Grange.

Troisième et ultime étape : feuilletage du livre. Est-ce un coup de malchance, je suis tombée sur l'épisode où Darcy écrit une lettre à Geogiana lors de son séjour à Netherfield et Caroline Bingley est en train de l'observer. On pouvait lire dans le roman de A. Grange :
    "-Lui écrivez-vous toujours d'aussi longues et charmantes lettres, Mr Darcy?
     - Elles sont en effet longues mais ce n'est pas à moi de juger si elles sont charmantes"
(Transcription non textuelle mais d'après ma mémoire).
Connaissant dans le détail le roman de Jane Austen, j'ai immédiatement reconnu le chapitre 10 (je ne connais pas les numéros des chapitres par coeur mais je l'ai retrouvé pour rédiger cette chronique, documentation à l'appui)
    "Caroline Bingley):But do you always write such charming long letters to her (Geogiana), Mr. Darcy?" 
    "They are generally long; but whether always charming it is not for me to determine."
    "It is a rule with me, that a person who can write a long letter with ease, cannot write ill."
Alors, pourquoi acheter un nouveau roman si c'est pour y retrouver du copier-coller de Jane Austen? Je ne supporte pas les redites car je considère que c'est prendre le lecteur pour un idiot. Et ici, tout ce que je vois, c'est un auteur en mal d'imagination qui doit plagier Jane Austen pour écrire son roman.

Non, décidément, ce roman ne mérite pas le détours.

A cela s'ajoute qu'un petit détours sur la toile et les fora spécialisés suffisent pour trouver des opposants à ce livre. Les arguments sont plutôt variés parmi ceux que j'ai pu vérifier par moi-même: style moderne, incohérent avec le personnage de Darcy (un gentleman sous l'époque de la régence), incomparable à celui de Jane Austen, pas d'originalité réelle, très gimauve et fleur-bleu ...

Bref, lecture abandonnée et aucune reprise n'est à l'ordre du jour.
Janéites qui connaissent l'oeuvre sur le bout des doigts, roman à éviter absolment.
Fans qui veulent juste passez un moment avec Mr Darcy sans plus d'exigences, pouquoi pas, à essayer...


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