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samedi 25 février 2017

La décision d'Isabelle Pandazopoulos

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PANDAZOPOULOS I., La Décision, Gallimard Jeunesse, « Scripto », 2013,(31 janvier)

Un tout petit roman tout simplement magnifique empreint d'émotions et de délicatesse, La Décision d'Isabelle Pandazopoulos est notre tout premier coup de coeur de ce début d'année 2013.

vendredi 2 octobre 2015

Rencontre avec Philip Pullman de Nicolas Tucker

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Rencontre avec Philip Pullman de Nicolas Tucker

TUCKER N., Rencontre avec Philip Pullman, Gallimard Jeunesse, 2004


Philip Pullman a écrit la splendide trilogie A la croisée des Mondes. Il est aussi l'auteur de la palpitante série des Aventures de Sally Lockhart. Le temps d'un petit livre, apprenez-en plus sur Philip Pullman, sur l'écrivain et sur son œuvre.

Le titre de ce petit livre est Rencontre avec Philip Pullman. Je m'attendais plutôt à un entretient avec l'écrivain, un compte-rendu d'une interview. Cela aurait pu prendre la forme de questions-réponses, ou alors un rapport dans un style plus littéraire avec des discours rapportés. Hélas, non. Le livre se présente comme une biographie suivie de résumés et d'analyses des romans de P. Pullman. Le style est neutre, dénué de sentiments, avec une rigueur presque scientifique. On ne ressent pas la présence de P. Pullman alors qu'on aurait aimé faire sa connaissance grâce à cette rencontre. Néanmoins, bien que le titre représente mal ce livre, il n'en reste pas moins dénué d'intérêt.

On pourrait diviser ce livre en trois parties : une biographie de P. Pullman, suivie d'un commentaire sur les Aventures de Sally Lockhart et les œuvres mineures de l'auteur ; enfin, la dernière partie est consacrée à une analyse de la trilogie A la croisée des Mondes et à la mise en évidence des influences de P. Pullman. Autant l'annoncer tout de suite : les deux premières parties sont assez banales et seule la dernière est réellement originale.

La première partie de ce livre est donc une biographie de P. Pullman. Personnellement, j'ai survolé cette partie. J'aime beaucoup lire. Pourtant, je m'intéresse peu à la vie personnelle des personnes qui écrivent les livres ; excepté lorsque ces dernières viennent d'une autre époque. Je suis d'avis que le métier d'un écrivain est de raconter une histoire ; et son rôle s'arrête là. Il n'est pas nécessaire de les « peopleliser » et de tout connaître de leur vie si cela n'apporte rien à la compréhension de leurs œuvre. (C'est pour cela que j'avais précédemment exclus les auteurs non-contemporains, étant donné que leur contexte socio-historique est moins bien connu.)

Vient ensuite la partie consacrée à Sally Lockhart, la jeune et courageuse détective évoluant dans un Londres populaire et à l'époque victorienne. Cette partie comporte des résumés des quatre tomes de la série. Ces résumés sont très complets ; un peu trop scolaires peut-être. Ils déplairont à beaucoup de lecteurs surement. En effet, ceux qui ont lu les livres ne comprendront pas pourquoi N. Tucker réalise ces résumés exhaustifs, et ceux qui n'ont pas encore lu les livres se plaindront qu'on leur a gâché tout le suspens. (Alerte spoiler en des termes plus actuels!) Mais pourquoi acheter un livre qui fait le résumé d'un autre, je me demande. Serait-il destiné à des écoliers paresseux, désireux de trouver des travaux tout faits? Si vous êtes dans cette situation, alors ce livre est pour vous. Néanmoins, je ne peux que vous conseiller de lire les livres originaux par vous-même et puis éventuellement confronter votre compréhension des livres à l'interprétation de N. Tucker.

Etant donné que je n'ai lu que les livres de la série Sally Lockhart et A la croisée des Mondes, j'ai préféré passer outre les sections relatives aux œuvres mineures de P. Pullman.

Nous arrivons enfin à la dernière partie de ce livre, consacré à A la croisée des Mondes et aux influences de P. Pullman. Comme pour la partie sur Sally Lockhart, les résumés sont peu intéressants si vous avez lu les livres. Néanmoins, ils m'ont tout de même rafraichi la mémoire sur les évènements de l'histoire car je n'ai pas relu ces livres depuis longtemps. L'analyse de la trilogie est intéressante. Elle comporte des éléments assez évidents, d'autres plus réfléchis. Quoi qu'il en soit, elle est le résultat d'un sérieux travail de réflexion sur l'œuvre de P. Pullman. Des thèmes divers sont exploités : de la symbolique des personnages, aux leçons de philosophie humanistes, en passant par la fois en la science … Des parallèles sont établis avec d'autres œuvres semblables également. N. Tucker compare, rapproche, oppose et contraste les messages de P. Pullman avec ceux de Milton, Blake, von Kleist ou encore C.S.Lewis.

Ce qui nous emmène à la section étudiant les influences de P. Pullman. C'est la partie du livre qui m'a le plus intéressée. Celle-ci comportait majoritairement des informations que je ne connaissais pas et a vivement suscité ma curiosité. Elle permet de remplacer l'œuvre dans son contexte. On apprend qu'A la croisée des mondes est une antithèse des Mondes de Narnia de C.S.Lewis ; car bien que d'apparence très similaire (univers merveilleux, presque fantastique), les idées que chacun des auteurs véhicule sont en opposition. A de nombreuses reprises N. Tucker relève les allusions à l'église catholique apparaissant dans A la croisée des Mondes et les positions de P. Pullman qu'elles révèlent. On n'est alors pas étonné lorsque Milton et son Paradis Perdu sont explicitement mentionnés comme influences de P. Pullman. Enfin, von Kleist qui interroge sur la manipulation et le libre-arbitre, tout comme P. Pullman le fait dans ces livres. L'influence du philosophe allemand von Kleist est d'autant plus importante qu'un extrait de son essai Les Marionnettes est reproduit en annexe. Voilà une occasion de (re)lire la pensée de von Kleist.

Voilà donc un livre mi-figue mi-raisin ; une chronique en demi-teinte. La fin de ce livre est intéressante. Par ailleurs et heureusement, une lecture linéaire n'est absolument pas requise. Alors, picorez dedans et utilisez-le comme prétexte pour vous (re)plonger dans les livres de P. Pullman, qui eux sont, indéniablement formidables.

jeudi 6 novembre 2014

Le livre de Perle de Timothée de Fombelle

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Timothée de Fombelle, Le livre de Perle, Gallimard Jeunesse, 2014


Le dernier livre de Timothée de Fombelle en librairie dès aujourd'hui !

Trailer du livre réalisé par l'auteur lui-même : 



Lecture en cours. A suivre ...

lundi 4 août 2014

Mon père est parti à la guerre de John Boyne

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BOYNE J., Mon père est parti à la guerre, Gallimard Jeunesse, 2014

Le 4 août 1914, les troupes allemandes franchirent la frontière belge et envahirent la province de Liège, mettant fin à la neutralité de la Belgique. Ce fut le début d'un conflit qui devint mondial et qui durerait 4 ans. Aujourd'hui, 2014, cent ans plus tard, le monde entier se souvient. La Belgique, entre autre, commémore le souvenir de la Grande Guerre qui a fait de trop nombreuses victimes civiles. A côté des activités de mémoire proposées par les médias et les villes clés du conflit, nous vous proposons une lecture pour vous replonger dans le contexte de la guerre 14-18.

Mon père est parti à la guerre est un roman poignant qui décrit la Première Guerre Mondiale depuis le point de vue d'un enfant. On ressent à la fois l'innocence d'un enfant de 5 ans qui ne comprends pas encore bien les enjeux de la guerre et la sagesse d'un enfant qui a du grandir plus vite que la normale, confronté aux duretés de la guerre trop tôt.

John Boyne est l'auteur du roman best-seller Le Garçon en Pyjamas rayé. Ce livre abordait la thématique de la Seconde Guerre Mondiale, vue à travers les yeux d'un enfant. Ce roman, plébiscité par la critique internationale, a été traduit en quarante-six langues, adapté au cinéma par Mark Herman avec une distribution prestigieuse, intégré au programme scolaire dans plusieurs pays et récompensé de nombreux prix. John Boyne était donc tout bien placé pour relever le défi d'écrire un livre pour enfants sur le premier conflit mondial. C'est un roman sans sang inutile et sans souffrance atroce. Le ton est juste, pertinent et ne laisse pas indifférent ; parfois un peu plus léger, il prouve qu'on peut parler simplement de choses graves sans chercher à minimiser leur importance.

Un livre à mettre entre toutes les mains. La mémoire est un devoir. Nous nous devons de ne pas oublier les atrocités de la guerre des tranchées et transmettre notre Histoire aux générations futures.

samedi 12 juillet 2014

Nos étoiles contraires de John Green : A l'intention d'Hazel Grace à propos des infinis

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Il y a peu je suis allée au cinéma voir le film Nos étoiles contraires adaptation du roman éponyme de John Green. Cette fois-ci, je n'ai pas envie d'écrire une chronique sur ce film ou bien sur ce roman (bien que cela pourrait se faire plus tard). En fait, pendant la vision du film, une phrase prononcée par Hazel Grace m'a interpellée. Il était question d'infinis, d'infinis plus grands que d'autres. Paraphrasé cela donne : il y a une infinité de nombres entre 0 et 1, il y a aussi une infinité de nombres entre 0 et 1 000 000 mais cet infini-là est plus grand. 


Là, j'ai eu envie de crier : « Mais non, c'est faux, il y a autant de nombres entre 0 et 1 qu'entre 0 et 1 000 000 ; plus fort encore, il y a plus de nombres entre 0 et 1 que de nombres naturels ! ». J'avais toujours en tête mon cours d'algèbre linéaire. Je me souviens qu'on avait montré par l'absurde en cours que l'ensemble des réels compris dans l'intervalle [0, 1] n'est pas dénombrable ; c'est-à-dire qu'on ne peut mettre en bijection chacun des éléments réels de l'intervalle [0, 1] avec l'ensemble des naturels , soit qu'il y a plus de nombres réels compris dans l'intervalle [0, 1] que dans l'ensemble {0, 1, 2, 3, … }. Pour appuyer mes dires, voici une capture de mon syllabus de cours : 

Eric J.M.Delhez, Algèbre - Tome 2 : Mathématiques discrètes, p192, Faculté des Sciences Appliquées, Université de Liège, Version 2013-2014
 
Comme j'aime la rigueur, j'aurais préféré avoir connaissance du texte exact. Ni une ni deux, je me plonge dans le roman à la recherche de ce passage qui m'intrigue. Voici l'extrait retrouvé :

There are infinite numbers between 0 and 1. There's .1 and .12 and .112 and an infinite collection of others. Of course, there is a bigger infinite set of numbers between 0 and 2, or between 0 and a million. Some infinities are bigger than other infinities... I cannot tell you how grateful I am for our little infinity. You gave me forever within the numbered days, and I'm grateful.”
John Green, The fault in our stars, p147, Penguin, 2012

Maintenant nous sommes enfin face à la formulation exacte issue du roman. Que répondre à Hazel Grace? Oui, certains infinis sont plus grands que d'autres mais il n'y a pas plus de nombres entre 0 et 2 qu'entre 0 et 1 !

Pour ceux qui n'auraient vraiment rien compris voici une vidéo rigolote intitulée How to count infinity (extraite de la chaine Minute Physics sur YouTube) qui couvre la thématique des tailles des infinis. (Attention, ça va vite et c'est en anglais!) On commence par y expliquer ce que signifie « compter ». Ensuite, on y montre pourquoi il y a autant de nombre entre 0 et 1 qu'entre 0 et 2. La deuxième moitié de la vidéo démontre d'une façon légèrement différente que mon professeur d'algèbre qu'il y a plus de nombre entre 0 et 1 que de nombres naturel. Enfin, les courageux qui auront été attentifs jusqu'au bout pourront saisir le clin d'oeil à Hazel Grace tout à la fin. 

 

Harry Potter vu à travers le prisme de la philosophie

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Crédits : MadmoiZelle


Harry Potter vu à travers le prisme de la philosophie

article publié sur MadmoiZelle


Voici un article très intéressant pour les curieux, lecteurs d'Harry Potter et intéressés par l'aspect philosophique de la célèbre saga. Voilà une façon ludique d'aborder la philosophie morale et de réfléchir autours de la question : « C'est quoi, faire le bon choix? ».

Concepts, courants et auteurs sont développés brièvement ; toujours en partant d'exemples concrets tirés de l'univers d'Harry Potter. Grâce à Harry Potter et à l'auteure de cet article, peut-être comprendrez-vous enfin la différence entre le déterminisme et l'existentialisme, les idées maîtresses de Spinoza et Sartre. Mais ce ne sont pas les seuls idées développés dans cet article. Des philosophes d'époques variées sont cités par la suite. Et une belle conclusion vient terminer le tout.

J'ai apprécié cet article parce qu'il suit un raisonnement logique, partant d'exemples concrets tirés des romans pour aboutir à développer des concepts philosophiques plus abstraits. Il comporte aussi un fond pertinent et il est écrit de façon assez pédagogique, ce qui aide la compréhension du sujet un peu complexe. Il montre aussi que des livres initialement destinés à un public enfant et best-sellers n'est pas aussi « vide » qu'il n'y paraît et qu'il peut servir de base à des réflexions plus recherchées.

 





lundi 19 août 2013

La passe-miroir – Livre 1 : Les fiancés de l'hiver de Christelle Dabos

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DABOS C., La passe-miroir – Livre 1 : Les fiancés de l'hiver, Gallimard Jeunesse, 2013

Lauréat du concours premier roman jeunesse organisé par Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama, Les fiancés de l'hiver nous offre là une agréable surprise et nous dévoile l'imaginaire et la plume d'une auteure pour la jeunesse à l'avenir très prometteur. Dans le monde de l'édition où seulement un à quatre livres premiers romans sont publiés par an, il est très difficile de se faire connaître et de commencer une carrière d'écriture. Alors, rien de tel que participer à un concours pour se faire une nom dans la sphère des livres. Et son prix est largement mérité. Ainsi, les qualités pour lesquelles Christelle Dabos se démarque sont un incroyable talent de conteuse, une imagination saisissante, un univers merveilleux et des personnages attachants.

Avant de commencer la lecture de ce roman, la manipulation de l'objet livre et la lecture de la quatrième de couverture m'inspirent un long voyage dans un monde rêvé. Les couleurs avec le bleu qui domine et les trainées de blanc, de même que le titre m'évoque Les Royaumes du Nord de Philip Pullman ou encore Le combat d'hiver de Jean-Claude Mourlevat. Une atmosphère froide, voire même glaciale, évoquant le grand nord et la contrée du Père Noël. (Surtout pas une atmosphère froide comme pourrait être décrite dans un roman policier, comme par exemple dans La princesse des Glaces de Camilla Lackberg). Beaucoup de comparaisons donc dans ce début de chronique mais j'estime que Christelle Dabos mérite amplement sa place aux côtés des « grands » de la littérature jeunesse. Elle a d'autant plus besoin de votre soutien de lecteur qu'elle est une auteure française et malheureusement les auteurs français ne sont pas suffisamment valorisés dans les librairies et même dans les maisons d'édition.

samedi 6 juillet 2013

100 romans cultes des ados de Jessica Jeffries-Britten

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100 romans cultes des ados, Guide proposé par Jessica Jeffries-Britten
Flammarion, « Librio » n°908, Paris, 2008


Un guide des 100 livres cultes pour ados, voilà un titre qui m'a accroché lorsque mes yeux se sont posés dessus dans la librairie. Même s'il ne risquait pas de m'être très utile, j'ai tout de même décidé de l'acheter, et cela pour plusieurs raisons. Par curiosité d'abord, quels pouvaient bien être les cent livres cultes? Ensuite, pour comparer les romans que je considère personnellement comme cultes avec ceux d'une personne spécialiste reconnue de la littérature jeunesse. Enfin, pour compléter ma culture littéraire car il est évident que je n'ai pas lu tous les livres référencés dans ce guide et il est toujours utile de dire qu'on connait tel ou tel autre roman reconnu comme culte par une majorité de personnes.

La préface commence avec une citation extraite de Matilda de Roald Dahl :
« -Crois-tu qu'il devrait y avoir des moments drôles dans tous les livres pour enfants?
-Oui, répondit Matilda,. Les enfants ne sont pas aussi sérieux que les grandes personnes et ils aiment rire. »
Avant de poursuivre plus loin, arrêtons-nous un instant sur cette citation. Son choix est sans conteste excellent. Roald Dahl est un grand monument incontournable de la littérature jeunesse. Qui peut se défendre de ne pas avoir lu et apprécié Matilda , Charlie et la chocolaterie , Sacrées sorcières , James et la grosse pêche ou bien La potion magique de Georges Bouillon ? Par ailleurs, Matilda est une icône de l'enfant lecteur et amateur de livres. Ce classique de la littérature pour enfants et moins jeunes est donc particulièrement représentatif du public concerné par cet ouvrage rassemblent cent livres à avoir lu dans sa vie.

Cette préface est là aussi pour rappeler qu'aujourd'hui la littérature jeunesse constitue une véritable industrie où les enjeux économiques sont bien présents. Ce secteur est en pleine expansion et occupe de nos jour la deuxième place au niveau des genres littéraires les plus importants, juste après la littérature générale. Si donc ce guide ne reprend que des livres parus aux XX ème et XXI eme siècles, ce n'est pas à cause de la mauvaise qualité des romans parus antérieurement, au contraire, tous les livres actuels sont, d'après J. Jeffries-Britten, sont les successeurs de Dickens, Stevenson et Vernes … mais parce qu'il a fallu faire un choix au milieu de cette masse de publications.

En effet, avec plus de deux mille romans jeunesse paraissant par an, on se retrouve vite submergé et perdu ! En outre, il ne faut certainement pas croire que les jeunes actuels délaissent la lecture ; au contraire, ils lisent, du moment qu'ils tiennent entre leurs mains un bon livre parce que les ados sont un public difficile à satisfaire. Ils ne recherchent ni des livres qui ne sont plus de belles histoires adressées aux gentils enfant ni les classiques qui émerveillent leurs parents et ainés.

C'est donc là le but de ce guide, « orienter les jeunes lecteurs, piquer leur curiosité et leur donner des envie de lecture... ». Un beau programme, n'est-ce pas?

Le point remarquable de ce petit conseiller de lecture, c'est qu'il ne se limite pas à répertorier les bons livres destinés expressément aux jeunes. Il comprend aussi des romans écrits pour les adultes que les adolescents peuvent tout de même apprécier à leur niveau. Et enfin, ce guide survole divers genres et pays pour offrir une sélection variée pour notre seul plaisir.

Présentés par ordre chronologique de parution, les romans sont aussi repris dans un index par titre et par nom d'auteur un fin d'ouvrage pour retrouver en un clin d'oeil ce que l'on recherche. La petite attention très délicate de la réalisatrice de ce guide : une petite indication du niveau de lecture pour que personne ne s'y trompe et puisse trouver à lire ce qui lui convient le mieux. Bien entendu, quel serait la pertinence d'un tel livre s'il ne présentait pas pour chaque roman une courte critique? Enfin, pour compléter chaque fiche, quelques mots de présentation sur l'auteur et un extrait pour mettre en bouche...

Du point de vue du contenu, on y retrouve des classiques qui plairont à tous les âges tels que Le chien des Baskervilles de Sir Arthur Conan Doyle ou bien Mort sur le Nil d'Agatha Christie. Les incontournables de la littératures jeunesse ne sont évidemment pas oubliés comme par exemple Harry Potter à l'école des sorciers de J.K.Rowling ou 35 kilos d'espoir d'Anna Gavalda. Quelques agréables surprises nous attendent au détour de ces pages aussi comme L'écume des jours de Boris Vian ou encore Le petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, des petits livres initialement écrits pour des adultes mais tout à fait accessibles aux ados. Pourtant, je n'approuve pas plusieurs choix que l'auteur a retenu ( Oh, boy de Marie-Aude Murail et L'ordinatueur de Christian Grenier entre-autres). Cependant, j'ai pu y trouver des véritables coups de coeur que j'ai eu l'occasion de lire : Le clan des Otori de Lian Hearn, La rivière à l'envers de Jean-Claude Mourlevat, Le Royaume de Kensuké de Michaël Morpurgo, A la croisée des mondes de Philip Pullman … Enfin, des romans que je n'ai pas encore lus mais que je me dis que je devrais lire : Tobie Lolness de Timothée de Fombelle, Les raisins de la colère de John Steinbeck, Le château de Cassandra de Dodie Smith, Que cent fleurs s'épanouissent de Feng Jicaï …

Alors peut-être que ce livre n'est pas complètement utile et il n'est certainement à recommander dans toutes les bibliothèques mais il offre un beau panorama de la littérature jeunesse et permet de voir ce qui est jugé de qualité, ce qui a été apprécié et ce qui pourrait plaire aux lecteurs, tout en étant une source d'idées de lecture à piocher à l'intérieur quand on ne sait plus quoi lire.

vendredi 15 février 2013

Silhouette de Jean-Claude Mourlevat

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MOURLEVAT Jean-Claude, Silhouette, Gallimard Jeunesse, « Scripto », 2013

Pré-chronique

Un petit peu distraite ces derniers temps, je n'étais pas au courant de la sortie du tout dernier livre de Jean-Claude Mourlevat : Silhouette. Une honte pour moi qui suis une inconditionnelle fan de cet écrivain français. Situation très différente donc d'il y a deux ans où je me suis littéralement jetée sur Terrienne dès sa sortie en librairie et que j'ai immédiatement dévoré. Tombée un peu par hasard sur la mystérieuse couverture au détour d'un rayon d'une librairie, je me suis exclamé : « Chouette, il a écrit un nouveau livre! ». Ni une ni deux, le voilà acheté pour être lu sur le champs (L'attente aux caisses laisse une bulle de lecture possible tout comme le trajet de retour en bus.)

Très différent des ses précédentes publications, ce livre est un recueil de nouvelles où chutes, humour noir et piquant sont présents. Une très belle évolution donc pour cet auteur que je suis depuis Cornebique et La rivière à l'envers, des romans pour les tout jeunes lecteurs. Avaient ensuite suivi des briques plus conséquentes comme Le combat d'hivers, Le chagrin du roi mort et Terrienne, destinés à des adolescents. Ainsi, Silhouette, susceptible de plaire tout particulièrement aux jeunes adultes, se trouve dans le prolongement de la démarche que cet auteur avait entamé des années auparavant.

A suivre ...

samedi 19 mai 2012

Candy Pop, En route pour la gloire de Lauren Laverne

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LAVERNE L., Candy Pop, En route pour la gloire, Gallimard Jeunesse, 2012, (23/05)

« Candy est catastrophée : comme si sa vie n'était pas assez déprimante, sa mère va épouser un type ringard. Aidée de sa meilleure amie, l'adolescente concocte un plan génial :
1 . Empêcher le mariage de sa mère avec le président des loosers
2 . Connaître la gloire avec son groupe de rock
3 . Savoir enfin qui est son père
4 . Enrôler un ange gardien … vraiment spécial.
Le début d'une trilogie hilarante, le récit haut en couleur d'une adolescente en quête de gloire et d'identité.
Et le premier roman d'une vedette de la pop anglaise, Lauren Laverne!  »

Le petit mot de l'éditeur ainsi que la couverture colorée de ce roman suffisent pour savoir à qui ce roman est adressé. Public cible : les jeunes adolescentes âgées en moyenne de treize ans. Le vocabulaire et le langage est tout à fait typique de cette tranche d'âge, l'exagération des situations, la manie de se mêler de la vie sentimentale de ses ainés, tout comme le listage des choses s'y rattachent.

Je n'ai pas encore osé lire ce livre parce que je m'en sentait trop vieille. Il existe un âge pour chaque chose ; si s'attaquer à un roman trop jeune est parfois dommage car on risque de ne pas en percevoir toutes ses subtilités, lire un roman trop tard est en revanche déprimant car on se rend vite compte qu'on a grandi. On prend conscience que les centre d'intérêts ne sont plus les mêmes, et parfois, malheureusement, on découvre qu'on a perdu l'innocence qui caractérise la jeunesse. Ai-je l'air d'une vieille femme aigrie lorsque je m'exprime ainsi? Ce n'est pourtant pas mon but.
Ainsi, ce roman qui a l'air débordant d'énergie, de bonne humeur et de malice m'intimide. J'ai peur de ce que je pourrais y trouver, ou plutôt de ce que je ne pourrais plus comprendre.

Alors ce livre constitue mon prochain défi à relever : lire et ainsi prouver à tous, dont moi-même, que je peux tout lire et que malgré les apparences j'ai gardé un esprit de pré-ado.

samedi 24 décembre 2011

Promise d'Ally Condie

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CONDIE Ally, Promise, Gallimard Jeunesse, 2011


    Jamais un livre de science-fiction n'a été aussi vrai. L'action se déroulant dans un monde semblable au nôtre nous fait penser à une projection dans le futur. Les combats que nous menons aujourd'hui dans le but d'améliorer notre quotidien y sont exagérés, nous emmenant à remettre en question notre façon de penser et de vivre. Le livre entier nous incite à ouvrir les yeux sur notre société qui accorde beaucoup trop d'importance à la perfection.
Si sur le plan message et idéologie ce livre est époustouflant, par la force de l'écriture de son auteure, Ally Condie ; par contre, l'histoire d'amour est décevante. La psychologie amoureuse est réduite à sa plus simple expression, les personnages et le lecteur avancent en aveugles dans un monde qui leur semble inconnu, les émotions produites sur le lecteur sont quasi inexistantes... Considérons plutôt l'histoire d'amour comme un récit parallèle mineur à l'intrigue principale.
Ce livre est donc à lire pour l'interpellante decription que nous peint ce roman.



       Attardons-nous un instant sur l'illustration de la première de couverture. Généralement, cet élément, dont le contenu du livre est totalement indépendant, est présent dans un but purement commercial : une bonne couverture est une couverture attractive, qui attire le regard du futur lecteur, le poussant à acheter ; elle nécessite donc une image soit jolie, soit intrigante, soit même choquante. Cependant, celle-ci mérite que nous nous y arrêtions un instant pour réfléchir car elle est particulièrement représentative de l'oeuvre littéraire. Elle ne comporte pas de détail superflu ou non mentionné à l'intérieur du récit ; mais elle est un outil supplémentaire pour mieux comprendre le sens de l'histoire. L'analyse picturale permet, par le dégagement et la supposition des symboliques représentées, une compréhension plus précise, plus approfondie du roman.



    L'image représente une bulle dans laquelle est enfermée une jeune fille ,vêtue d'une robe de bal verte, qui essaie désespérément, supposons-nous par la position de ses bras étant donné que son visage est caché par sa chevelure, de s'en échapper.
L'identité de la jeune fille ne laisse aucun doute possible : il s'agit de Cassia, l'héroïne du roman. La couleur verte nous le confirme : Cassia aime le vert, la couleur de ses yeux, et la robe qu'elle porte au début du livre lors de la cérémonie de couplage est elle aussi verte.

Nous supposons d'ailleurs qu'elle est habillée de cette robe-là. Par contre nous ne pouvons que nous demander pourquoi avoir choisi cette robe. En effet, cette robe n'est pas représentative de la vie quotidienne de la jeune héroïne. C'est une robe exceptionnelle qui ne lui appartient pas ; elle lui a juste été prêtée pour un soir.
Cette dernière phrase renferme la première hypothèse possible : il n'y a aucun réel bonheur dans cette société et même s'il existe, il n'est que temporaire. Il ne nous appartient pas si bien que dès qu'il devient superflu, il doit être rendu. Dans ce cas-ci, la robe représente donc un bonheur éphémère dont nous ne sommes pas maîtres. C'est par conséquent la dénonciation d'un système totalitaire qui contrôle tout et qui ne laisse aucune liberté.
La liberté est une valeur défendue par de nombreuses personnes dans notre monde, auxquelles il faut ajouter Cassia. Cependant, la rêver et la crier ne permettent pas de l'acquérir. Pour être libre, il faut se battre et tout le monde n'en est pas capable car cela demande beaucoup de volonté, de force morale, de travail et de sacrifices, mais surtout de croyance et de confiance en soi. Tout aussi déterminée qu'elle soit, Cassia a besoin de quelque chose pour la soutenir et/ou la propulser en avant. C'est donc la deuxième hypothèse possible : la robe est une arme pour faire tomber les barrières dressées par la société. La robe symbolise la force non négligeable des sentiments : un bout de tissu paraît inoffensif mais associé à des émotions et à des souvenirs, il devient redoutable.
La cérémonie de couplage est dans un sens redoutée en plus d'être attendue pour tous les jeunes gens. Celle-ci est un facteur de stress car c'est au cours de celle-ci que chacun saura avec qui il sera couplé et donc passera le restant de sa vie. Pour Cassia, cette cérémonie a bouleversé irréversiblement sa vie : lors de celle-ci, elle apprend être promise à son meilleur ami, à la suite de celle-ci, elle apprend à aimer Ky, un copain d'enfance ; à cause de nouveau de celle-ci elle commence à se poser des questions. Tout cela nous emmène à la troisième hypothèse, la plus simple de toutes : la robe est l'élément déclencheur de l'histoire. La robe qui désigne la cérémonie, laquelle se rapporte aux officiels, les dirigeants de la société dans laquelle vit Cassia, symbolise une faille du système, une brèche que nous pouvons agrandir pour faire éclater la vérité au grand jour.
Ces trois hypothèses sont toutes plausibles et envisageables. La signification de ladite robe tient probablement d'un peu des trois. Nous ne pouvons hélas être certains qu'il s'agisse bien de ce à quoi l'illustrateur a pensé lors de la réalisation de cette couverture. Notre seule certitude : l'image est un langage complexe qui laisse place à toutes les interprétations possibles dont aucune ne peut être totalement fausse.

Passons à présent à la bulle qui entoure la jeune fille. Son sens est beaucoup moins ambigu que la robe. Nous pouvons donc affirmer qu'elle représente une prison ; prison créée par la société. En effet, personne n'est vraiment libre ; chacun est constamment surveillé et contrôlé par d'autres personnes. Pourtant la bulle est plus fragile qu'elle ne paraît. Pour la garder intact, il faut cultiver le mythe et la légende. Dès qu'une personne cesse d'y croire, elle devient une menace pour l'équilibre de la société entière.
D'une certaine manière, la bulle ne représente pas uniquement une prison. Elle protège également. Le monde dans lequel vit la jeune héroïne est un monde qui se veut parfait. Rien n'y est laissé au hasard, de la composition d'un repas à la durée de vie d'un habitant. Tout est contrôlé par des ordinateurs, eux-mêmes surveillés par des Officiels. La probabilité qu'une erreur se produise est nulle. Contrairement à nous, qui sommes fascinés par le futur et les nouvelles technologies, Cassia, elle, s'émerveille devant les vestiges du passé. Les dirigeants craignent le passé car de ce temps l'homme dépendait de la nature et du temps qui passait. Tout se qui est susceptible de rappeler ces temps anciens doit est considéré comme une menace et être surveillé de près. ( cf. les reliques ) En effet, le passé est dangereux puisque les gens mouraient beaucoup plus jeunes, attrapaient toutes sortes de maladies, etc... C'est pour protéger la société entière qu'il faut contrôler la vie des gens, afin de leur assurer une meilleure qualité de vie.
Nous sommes donc face à un problème qui touche toutes les sociétés totalitaires : elles ont un idéal qu'elles cherchent à appliquer mais les moyens mis en oeuvres sont souvent problématiques et peu respectueux de l'individu-même.


    Vous l'aurez compris, j'ai énormément apprécié ce roman pour tout ce qu'il veut dénoncer. Je l'ai trouvé particulièrement intéressant à analyser et il est pour moi, une base pour réfléchir sur nous, notre organisation, nos relations avec les autres. Sans être ennuyeux, il convient à tous les lecteurs, y compris ceux qui veulent juste passer un bon moment sans se prendre la tête. Avant tout, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre et cela devient une seconde nature chez moi de décortiquer tout ce que je lis. Je me suis aussi liée aux personnages, en particulier le grand-père de Cassia, que je considère comme un vieux sage à cause de son âge, de sa position dans l'arbre généalogique, et de sa façon de s'exprimer par énigmes. Il y a toujours quelque chose à relever quand nous lisons un livre mais celui-ci m'a beaucoup touché de par les sujets qu'il traite. C'est une lecture qui me marquera encore quelques années.


samedi 5 novembre 2011

Angel de L.A.Weatherly

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Gallimard Jeunesse
Chronique en cours
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samedi 1 octobre 2011

Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre de Ruta Sepetys

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Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre de Ruta Sepetys
 Gallimard Jeunesse

Chronique en cours.



samedi 24 septembre 2011

Lueur de feu de Sohie JORDAN

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JORDAN Sophie, Lueur de feu, Gallimard Jeunesse, 2011, 09/29

Les mauvaises langues diront « encore une romance fantastique?! » et les lecteurs critiques auront attendu d'avoir lu pour seulement se décider. Pour être tout à fait honnête ma première réaction a été la même que celle de la première catégorie de personnes. Et pourtant, dès les premières pages, j'ai été entrainée dans l'histoire. Sans plus me poser aucune question, j'ai tourné pages après pages et j'ai englouti toutes ces phrases limpides qui ondulaient sur le papier. Ici, en l'espace de quelques lignes, je vais tenter de démontrer que ce roman n'est pas similaire à tant d'autres qu'on pourrait trouver dans les rayons littérature jeunesse de nos libraires.

Un bon roman, c'est comme un bon gâteau. Pour qu'il soit réussi, il faut les bons ingrédients et le plus indispensable, un savoir-faire unique et talentueux. Ici, se retrouvent la plupart des caractéristiques des romances paranormale.

Dans la lignée des histoires de vampires et compagnie, l'animal fabuleux présent dans ce roman, Lueur de Feu, est le draki, espèce cousine du dragon. Le nom de cette créature fait déjà tourner les têtes, mais ne suffit pas à convaincre les plus hésitant. Après tout, vampire ou draki, qu'est-ce que ca pourrait changer? Le principe est le même, ca n'existe pas et ca vend du rêve et des mythes. Le choix de cet animal prouve l'agilité de l'auteure qui, elle, possède de l'imagination, la sienne, et ne va pas s'inspirer des créations d'autres ayant vécu antérieurement. Le dragon est connu de tous les peuples: occidentaux, asiatiques, scandinaves, arabes... chacun possède cette créature dans ses légendes, avec ses propres caractéristiques, qui se rejoignent sur certains points. Donc si l'auteure avait choisi des dragons, elle aurait été délimitée par sa culture, sa documentation ou ses connaissances. Ses personnages ne seraient pas entièrement les siens mais inspirés en grande partie de légendes populaire. Or, les drakis sont une invention de S. JORDAN. Elle a dû inventer tout de ces êtres imaginaires. Elle a du les décrire à l'aide de mots et d'adjectifs pour que le lecteur puisse se le représenter puisque qu'il ne connaissait rien à leur sujet avant. Elle a dû se représenter leurs mécanismes émotionnels et leurs codes moraux. Il était enfin indispensable que le lecteur comprenne leur façon de fonctionner et d'interagir pour apprécier complètement la suite du récit.

Les deux personnages principaux sont exceptionnels: Jacinda possède un pouvoir rare et Will n'adhère pas aux idées de ses semblables. Si tous les personnages de roman étaient ordinaires ils deviendraient vite moins passionnant. Mais s'ils sont trop excentriques, l'histoire perd de sa cohérence et de son bon sens. L'idéal est le juste milieu qu'il est difficile de trouver. Je ne sais pas si l'auteure l'a trouvé mais en tout cas elle s'en approche. Jacinda ne veut être ce qu'elle est, elle voudrait être comme tout le monde, ou plutôt appréciée pour ce qu'elle est vraiment. Elle fait tout pour échapper à sa route pré-tracée mais reste mesurée. Ses actes sont réfléchis et ne sont pas posés sans avoir évalué les conséquences. Will, quant à lui, ne montre pas qu'il veut se rebeller. Il fait semblant et tout le monde croit en lui. Il sait toujours ce qu'il fait (enfin presque car il reste humain et l'erreur est humaine). Ainsi donc, les personnages possèdent un pied dans le monde réel et un dans le monde « fantastique », lesquels sont forcément liés. Aucun des deux mondes ne sera privilégié au détriment de l'autre, ce que je trouve extrêmement important. Enfin, ils restent après tout des adolescents dont l'esprit ne fonctionne pas comme celui d'un adulte et leurs priorités diffèrent selon l'âge et le milieu. Pour que les personnages soient le plus convaincant possibles, ils ne sont ni des cliché de l'adolescence ni des adultes avant l'âge et encore moins des personnes totalement puériles.

Le lien qui unit initialement les deux héros est un lien de proie-prédateur. L'amour naissant entre- eux est donc dès le début in-envisageable. Amour interdit, dangereux, condamné... Depuis Tristan et Iseut, amplifié grâce à Roméo et Juliette, ce sujet est un classique pour obtenir un bon roman d'amour. Quel intérêt d'écrire deux cents pages sur une union approuvée immédiatement par le monde entier qui n'y voit aucune objection?

Le décor de l'action se passe majoritairement dans une petite ville aux Etats Unis. Un lycée au milieu de nulle part où tout le monde se connait depuis l'enfance. Le supermarché ou bien la place centrale est l'endroit de toutes les rumeurs qui circulent à une vitesse folle. Les maison, des pavillons entourés d'un petite parcelle de jardin que le lecteur imagine toutes semblables les une aux autres. Un climat extrême, ici chaud, un paysage désertique. La ville la plus proche étant à au moins trente minutes de route. Et pourtant le lecteur n'est pas étonné. Il a vu des villes identiques à celle-là tant de fois dans des séries, films ou bien livres, qu'il devient naturel qu'une histoire commence au milieu de nulle part. Cet espace restreint limite le nombre de personnages et la proximité entre eux permet au lecteur de reconstituer le puzzle de la personnalité et de la popularité des intervenants. Il s'agit là de rassurer le lecteur qui a le sentiment d'être en terrain connu. Il possède ses points de repère et cela facilite ces premiers contacts avec le roman.

Ainsi, ceux qui jugent hâtivement une oeuvre n'ont pas pu découvrir celle-ci qui possède de nombreuses subtilités remarquables uniquement en lisant le livre. La première impression n'est pas toujours la meilleure, ce roman est pour moi un bon exemple. A côté de tous les clichés et caractéristiques types, ce livre nous plonge dans un univers unique et fascinant. Les émotions, refoulées, inavouées et interdites tissent l'intrigue de ce roman dans lequel l'action est au rendez-vous. Confiance et trahison sont aussi deux éléments clés qui font constamment hésiter le lecteur qui a peur de ce qu'il croit comprendre. Le seul point négatif peut-être: la fin laisse un peu sur la faim (sans mauvais jeu de mots). Tout se passe beaucoup trop vite, sans que le lecteur e puisse réellement profiter de ce qu'il se passe à la première lecture. Enfin, cet aspect négatif laisse vite place à un autre positif: l'envie de connaître la suite, l'impatience, le travail de l'imagination du lecteur et un peu de soulagement...

samedi 10 septembre 2011

La fille du Marais de Franny BILLINGSLEY

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BILLINGSLEY Franny, La fille du Marais, Edition des Grandes Personnes, 2011

La lecture de ce roman est en cours. Bien sagement posé dans ma bibliothèque, il m'attend là et ne demande qu'à être lu. Cependant, je n'en suis qu'au début et je l'ai un peu délaissé ces derniers temps au profit d'autres livres. Est-ce pour cela qu'il faut en conclure qu'il n'est pas intéressant? Pour le moment, je préfère ne pas donner de conclusion trop hâtives. Attendons d'avoir plus de recul pour poser un verdict plus objectif. Je peux seulement me permettre aujourd'hui d'encourager ceux qui voudraient commencer ce livre car l'idée de base est inédite. Le personnage principal, Briony, est une jeune fille spéciale, elle se fait appelée sorcière. De ce que j'ai lu, elle se positionne clairement comme anti-héroïne, désapprouvée par l'auteur et plus étonnamment par elle-même. L'atmosphère est elle-aussi intrigante: les marais, forêts, esprits hurlants... reproduisent le cadre typique des contes de fées, de sorcières en l'occurrence. De plus le procédé narratologique nous entraîne à reculons: une sorte d'omniscience nous dévoile la fin pour ensuite nous ramener au commencement. Ce n'est pas spécialement innovant mais son utilisation ici est assez judicieuse. Attendons la fin pour mieux justifier ce choix de l'auteure.
J'écrirai donc un nouvel article dès que j'aurai fini ce livre, je tiens à souligner que la durée de lecture n'a pas forcément de lien avec la qualité du roman mais dépend d'énormément de facteurs qu'il faut prendre tous en compte pour que cela ait du sens. Pour le moment, mon verdict reste sur assez original et très prometteur.
Bonne lecture!

mercredi 10 août 2011

Les chemins de poussière - tome 1 : Saba, Ange de la Mort de Moira YOUNG

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YOUNG Moira, Les chemins de poussière – tome 1 : SABA, Ange de la Mort, Gallimard Jeunesse, 2011/09/08

Ils sont trois frère et soeurs : Saba, la narratrice déterminée et combattante, Lugh, son frère jumeau parfait à ses yeux, et Emmi, leur petite soeur collante mais attachante et terriblement courageuse.
Embarquez avec eux pour vivre une aventure, bien que littérairement pauvre, mais néanmoins pleine de rebondissements.

Mon avis sur ce livre est plutôt partagé.
D'une part, le style et le niveau de lange utilisés se rapprochant de l'oral rendent la lecture difficile. D'autre part, passé les cent premières pages, les actions succèdent les unes aux autres à une vitesse à couper le souffle.

Du point de vue des descriptions, j'ai été fort étonnée.
Pour un livre dont l'intrigue se déroule dans un monde différent de celui dans lequel nous vivons, nous ne disposons que d'un nombre très limité d'indications qui ne nous permettent pas de nous représenter mentalement les lieux. C'est donc dommage que l'auteure, Moira YOUNG, n'ait pas davantage insisté sur cet aspect du roman.
Par contre, les portraits des personnages sont réalisés avec habilité. Il est rare de trouver dans un même roman autant de personnages complexes qui évoluent tout au long du livre. Dès le début, nous croyons que Saba est une jeune fille solide, forte, têtue et indépendante mais, bien vite nous nous rendons compte que sa psychologie ne se réduit pas à ces quelques adjectifs. Toutes les péripéties qu'elle vit la transforment peu à peu et c'est une toute autre jeune femme que nous découvrons à la fin du roman. Il en est de même pour Jack dont l'auteure ne nous dévoile pas d'emblée le caractère. Il faut lui donner du temps pour qu'il nous laisse deviner, petit bout par petit bout, son identité. Et pourtant même à la fin, alors que nous croyons le connaître, il nous surprend. Dans un livre dont la fin était devinable, il est possible de prendre plaisir à le lire jusqu'à la dernière ligne et de se laisser étonner par des faits inattendus.

Le récit du roman est écrit à la première personne dont la narratrice est le personnage principal : Saba. Nous suivons tout depuis ses yeux et nous avons accès à ses pensées, ses peurs, ses rêves. Pour traduire cette focalisation interne, l'auteure choisit d'utiliser un style et un langage proches de ceux parlés. Ce choix a l'avantage de donner des informations sur l'héroïne : ce n'est pas une fille lettrée menant de hautes littéraires, bien au contraire ; ainsi que de la rapprocher des lecteurs. Si nous lisons à haute voix, lentement, Saba prend vie et devient presque réelle ; nous pouvons nous l'imaginer apparaître à côté de nous et nous raconter ses propres aventures de sa voix. Pourtant, si ce registre se prête bien à la lecture à haute voix, il est moins adapté à la lecture dite « silencieuse » , surtout lorsqu'il est conservé durant tout le roman. En effet, nous n'avons pas l'habitude de ce type d'écriture et depuis notre plus jeune âge, nous avons appris à aimer la « grande littérature ».
Les dialogues abondants auraient dû rendre la lecture plus fluide mais ce n'est pas le cas à cause de l'absence de ponctuation ( aucun guillemet ni tiret ) . Nous devons parfois nous arrêter sur certains passages parce que nous ne distinguons plus la narration des dialogues lorsque les deux sont mêlés. Chaque arrêt est dangereux car c'est lors d'un de ceux-ci que le lecteur risque de prendre la décision d'interrompre la lecture et ne jamais la reprendre car il n'en éprouve plus l'envie.

Le livre est divisé en neuf grandes parties, pouvant être comparées à un gros chapitre chacune. Leurs noms désignent un lieu où se déroule l'action pendant cette division du livre. Ce procédé est assez courant et se retrouve souvent en littérature mais il n'est pas interdit de réutiliser des techniques qui plaisent aux lecteurs. L'action se répartit sur tout le livre en suivant l'ordre chronologique et le schéma narratif. Ce qui est captivant dans l'écriture de Moira YOUNG, c'est qu'elle ne perd jamais des yeux l'objectif de Saba : retrouver son frère. L'héroïne peut affronter de dure épreuves, être ralentie ou déviée de sa route, elle n'en oublie pas pour autant son but. C'est un bonne chose pour le lecteur qui possède un fil d'Ariane pour le guider. Jamais il ne se retrouve au milieu du récit se demandant : où suis-je? que fais-je?
Ensuite, le roman n'est pas plat : il se passe toujours quelque chose. Des actions imprévues arrivent ; des surprises, de la peur et du suspense. Puis, l'auteure pimente son histoire en rapportant les émotions des personnages. Nous ressentons et partageons leurs sentiments : nous pleurons l'incompréhension dont est victime Emmi, nous hurlons contre la violence qui entoure Saba à Hopetown, nous rions de joie aux retrouvailles de Lugh et Saba, nous pleurons le départ de Jack...

Ainsi, Saba,Ange de la Mort possède ses qualités et ses défauts comme n'importe quel roman. Cependant, celui-ci conviendrait mieux à de jeunes lecteurs qui recherchent à vivre actions et aventures. S'il restent des questions laissées sans réponse à la fin de ce livre, le lecteur sait qu'il retrouvera ses héros quelque peu car ce livre n'est que le premier d'une trilogie qui plaira aux fans de romans initiatiques.

dimanche 7 août 2011

Coeur d'encre de Cornelia Funke

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FUNKE Cornelia, Coeur d'encre, Gallimard Jeunesse, 2009

Qui n'a jamais rêvé de donner vie aux personnages de son roman préféré? Qui n'a jamais désiré plonger dans l'univers fictif d'un récit? Qui n'a jamais imaginé voir surgir des êtres de papier des pages d'un bouquin?
Alors que se passe-t-il quand un lecteur, la tête remplie de ces rêves, rencontre Mo, le personnage principal de Coeur d'encre, qui possède le don rare de faire apparaître des personnages des histoires en lisant à haute voix?
Des souvenirs inoubliables,des heures de lecture magiques et un voyage merveilleux dans un monde onirique, voilà la réponse.

Coeur d'encre est un roman universel, qui peut plaire aussi bien à des enfants qu'à des adolescents et des adultes. Les premiers y découvriront un récit merveilleux aux allures de conte, les deuxièmes en feront la prochaine trilogie best-seller et enfin les derniers y verront de magnifiques leçons de vie comme la force de l'amour est inestimable, l'argent conduit à la perte ou le destin finira toujours par arriver.

Ce roman est celui que m'a le plus marquée ces douze derniers mois.
Tout d'abord, je m'identifie au personnage de Meggie, une fille unique qui ne ressemble pas aux autres filles de son âge et qui se réfugie dans les livres quand tout va mal .Ensuite, je suis fascinée par les deux univers que l'auteure a placés parallèlement puis qui se sont glissés l'un dans l'autre sans qu'on ne sache où se finit le « réel » et où commence l'imaginaire. Il n'y a aucune frontière distincte car les frontières claires et nettes n'existent pas, bien que l'homme essaie de se convaincre du contraire. Enfin, ce roman incite à l'évasion et à l'imagination. Après l'avoir lu, ma tête était remplie de plein d'images...

Cornelia FUNKE est une auteure remarquable. Une fois de plus, elle nous montre ses talents de conteuse dans une histoire à la situation initiale presque ordinaire, en construisant un récit plein de rebondissements, d'actions et d'imprévus. Et puis, chaque petit détail possède son importance car rien n'est à jeter dans ce sublime roman et pourtant certains grands écrivains célèbres ne savent pas le faire.

Vous l'aurez compris, Coeur d'encre mérite de nombreux adjectifs qualificatifs: merveilleux, passionnant, magique... mais ennuyeux n'en fait pas partie.
Si vous n'êtes pas convaincus, foncez vite à la bibliothèque ou à la librairie pour vous forger votre propre opinion, qui ne sera sans aucun doute que positive...


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